Monde »

Apprivoiser le tigre indien


25 Novembre 2007

L'Inde pourrait bientôt croître plus vite que la Chine. Et des gens d'affaires québécois l'ont compris. Ils sont de plus en plus nombreux à y faire des affaires.

Photo : iStockphoto

Dans les bureaux de Toon Boom, rue Laurier, à Montréal, la majorité des 51 employés ont entre 30 et 35 ans. Dans cette boîte reconnue comme l'un des leaders mondiaux des logiciels d'animation, on conçoit des outils informatiques, tels ceux qui ont servi à créer des productions aussi connues que Les triplettes de Belleville ou Curious George. Mais à Toon Boom, on peut également s'enorgueillir d'avoir contribué à exporter le concept de film d'animation... en Inde !

« Compte tenu de la taille phénoménale de l'industrie du film dans ce pays, nous avons pensé gagner les studios indiens à l'idée de faire de l'animation », explique Joan Vogelesang, présidente et directrice générale de l'entreprise fondée en 1994. Il s'agissait de faire naître une industrie qui apporterait à Toon Boom une flopée de clients. En 1999, avec l'aide d'un partenaire local, la boîte montréalaise a convaincu des gens d'affaires indiens d'investir dans un premier studio d'animation, à Trivandrum, dans l'extrême sud du pays.

Huit ans plus tard, l'industrie indienne de l'animation compte une centaine d'entreprises, dont le volume d'affaires a atteint 550 millions de dollars en 2006. Et comme prévu, Toon Boom en profite : en 2003, ses activités en Inde généraient 26 % de son chiffre d'affaires provenant du marché asiatique, contre 8 % en 1999, avec une pointe à 43 % en 2001.

« C'est un marché très prometteur, car la classe moyenne, qui grossit sans cesse, recherche des produits de divertissement reflétant ses propres valeurs culturelles, et donc réalisés sur place », ajoute Joan Vogelesang.

De nombreux entrepreneurs, partout dans le monde, découvrent le potentiel immense du pays des maharajahs : l'économie du tigre indien pourrait prospérer plus rapidement que celle du dragon chinois au cours des 50 prochaines années. Son taux de croissance 8 % en 2006 devrait dépasser celui de l'Empire du Milieu d'ici 2010.

Les entrepreneurs québécois sont encore peu nombreux à s'être laissé séduire. À peine une centaine se sont installés à New Delhi, la capitale, à Mumbai (autrefois Bombay), le grand centre d'affaires du pays, ou encore à Bangalore, la « Silicon Valley » indienne (voir l'article « Le miracle indien »). Mais c'est nettement plus qu'il y a quelques années : en 2004, à Bangalore, une seule société québécoise, CGI, avait pignon sur rue.

Parmi les principaux attraits de l'Inde, la main-d'oeuvre : nombreuse, bien formée, généralement anglophone, elle coûte moins cher qu'en Occident. C'est ce qui a attiré Technyx, division du Groupe Canam. Technyx exécute pour ses clients du dessin industriel de poutrelles et de structures d'acier c'est ce qu'on appelle l'impartition de services techniques. La société, qui a des bureaux au Québec et en Roumanie, en a ouvert un à Kolkata (autrefois Calcutta) en 1998. Aujourd'hui, quelque 60 ingénieurs et techniciens en génie civil y travaillent.

Bookmark and Share

Évaluez cet article

Commentaires (0)

Envoyer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage