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La révolution verte d'Obama


3 Juin 2009

Le président des États-Unis a un plan pour sortir son pays de la récession : en faire un chef de file des énergies vertes.

Photo : Haraz N. Ghanbari/AP/PC

Qui eût cru que la première ville verte des États-Unis allait être construite au beau milieu des champs de blé du Kansas ? Que la Mecque des écolos serait peuplée de cowboys propriétaires d'armes à feu et de pick-up ? Et que rien de cela n'aurait été possible sans l'intervention... de Dieu ?

Le soir du 4 mai 2007, une méga-tornade a frappé Greensburg, un bourg de 1 400 habitants. À la taverne du coin, on en parle comme du « doigt de Dieu » : une colonne de vent d'une largeur de près de trois kilomètres, virevoltant à plus de 320 km/h ! Les arbres ont été déracinés, les camionnettes projetées dans les airs. Les commerces de la rue principale, la high school, l'hôtel de ville, les églises et la plupart des maisons ont été soufflés comme des châteaux de cartes. Le lendemain, les survivants - on a compté seulement 11 morts, la majorité des résidants s'étant réfugiés dans leur sous-sol - constataient avec effroi que 95 % de leur ville était à reconstruire.

Quelques semaines après le désastre, le conseil municipal adoptait un plan ambitieux qui allait faire de Greensburg un phare du mouvement vert aux États-Unis. La nouvelle ville - au nom prédestiné - serait équipée d'éoliennes, de panneaux solaires et de puits géothermiques, qui produiraient dans quelques années la totalité de l'énergie consommée par les résidants. Les nouveaux édifices publics seraient certifiés LEED platine, la norme environnementale la plus élevée. Le centre-ville, redessiné pour les piétons et embelli d'arbres et d'un parc. Les trottoirs inclinés favoriseraient la récolte de l'eau de pluie dans des citernes souterraines et sa réutilisation. La lumière des lampadaires serait diffusée vers le sol, ce qui permettrait aux gens d'admirer le magnifique ciel étoilé du Kansas. Et les citadins seraient incités à rebâtir leur maison en utilisant les plus récentes technologies vertes.

Ce plan est en cours de réalisation. Greensburg est un chantier rythmé par le bruit des marteaux et des perceuses électriques.

« C'est le rêve de tout écologiste : reconstruire une ville en partant de zéro », dit Daniel Wallach, qui est devenu la conscience verte de la collectivité. Ce militant écolo de 49 ans, un grand svelte en bottes de cowboy, a fondé Greensburg Greentown, organisme sans but lucratif qui aide la municipalité et ses habitants à reconstruire vert. « Il y avait, dans cette catastrophe, une belle occasion de changer les choses, dit-il. Et nous l'avons saisie. »

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