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Jamais sans mon pétrole !


4 Septembre 2010

La relation des Québécois avec le pétrole est schizophrénique, constate Jean-François Lisée après avoir pris connaissance des résultats d’un grand sondage CROP.

Sondage : jamais sans mon pétrole !
Illustration : Pishier

Comme les autres Occidentaux, les Québécois sont accros au pétrole. Ils le savent. Mais ils ne pensent pas pouvoir s'en passer facilement. Et ils n'essaieront sérieusement de le faire qu'à une condition : si le prix à la pompe double.

Voilà quelques-uns des résultats du grand sondage réalisé par CROP pour Les Rendez-vous de l'énergie et L'actualité. On y apprend que nos comportements peuvent changer, certes, mais qu'à moins qu'un grand coup ne soit porté à notre portefeuille, il faudrait d'abord faire reculer notre ignorance collective en matière d'énergie.

Participez au propre sondage de L'actualité sur le pétrole et l'énergie >>

On le sait, la voiture individuelle constitue le principal consommateur de pétrole au Québec - devant le camionnage et l'industrie. Toute tentative sérieuse de réduire la dépendance québécoise, donc de garder ici une part des sept milliards de dollars annuels qui se volatilisent dans nos moteurs à explosion et qui profitent aux producteurs étrangers, passe par une réduction massive de l'utilisation de nos énergivores véhicules.

À terme, bien sûr, les conducteurs québécois se voient rouler en tout-électrique ou en hybride. Ils sont majoritaires à se voir le faire d'ici 10 ans. Mais c'est un vœu, pas une résolution, et la question du coût de ces véhicules restera un frein majeur à leur achat tant qu'il ne sera pas compétitif par rapport à celui de la voiture polluante.

Pour l'heure, les Québécois considèrent leur véhicule comme nécessaire (63 %) et jugent qu'ils font une utilisation responsable du pétrole (73 %), tant et si bien qu'ils estiment qu'il leur serait difficile de réduire leur consommation (68 %).

Ce ne sont pas là des indices qui signalent que la population est sur le point de basculer dans l'univers postpétrolier.

C'est peut-être qu'elle n'en saisit pas encore parfaitement les enjeux. Vous, lecteurs fidèles de L'actualité, savez qu'au Québec on a des idées, mais pas de pétrole. Du moins pas en exploitation. Nous importons donc 100 % de celui qui est consommé ici. Mais les Québécois ne sont que 54 % à connaître cette information cruciale. Et à soupçonner, donc, la perte économique, pour nous, de tout cet argent laissé à la pompe (5 % croient que nous sommes exportateurs de pétrole, et la même proportion nous pense autosuffisants !). Alors, rendez service à la nation en débusquant et en détrompant les 15 % de Québécois qui fabulent en croyant que cette ressource est inépuisable.

Pourtant, les Québécois avouent abuser du pétrole. Ou du moins, reconnaissent qu'ils pourraient s'en passer. Il y a des cas - des tas de cas - où un déplacement pourrait se faire en transport en commun, en vélo ou à pied plutôt qu'avec sa Toyota. Pas moins de 43 % des conducteurs avouent ne jamais sauter sur ces occasions. C'est beaucoup.

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Commentaires (5)

Aah, les

Aah, les sondages!
Permettez-moi de douter de l'honnêteté des répondants quand on leur demande s'ils seraient favorables à la construction à moins d'un km de chez eux d'un parc éolien, d'un TGV, d'uin gazoduc, etc.
Car oui, bien sûr, sur le papier la construction d'un hypothétique projet de cet nature ne les dérange pas. Mais attendez un instant qu'un seul de ces projets devienne un jour réalité. Je suis prêt à parier beaucoup d'argent que les mêmes personnes qui se disent favorables seraient les premières à monter aux barricades en criant: "Pas dans ma cours"!

Je suis étonnée du

Je suis étonnée du pourcentage de répondants ayant acquiescé à avoir un gazoduc ou oléoduc à proximité de leur maison. Je leur suggère de regarder les dégâts causés par l'explosion du pipeline à San Bruno en Californie et s'informer sur les risques de ces opérations. Si les gas de schiste étaient dans le GrandNord Québécois où la densité de population est faible, le dilemme serait différent. Mais les endroits proposés sont au beau milieu de nos plus belles terres agraires déjà rapetissées par le corridor d'habitation préféré des Québécois. Quand nos maison seront détruites par une explosion ou un prospecteur voulant notre terrain, notre air pollué, nos champs repris pour y mettre des installations et des puits, est-ce que nous mangerons du pétrole ou voudrons respirer du gas naturel?

