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Et la Chine créa Shangri-La !


22 Octobre 2010

Comment faire d’un trou perdu une Mecque du tourisme ? Les Chinois ont trouvé : en le transformant en petit paradis et en le rebaptisant du nom d’un endroit mythique. Adieu Zhongdian, bienvenue à Shangri-La !

Et la Chine créa Shangri-La !
Photo : Gaynor Barton / flickr

Le matin, dans les collines qui surplombent la vieille ville, sur les sentiers bordés de drapeaux de prière bouddhistes, on entend le tintement des cloches des yaks et le chant des coucous. Mais ces bruits bucoliques sont bien vite enterrés par le vacarme des excavatrices et des bulldozers.

 

EN PHOTOS : Une visite de la ville de Shangri-La ! >>

Devant les cimes enneigées, les toits dorés des édifices religieux scintillent au soleil, mais les grues qui s'affairent sur les chantiers sont bien plus nombreuses.

Bienvenue à Shangri-La ! Vous avez toujours pensé que cette ville mythique n'existait pas ? Qu'elle n'était qu'un éden créé en 1933 par le romancier britannique James Hilton ? Vous avez raison et tort en même temps ! Shangri-La n'existait pas... jusqu'à ce que des Chinois entreprenants décident, en 2001, de donner ce nom à une localité isolée de la province du Yunnan qui s'appelait auparavant Zhongdian. Depuis, cette petite ville de 130 000 habitants, perchée à 3 300 m d'altitude et située à la frontière du Tibet, s'est transformée en eldorado touristique.

La localité a reçu cinq millions de visiteurs en 2009. Les touristes sont en majorité des Chinois en voyage organisé, curieux de découvrir un lieu au nom évocateur, mais aussi des montagnes de plus de 6 000 m, des gorges profondes où coulent des rivières tumultueuses, un monastère du 17e siècle con­s­truit sur le modèle du Potala, à Lhassa, et une vieille ville aux pittoresques maisons tibétaines.

Officiellement, nous ne sommes pas dans la région autonome du Tibet, telle que définie par Pékin il y a 45 ans. Mais cette partie du plateau tibétain a déjà appartenu au Tibet. La majorité des habitants sont d'origine tibétaine : ils sont nombreux à porter le costume traditionnel, à se saluer d'un tashi delek (« bonjour », en tibétain) et à appeler leur ville par son ancien nom de Gyalthang.

« C'est intéressant de découvrir la culture tibétaine et les traditions bouddhistes », souligne Li Gud Xing, touriste de 61 ans, cadre du Parti communiste, originaire de la province voisine de Guizhou, pendant que son compagnon de voyage, incommodé par l'altitude, doit respirer à l'aide d'une petite bouteille d'oxygène en grimpant les marches du monastère de Songzanlin.

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