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À qui appartient l'Amazonie?


3 Juillet 2009

Faut-il l'exploiter ou la préserver? Et qui doit en décider : les gens qui y vivent ou l'humanité? La plus grande forêt tropicale de la planète alimente bien des passions.

Photo : iStockphoto

Des figuiers. Quelques palmiers. Des pâturages. Et du bétail à perte de vue. En scrutant l'horizon depuis la coquette maison jaune de Geraldo Correa de Aravjo, il est difficile d'imaginer que les environs étaient couverts d'une dense forêt tropicale quand mon hôte s'est installé ici, dans l'Alta Floresta, une région du nord de l'État brésilien du Mato Grosso.

C'était en juin 1978. Aravjo avait 22 ans et il s'en souvient comme si c'était hier. « Peupler l'Amazonie était alors un acte de patriotisme », dit cet affable et souriant paysan, vêtu d'une chemise grise et de bottes de cowboy trouées. « À l'époque, le slogan du gouvernement militaire était "Integrar para não entregar" [intégrer pour ne pas livrer]. Il fallait occuper l'Amazonie avant que les États-Unis s'en emparent. » Aravjo et ses six frères, originaires du Sud, ont tout quitté pour répondre, machettes à la main, à l'appel du pays. Mais 31 ans plus tard, les temps ont bien changé, soupire-t-il. « On était des héros, et on nous traite maintenant comme des hors-la-loi ! »

À l'instar de milliers d'autres pionniers, Geraldo Correa de Aravjo digère très mal la conversion à l'écologie de l'État brésilien, qui mène depuis l'an dernier une vaste opération appelée Arco de Fogo (arc de feu), destinée à combattre la déforestation illégale en Amazonie. Les autorités publiques et policières multiplient les raids autour d'Alta Floresta, qui n'a plus rien d'une « haute forêt ». La région a déjà perdu 60 % de son couvert forestier, principalement au profit de terres d'élevage. Et elle pourrait perdre la moitié de ce qui reste d'ici 2016. De toutes les régions amazoniennes, c'est l'une des plus ravagées par la déforestation, ce qui lui vaut une attention spéciale de l'État, des médias et d'une foule d'ONG, dont Greenpeace.

Aux yeux de Geraldo Correa de Aravjo, que le Brésil ne considère plus l'Amazonie comme un territoire à coloniser, passe encore. « Mais qu'on nous reconnaisse, à nous aussi, le droit d'exister et de survivre », dit ce père de trois enfants, pendant que sa femme nous sert un cocktail d'eau de coco dans leur cuisine inondée de lumière.

Aucune autre forêt ne soulève les passions autant que l'Amazonie. Avec ses six millions de kilomètres carrés (c'est 60  % de la superficie du Canada !), elle touche neuf pays d'Amérique du Sud, près de 60 % du territoire brésilien, et recèle plus du quart des espèces animales et végétales de la planète. La terre entière semble s'émouvoir de l'avancée de la déforestation - une Belgique disparaît en fumée chaque année, une Grèce tous les quatre ans, disent les slogans écologistes... Des dizaines d'ONG européennes, nord-américaines et asiatiques financent des initiatives pour préserver ce qu'on surnomme.

« Sauvons l'Amazonie » est devenu un cri de ralliement mondial. Mais à qui appartient vraiment cette forêt ? À l'humanité ? Aux gens qui l'habitent ? Et qui doit décider de son avenir ?

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Commentaires (7)

Au Brésil?Est-ce que vous

Au Brésil?
Est-ce que vous avez des doutes?

entk c po les multinational

entk c po les multinationales qui devraient prendre la decision ils vont le raser eux autre

L'Amazonie appartient au

L'Amazonie appartient au Brésil. Le seul "pouvoir" que les autres pays possèdent est de le conscientiser sur son importance, son unicité, sa bio-diversité et le respect des peuples indigènes. Malgré, le pouvoir de l'argent est fort et une proportion importante des brésiliens est pauvre, très pauvre.C'est malheureux mais je crois que dans cinquante ans, cette jungle va ressembler à la Saskatchewan. Aussi notre gouvernement féféral doit faire attention aux commentaires sur ce sujet car nous vivrons dans les prochaines décénies un problème similaire avec le Grand Nord.

Tout à fait d'accord, autant

Tout à fait d'accord, autant qui Brésilienne, environnementaliste et gestionnaire de programme environnemental Fundação Villas Boas en Europe.
Un grand merci !

On ne peut pas reprocher aux

On ne peut pas reprocher aux aborigènes, qui occupent le territoire depuis 1922, d’accélérer la déforestation de la forêt amazonienne. Ils voulaient uniquement empêcher les États-Unis de s’en emparer. Ce sont plutôt ceux qui brûlent les arbres pour cultiver massivement les terres et qui exportent leurs récoltes qui en sont la cause. Mais en y repensant bien, ce n’est pas de leur faute non plus. Ils ne font que répondre à la demande des grandes puissances mondiales où le peuple a un niveau de vie extrêmement élevé. Production massive, climat favorable, techniques agricoles modernes, main-d’œuvre hors pair et demande forte : ce n’est pas pour rien que le Brésil est l’un des plus grands exportateurs de café, notamment. Arrêtons de pointer du doigt les producteurs brésiliens et étrangers qui promettent à leurs travailleurs un niveau de vie comme le nôtre. C’est donc nous qui accélérons la déforestation, car c’est nous qui consommons ces produits sans se soucier de tout le ravage que cela cause, c’est-à-dire la destruction d’une biodiversité unique au monde. Cependant, qu’adviendra-t-il des nouveaux emplois créé si on arrête d’acheter les produits agricoles du Brésil ou que le gouvernement en place resserre la surveillance d’occupation illégale en forêt? La promesse d’une vie meilleure pour les travailleurs brésiliens ne pourra se réaliser.

C'est triste! Mais,

C'est triste! Mais, Veronique a un point. Le Bresil suit l'exemple d'autre pays. Les Etats-Unis ont detruit leurs forets et prairies pour faire de l'agriculture, et maintenant, le Bresil veut faire la meme chose. Malgre, c'est trop en retard pour les Etats-Unis, le Bresil a l'occasion de proteger l'Amazonie. Les forets comme l'Amozonie sont des grands "senteines" pour le CO2, sont tres belles, et sont tres diverse. Il y a beaucoup de medecins qui etait decouvert dans l'Amazonie, et, probabalement, il y a plus. Mais, si nous le detruirais, nous ne savons jamais si un traitment pour SIDA etait dans l'Amazonie, ou quelque chose comme ca.

Le Bresil peut, peut-etre, gagner beaucoup d'argent en faisant l'ecotourisme et en mettant au compte des recherches que sont fait la. Il y a des autres options que l'agriculture. Aussi, la terre de l'Amazonie est tres fertile pour quelques annees, mais apres trois our quatre, il est absolument infertile parce que l'ecosysteme etait changee.

Il y a une autre solution, nous devons aidons le Bresil de le trouve.

P.S. Je regrette que je n'ai pas des accents et que ma grammaire n'est pas parfair . . . je suis americaine, et mon ordinateur n'a pas des accents.

Pour le Brésil bien sûr !

Pour le Brésil bien sûr !

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