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	<title>L&#039;actualité &#187; Monde</title>
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	<description>Informations politique, monde, économie, société, environnement, santé, science et culture.</description>
	<lastBuildDate>Sat, 25 May 2013 04:37:12 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>L’Iran après Ahmadinejad</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 21:04:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Arseneault</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Ardeshir Amir Arjomand]]></category>
		<category><![CDATA[iran]]></category>
		<category><![CDATA[mahmoud ahmadinejad]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Les Iraniens vont aux urnes le 14 juin pour élire un nouveau président. Mais avec une opposition muselée, des chefs emprisonnés, comment peut-on parler d’élections libres ? s’inquiète le professeur de droit en exil Ardeshir Amir Arjomand.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/liran-apres-ahmadinejad/">L’Iran après Ahmadinejad</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la mort de la photographe québécoise Zahra Kazemi, assassinée dans une prison iranienne en 2003, les relations entre Ottawa et Téhéran n’ont cessé de se dégrader. En septembre dernier, le Canada a même fermé son ambassade en Iran et expulsé les diplomates iraniens en poste à Ottawa. Depuis, il faut s’adresser à l’ambassade du Canada en Turquie, pays voisin. « L’Iran est la menace la plus importante à la paix et à la sécurité mondiales », déclarait en septembre le ministre des Affaires étrangères, John Baird.</p>
<p>Mais Ottawa est resté discret sur le sort de Mir Hossein Moussavi, qui a été premier ministre de 1981 à 1989 et qui a porté les couleurs de l’opposition à la dernière élection présidentielle, en 2009. Le chef du Mouvement vert est assigné à résidence avec sa femme depuis qu’il a appelé les Iraniens à soutenir le printemps arabe, il y a deux ans. Bien qu’aucune accusation ne pèse contre lui, ce réformateur septuagénaire est aujourd’hui coupé du reste du monde — y compris de ses trois filles, peu souvent autorisées à lui rendre visite.</p>
<p>Le Canada s’est déjà dit « très préoccupé » par la détention de Moussavi. Ses partisans voudraient qu’Ottawa aille plus loin. « Ce que le peuple iranien souhaite, c’est que les dirigeants canadiens soutiennent les droits de l’homme en Iran », dit Ardeshir Amir Arjomand, un conseiller de Moussavi qui vit en exil en France. « Ce que nous voulons, les partis politiques, la société civile, c’est que le Canada demande la libération de M. Moussavi. » Comme l’a déjà fait l’Union européenne.</p>
<p>Cela n’est pas tout. Amir Arjomand, un professeur de droit qui parle français (il a fait un doctorat à Strasbourg), voudrait qu’Ottawa se prononce sur le prochain scrutin, le 14 juin. « Le Canada devrait demander des élections libres et dire que, en l’absence d’élections libres, il ne considérera pas le gouvernement qui sortira des urnes comme légitime. »</p>
<p>Une vingtaine de candidats espèrent succéder au président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. Élu en 2005 et réélu en 2009, celui-ci n’a pas le droit de briguer un troisième mandat.</p>
<p><strong>L’actualité a rencontré Amir Arjomand à Paris, où il vit sous protection policière.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>***</strong></p>
<p><strong>Les prochaines élections en Iran seront-elles libres ?</strong></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-96859" alt="iran-arjomand" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/iran-arjomand.jpg" width="309" height="278" />Apparemment, non. Rien ne nous encourage à le penser.</p>
<p><strong>Est-ce que ce sera mieux ou pire qu’à l’élection présidentielle de 2009 ?</strong></p>
<p>On ne le sait pas. Ce qui est sûr, c’est qu’Ali Khamenei [NDLR : le guide suprême de la révolution] n’a pas l’intention de laisser un candidat réformateur se présenter.</p>
