Il faudra faire beaucoup d’efforts pour inventer et tester de nouvelles énergies non polluantes si on veut que l’humanité continue de progresser, dit Ernest Moniz, conseiller scientifique du président Obama.

Rien n'est plus important pour l'avenir de l'humanité que la course pour remplacer le pétrole et le charbon par des énergies propres, estime Ernest Moniz. Et selon ce conseiller scientifique du président Obama, il va falloir fournir un véritable effort de guerre pour accomplir les changements qui s'imposent.
Ce physicien de 65 ans dirige le Massachusetts Institute of Technology Energy Initiative (MITEI). Depuis sa création, en 2006, cet organisme coordonne le travail de 250 professeurs du MIT et leurs équipes, qui se penchent sur la question de l'énergie pour inventer de nouvelles techniques ou de nouveaux outils de gestion et en analyser les conséquences sur l'environnement, l'économie et la société. En quatre ans, il a reçu 310 millions de dollars de subventions publiques et privées, qui ont notamment permis de créer des nanomatériaux solaires inspirés des feuilles des plantes et de trouver des solutions de rechange aux dispersants pour les marées noires, ainsi que d'analyser les réserves mondiales de gaz naturel.
Conseiller pour la science du président Bill
Clinton de 1995 à 1997, puis sous-secrétaire au département de l'Énergie jusqu'en
2001, Ernest Moniz est l'un des scientifiques les plus influents auprès de l'administration
fédérale américaine. Il compte parmi les 20 membres du President's Council of Advisors
on Science and Technology, de Barack Obama.
Lire le dossier «Vivre sans pétrole» >>
Et aussi : «Les champions québécois des nouvelles énergies» >>
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Vous proposez un plan de guerre pour transformer le secteur de l'énergie d'ici 25 ans. Quel en est l'objectif ?
- Pour que l'aventure de l'humanité puisse se poursuivre, le monde devra rapidement se baser sur des énergies renouvelables n'émettant pas ou produisant peu de gaz à effet de serre [GES]. Mais il faudra faire baisser leur coût de façon draconienne pour qu'elles s'imposent avant que les ressources fossiles s'épuisent ou que les changements climatiques atteignent un point de non-retour. Pour y parvenir, nous disposons d'une arme puissante, mais pas assez sollicitée : l'innovation. Nous devons faire beaucoup plus d'efforts pour inventer et tester toutes sortes de solutions et amener les plus prometteuses au stade industriel. En particulier aux États-Unis, où on consacre seulement 0,03 % du produit national brut à la recherche et à l'innovation en matière d'énergie, soit presque trois fois moins qu'au Japon, un des leaders mondiaux dans ce domaine. En novembre dernier, nous avons conseillé au président Obama de tripler les investissements fédéraux pour les amener à 16 milliards de dollars par an.





