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Archipel des Quirimbas : un paradis retrouvé


26 Novembre 2011

Des années de guerre l’avaient isolé de la civilisation. Voilà qu’un des joyaux de l’humanité s’ouvre au tourisme ! Dans l’archipel des Quirimbas, des îles paradisiaques surgissent des eaux chaudes de l’océan Indien...

Archipel des Quirimbas : un paradis retrouvé
Photo : Corbis

« Ibo, Ilha Bem Organizada » (île bien organisée), ironise João Baptista en rappelant le nom que les Portugais ont donné à sa terre natale. Faute de livres d'histoire, ce vieil homme de 85 ans au visage ridé, barré de larges lunettes et d'un grand sourire, est le gardien de la mémoire des lieux. Il a connu la colonisation portugaise, la lutte pour l'indépendance, la guerre civile, dont il conserve les dates, les noms des protagonistes et autres détails dans ses carnets griffonnés à la main.

Ilha do Ibo est la plus grande des 27 îles qui forment l'archipel des Quirimbas, au nord du Mozambique. Une île tropicale, bordée d'eaux turquoise, où le bord de mer, les forts, les allées sablonneuses de la vieille ville évoquent la vie coloniale et les récits de cape et d'épée. Elle faisait autrefois partie des établissements portugais. Aujourd'hui, ne restent que des bâtiments en ruine et une collectivité de pêcheurs. Mais la création d'un parc national et l'arrivée de quelques touristes offrent l'espoir d'une renaissance.

Voir le photoreportage « Mozambique : découvrez l'archipel des Quirimbas » >>

Ibo servit d'abord de comptoir aux marchands arabes qui venaient s'y ravitailler en eau potable et échanger or, ivoire et esclaves. Au 16e siècle, ils furent délogés par les marins portugais, qui installèrent un important port de commerce sur cette position stratégique de la côte orientale de l'Afrique. Pendant plusieurs siècles, l'île fut prospère, et trois forts furent construits pour la protéger de la convoitise des autres puissances coloniales. En 1900, lorsque la Compagnie commerciale du Niassa établit son siège dans la ville côtière de Pemba, Ibo commença toutefois à péricliter. Vinrent ensuite la guerre d'indépendance et, en 1974, le départ précipité des Européens, qui abandonnèrent leurs luxueuses villas.

Depuis, le temps semble s'être arrêté. Sur Ibo, il n'y a pas de banque, pas de cybercafé, à peine deux voitures et une grosse génératrice qui alimente l'île en électricité de manière intermittente. Sur la place centrale, quelques carrés de pelouse sont entourés de bâtiments coloniaux en ruine. L'espace d'un instant, les terrasses de fer forgé et les lampadaires rappellent le luxe d'antan. Lorsque la nuit tombe, les vieux bâtiments semblent habités par les âmes de leurs anciens occupants. Mais le fer est rouillé et les lampes ne s'allument plus depuis longtemps. Les tuiles rouges, autrefois importées de Marseille, ont été arrachées, les murs de chaux sont couverts de mousse et la végétation se glisse entre les pierres. La population d'Ibo, auparavant de 17 000 habitants, est aujourd'hui tombée à environ 4 000. La plupart des gens survivent grâce à la pêche et à quel­ques cultures de subsistance.

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