<p><strong>En Occident, les médias décrivent Ahmadinejad comme un « populiste ». Qu’est-ce que cela veut dire dans le contexte iranien ?</strong></p>
<p>C’est un démagogue qui essaie de profiter du malheur des gens. Il distribue de l’argent directement à des personnes qui vivent dans le besoin. C’est sa façon de recruter des partisans.</p>
<p><strong>Cela explique-t-il pourquoi il est si populaire, surtout chez les plus pauvres ?</strong></p>
<p>S’il était si populaire que ça, il aurait gagné la dernière élection ; il n’aurait pas eu besoin de tricher ! Les gens qui reçoivent de l’argent de sa main comprennent qu’il est la cause de leurs difficultés économiques. Il y a beaucoup de problèmes en Iran : faible croissance, chômage, inflation. Même les gens peu instruits comprennent que c’est le résultat des politiques d’Ahmadinejad.</p>
<p><strong>On lit parfois que le Pasdaran, le Corps des gardiens de la révolution islamique, jouera un rôle plus important à la prochaine élection. À votre avis ?</strong></p>
<p>Je ne le pense pas. La dernière fois, il a joué un rôle déterminant en manipulant les résultats. Cette fois-ci, il va tenter d’intervenir de manière moins grossière. Il y a quatre ans, Khamenei prétendait que la fraude électorale était impossible. Aujourd’hui, les partisans de Khamenei et ceux d’Ahmadinejad s’accusent mutuellement de tricher. Des deux côtés, ils ont la possibilité de le faire. Les deux côtés ont des moyens, notamment des fonds publics, pour manipuler les résultats.</p>
<p><strong>Pourquoi Ahmadinejad a-t-il subi les critiques des autorités religieuses pour avoir consolé la mère d’Hugo Chávez ? C’est pour rappeler leur importance ?</strong></p>
<p>[L’ex-président Seyyed Mohammad] Khatami, à l’époque où il était au pouvoir [de 1989 à 1997], s’était fait critiquer pour avoir serré la main d’une femme lors d’un voyage en Italie. Cette bande de religieux étaient contre lui, et c’était leur façon de tenter d’influencer les gens en disant que Khatami n’était pas pieux. Maintenant, c’est pareil. Ahmadinejad tente de se distancier du clergé, parce qu’il sait bien que beaucoup d’Iraniens n’aiment pas le clergé. C’est sa façon de « travailler » l’opinion publique.</p>
<p><strong>Beaucoup d’Iraniens pensent qu’il est illégitime de consoler une vieille dame qui perd son fils ?</strong></p>
<p>Je pense que non. Il s’agit d’une poignée de gens, un groupe de pression organisé, qui cherche à exercer son influence.</p>
<p><strong>Quelles sont les relations entre les hommes politiques élus et les autorités religieuses non élues ?</strong></p>
<p>En Iran, les hautes autorités religieuses influencent une partie de l’opinion. C’est comme en Occident. Le pape, par exemple, a de l’influence sur la pensée des chrétiens. En Iran, cependant, une partie du clergé est étatique. Ce ne sont pas des fonctionnaires en tant que tels, mais Khamenei a tenté d’étatiser le clergé en lui fournissant des fonds publics. Une partie du clergé aujourd’hui lui est donc redevable. Avant la révolution, les religieux étaient indépendants, notamment financièrement, de l’État.</p>
<p>Mais on ne peut pas mettre tous les religieux dans le même panier. Une grande partie du clergé refuse d’entrer dans le jeu politique. Beaucoup sont contre Khamenei, mais ils n’osent pas prendre position.</p>
<p><strong>Ahmadinejad ne peut pas se présenter à la prochaine élection. Croyez-vous qu’il pourrait le faire à la suivante, en 2017 ?</strong></p>
<p>Il est trop tôt pour répondre : Khamenei cherche à se débarrasser de lui.</p>
<p>Moussavi est placé en résidence surveillée depuis 2011 pour avoir appelé les Iraniens à soutenir le printemps arabe. Cet appel était-il une erreur politique ?</p>
<p>Absolument pas. D’abord, il faut dire qu’il est en prison : sa maison a été transformée en prison. Il n’a aucun contact avec le monde extérieur, contrairement à Aung San Suu Kyi, qui, à l’époque où elle était assignée à résidence, avait de nombreux contacts partout dans le monde. C’était un acte bien réfléchi. Quand il a demandé aux Iraniens de manifester en soutien au printemps arabe, il y a eu une réponse très positive. Un million de personnes ont manifesté à Téhéran.</p>