Je ne comprends pas le besoin de s'aventurer dans de tels projets couteux qui ont des risques pour la population qui habite juste à côté alors que nous avons des kilomètres carrés de steppes nordiques où mettre un parc éolien ou solaire. Si tous les toits québécois devaient avoir des panneaux solaires, avec des subventions décentes, s'il n'etait pas si compliqué d'installer des éoliennes pour consommation domestique, aurait-on besoin de faire plaisir à des investisseurs étrangers et de les laisser partir avec les profits de notre richesse en nous laissant payer pour les dégâts? Inviteriez vous un étranger à se servir dans votre jardin, salir votre cuisine pour faire ses repas, devoir le payer pour manger ledit repas et le laisser partir après vendre le reste ailleurs en vous laissant un jardin piétiné et une cuisine à nettoyer???

Je souhaite que le transport

Je souhaite que le transport des marchandises soit optimisé par le transport intermodal via le cabotage, le ferroutage et effectué seulement sur route pour les courtes distances. Que l'utilisation de camions remorques sur routes comme entrepôts pour livraison juste à temps soit taxée, que l'industrie planifie mieux ses transports pour utiliser au maximum le réseau ferroviaire beaucoup + efficace. Que les dommages aux réseaux routiers soient mieux chargés aux abuseurs poids trop lourds. Pour préserver notre réseau routier.
Que les biodiésel et gaz naturel soient le carburant le moins coûteux pour inciter les camionneurs à moins polluer

L'apathie – la maladie qui

L'apathie – la maladie qui détruira l’environnement !
Je remercie votre magazine de nous avoir éclairés sur l'accrochage au pétrole au Québec dans votre article « Jamais sans mon pétrole! » (1er oct. 2010). Il est étonnant que presque la majorité des Québécois ne connaissent pas que la belle province importe 100% de son pétrole, ou que le pétrole influence négativement la santé. Ce reportage illustre bien une contradiction critique : la majorité croit que l'indépendance du pétrole est une responsabilité individuelle et, en même temps, se sent impuissante à faire une différence. À mon avis, c'est exactement ce paradoxe qui rend la discussion de la situation énergétique inefficace. L'apathie et le sentiment « pas dans ma cour » sont de grands problèmes dans notre société. Nos comportements ne changeront que lorsque nous pourrions en profiter, ou quand nous ne pourrions plus nous le permettre. Vous avez bien sûr raison de souligner la difficulté de changer les habitudes ; néanmoins, votre argument omet de mentionner les ennuis associés avec le transport en commun, qui est souvent proposée comme alternative à se rendre au travail en voiture. D'après mon expérience, le transport en commun peut être plus coûteux et peut prendre davantage de temps que la voiture ou qu'un groupe de covoiturage. En outre, les autobus peuvent être peu fiables, un problème grave pour ceux qui dépendent du transport en commun régulièrement. Il est de la responsabilité de l'État d'investir dans des options écologiques pour encourager une diminution de la consommation de pétrole. Il me semble que le problème n'est ni exclusivement individuel, ni exclusivement gouvernemental. Il s'agit d'un problème social, qui invoque nécessairement une réponse complexe. Il faut se demander : « Quel monde vais-je léguer aux générations futures? »

Qu’attendons-nous pour

Qu’attendons-nous pour réduire la consommation du pétrole?
Une intervention miraculeuse!
Ayant lu avec intérêt votre article du 1er octobre titré « Jamais sans mon pétrole! », ma curiosité fut éveillée. Je dois avouer que je l’ai trouvé très navrant. Vous dites que les Québécois ont une relation « schizophrénique » et « accros » avec le pétrole et qu’ils le savent. Je suis d’accord avec le dernier mais pas le premier.
Il me semble que les résultats du sondage auquel vous avez fait référence nous montrent une histoire de désespoir et d’incommodité et non la schizophrénie. À mon avis, les Québécois, comme les autres Occidentaux, dépendent beaucoup du pétrole, à cause de notre style de vie. En réduisant la consommation nous réduisons aussi la vie luxe à laquelle nous sommes accoutumés. Le fait que « 43% des conducteurs avouent ne jamais sauter sur ces occasions où un déplacement pourra se faire en transport commun, en vélo ou à pied plutôt qu’avec sa Toyota » nous disent que la population ne veut pas abandonner la voiture.
Quelle est la solution? D’après le sondage, 76% des gens sont sensibles aux variations de prix du pétrole, mais seulement 37% disent qu’ils se voient rouler en hybride d’ici 10 ans. Comme vous l’avez mentionné, ceci est un vœu. Il y a des désavantages que nous devons mentionner : En ce moment, comparé à ses concurrents, la voiture hybride porte un coût très élevé, elle ne peut porter que quatre passagers et elle n’élimine pas complètement la dépendance au pétrole. Quant aux voitures « polluantes, » elles offrent de nombreux choix qui répondent à plusieurs besoins et ont un écart de prix pour satisfaire chaque client.
Qu’attendons-nous? Nous attendons pour une solution technologique qui ne coutera pas plus cher, qui règlera tous nos besoins et ne réduira pas le style de vie que nous avons construit pour nos familles. C’est tout! Nous attendons pour une intervention miraculeuse! C’est simple, non?

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