<p><strong>Mais il en paie le prix…</strong></p>
<p>La résistance, la désobéissance civile, c’est ça. Il faut être prêt à payer ce prix, et pas seulement les jeunes ! Moussavi était prêt à le faire. C’est peut-être la différence entre lui et d’autres dirigeants réformateurs&#8230; Il n’y avait pas d’autre solution. En 2009, les manifestants défilaient dans Téhéran. On aurait pu occuper Téhéran, trois fois plutôt qu’une ! Pourquoi ne l’a-t-on pas fait ? Parce que nous ne voulions pas sortir des voies pacifiques de la lutte. Nous pensions qu’il fallait tenir un discours pacifiste. Nous ne voulions pas entrer dans une spirale, ce qui s’est passé en Syrie.</p>
<p>Dans le camp adverse, les autorités ont mis le paquet, utilisant l’argent du pétrole et tous les moyens à leur disposition pour écraser le mouvement. Mais maintenant, elles sont totalement épuisées. Leur légitimité religieuse a aussi été entamée. Une grande partie des partisans de Khamenei ne le soutiennent plus. La prochaine fois, ce sera dix fois plus difficile pour le gouvernement iranien de réprimer le mouvement.</p>
<p><strong>Pourquoi deux des filles de Moussavi ont-elles été interpellées ?</strong></p>
<p>Les services secrets iraniens demandent aux filles de se taire, de ne rien dire concernant leur père, sa santé ou sa situation. C’est une façon qu’ont les autorités de mettre la pression sur ses filles, de crainte que Moussavi ne parle de la situation politique en Iran en prévision de l’élection présidentielle du 14 juin.</p>
<p><strong>La guerre civile en Syrie a-t-elle refroidi les partisans de l’opposition en Iran ?</strong></p>
<p>On me demande souvent pourquoi nous ne sommes pas restés dans la rue, en 2009. C’est justement parce qu’on ne voulait pas se retrouver dans une situation comme celle de la Syrie. À l’époque, le peuple iranien n’était pas vraiment prêt. Seulement une partie des gens connaissaient l’ampleur des problèmes. Aujourd’hui, il y a une conscience collective profonde.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<h3>Une économie en déroute</h3>
<p>Comme le veut la tradition persane, le Nouvel An tombe le premier jour du printemps, le 21 mars. À cette occasion, les Iraniens dégustent, entre autres, des plats à base de riz. Le prix de cette denrée, surtout le riz basmati indien, que les Iraniens apprécient, a augmenté de 140 % au cours de la dernière année. Les consommateurs n’ont pourtant pas subi les effets de cette hausse, parce que l’Iran n’achète pas à l’Inde son riz en dollars : il le troque contre du pétrole !</p>
<p>Le prix du riz, aliment de base s’il en est un, est donc à peu près stable. Mais tout le reste…</p>
<p>L’inflation a atteint plus de 30 %, selon des chiffres officiels qui, de l’avis de nombreux observateurs, sous-estiment la gravité du problème. Les prix de denrées comme l’huile, le poulet et la viande, par exemple, ont grimpé de 60 % lorsque le cours du rial, la monnaie nationale, s’est écroulé, en avril.</p>
<p>Tout cela découle des sanctions internationales visant à pénaliser l’Iran pour son programme nucléaire. Décrétées par les Nations unies, les États-Unis, l’Union européenne et même le Canada, elles frappent durement le pays, surtout l’embargo sur les exportations de pétrole (en vigueur depuis 2012).</p>
<p>Téhéran a trouvé preneur en Asie, mais la chute des exportations serait quand même de 40 %, selon le ministère iranien du Pétrole. En clair : les exportations iraniennes sont revenues au niveau du début des années 1990.</p>
<p>L’or noir rapporte des dollars américains — c’est même la principale source de devises étrangères en Iran — et l’effondrement des exportations a fait monter en flèche le prix des (nombreux) produits importés. En réalité, des dollars, théoriquement difficiles à importer, entrent en douce depuis l’Afghanistan et l’Irak, où le billet vert est en circulation par suite de la longue occupation américaine.</p>
<p>Téhéran a bien tenté de jouer la carte du protectionnisme en interdisant l’importation de nombreux produits dont on trouve l’équivalent en Iran : dentifrice, shampoing, produits de beauté, papier hygiénique, notamment. Mais l’effet de cette mesure sur l’inflation reste négligeable.</p>
<p>L’économie iranienne est donc en plein marasme, et beaucoup d’investisseurs ont pris leurs jambes à leur cou. Faut-il s’étonner si le taux de chômage ne cesse de grimper ? Officiellement de 13 %, il pourrait être nettement plus élevé en réalité.</p>
<p>Le gouvernement tente de comprimer les dépenses de l’État, en diminuant notamment les subventions qui permettent aux automobilistes d’acheter l’essence à prix réduit. Mais il tente de ne pas attiser la colère, surtout à la veille d’une élection présidentielle. Des aliments de base ont même été stockés pour faire face à d’éventuelles pénuries.</p>
<p>Reste le cas des pistaches, la principale exportation après le pétrole : elles auraient rapporté à l’Iran, deuxième producteur mondial après les États-Unis, jusqu’à un milliard de dollars en 2010 ! Sauf que l’année dernière, sur le marché intérieur, leur prix a plus que doublé, passant de 8 à 17 dollars le kilo. La classe moyenne, qui apprécie cette noix, a organisé un boycottage. Très suivi, grâce à Facebook. Tellement suivi, en fait, que même Ahmadinejad s’en est réjoui dans une entrevue télévisée, en février.</p>
<p>Sanctions ou pas, l’Iran semble avoir su tirer son épingle du jeu. L’économie devrait certes se contracter cette année, mais les prévisions sont meilleures pour l’an prochain (avec un taux de croissance attendu de 1,1 %, selon le Fonds monétaire international).</p>
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		<title>Espagne : un symbole national en sursis ?</title>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 18:17:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Charlebois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Taureau]]></category>
		<category><![CDATA[Tauromachie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Les deux récessions qui ont frappé l’Espagne depuis 2008 n’ont épargné aucun secteur de l’économie, pas même la tauromachie, symbole culturel hispanique par excellence.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/espagne-un-symbole-national-en-sursis%e2%80%89/">Espagne : un symbole national en sursis ?</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En ce moment, un Espagnol sur quatre est au chômage. La consommation, déjà ralentie, a été sérieusement plombée par l’augmentation, en septembre dernier, de la taxe sur la valeur ajoutée, qui est passée de 18 % à 21 %.Le gouvernement a réussi à ramener le déficit public à moins de 7 % du PIB en 2012 et à rassurer les investisseurs étrangers, mais cela s’est fait au prix de compressions budgétaires draconiennes.</p>
<p>Pas étonnant que le nombre de corridas ait chuté de 38 % de 2007 à 2011 et que, lors de la dernière corrida de 2012 à Séville, les gradins aient été à moitié vides. « Le spectacle est cher, aussi cher que l’opéra, note Antonio Lorca, critique taurin du quotidien El País. C’est un luxe dont les gens peuvent se passer. »</p>
<div id="attachment_96673" class="wp-caption alignleft" style="width: 410px"><img class=" wp-image-96673 " alt="Photo : Valentín Balas / CC2.0" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/toromachie.jpg" width="400" /><p class="wp-caption-text">Photo : Valentín Balas / CC2.0</p></div>
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		<title>Après Séoul, Sejong&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 15:39:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Frédéric Légaré-Tremblay</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Corée du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[Sejong]]></category>
		<category><![CDATA[Séoul]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>D’ici 2015, 10 000 fonctionnaires, députés et ministres sud-coréens auront été forcés de déménager dans une nouvelle ville que le pays construit de toutes pièces à 120 km au sud de Séoul, et qui deviendra la capitale administrative du pays. </p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/apres-seoul-sejong/">Après Séoul, Sejong&#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La Corée du Sud, comme l’ont déjà fait le Brésil et le Nigeria, espère ainsi désengorger sa métropole et redonner du poids aux régions. Séoul compte 25 millions d’habitants — la moitié de la population du pays — et accapare l’essentiel de l’activité économique.</p>
<p>Le cœur lourd, ministres et fonctionnaires ont commencé depuis quelques mois à quitter la mégapole et à intégrer leurs nouveaux quartiers à Sejong, pourtant surnommée la « ville heureuse ».</p>
<p>Aménagée pour un coût de 20 milliards de dollars, la nouvelle cité accueillera le bureau du premier ministre ainsi que 36 ministères et agences gouvernementales. Seuls la présidence et les ministères des Affaires étrangères et de la Défense resteront à Séoul.</p>
<p>Les controverses se sont accumulées autour de cette entreprise monstre. Tour à tour, tribunaux et grandes sociétés ont tenté de bloquer le déménagement des institutions politiques hors de Séoul, arguant que celle-ci devait rester l’unique capitale. Pour les gens d’affaires, la compétitivité internationale repose sur le pouvoir d’attraction des grandes villes.</p>
<div id="attachment_96567" class="wp-caption aligncenter" style="width: 810px"><img class="size-full wp-image-96567" alt="La ville de Sejong, en construction. (Photo : EPA)" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/Sejong.jpg" width="800" height="533" /><p class="wp-caption-text">La ville de Sejong, en construction. (Photo : EPA)</p></div>
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		<title>Entretien : Kim Jong-un n&#8217;est pas fou</title>
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		<pubDate>Fri, 10 May 2013 13:18:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Noémi Mercier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Barthélémy Courmont]]></category>
		<category><![CDATA[corée]]></category>
		<category><![CDATA[kim jong-un]]></category>
		<category><![CDATA[noémi mercier]]></category>
		<category><![CDATA[nucléaire]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Menacer les États-Unis d’une attaque nucléaire, ce n’est pas très bon pour la santé. Mais pour Kim Jong-un, leader suprême de la Corée du nord, c’est une stratégie de survie… qui semble fonctionner à merveille.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/kim-jong-un-nest-pas-fou/">Entretien : Kim Jong-un n&rsquo;est pas fou</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_96589" class="wp-caption aligncenter" style="width: 660px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/kim-jong-entretien.jpg"><img class="size-full wp-image-96589" alt="Photo: Zumapress / Keystone" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/kim-jong-entretien.jpg" width="650" height="464" /></a><p class="wp-caption-text">Photo: Zumapress / Keystone</p></div>
<p align="left"> Quel déroutant spectacle : le chef d’un régime tyrannique et obscur qui menace la première puissance mondiale d’une guerre nucléaire. On dirait un croisement entre 1984, roman de George Orwell sur un sinistre univers totalitaire, et <i>Docteur Folamour, </i>comédie déjantée de Stanley Kubrick où un général paranoïaque déclenche un conflit atomique.</p>
<p align="left">Depuis quelques mois, le monde entier suit l’escalade belliqueuse entre la Corée du Nord et les États-Unis avec un mélange d’angoisse et d’incrédulité. Après l’essai nucléaire réalisé par Pyongyang en février, le leader suprême du pays, Kim Jong-un, n’a cessé de brandir l’épouvantail nucléaire, allant jusqu’à menacer son « ennemi juré » d’une attaque « sans merci » qui pourrait éclater « aujourd’hui ou demain ». Les Américains n’ont pas tardé à muscler leur présence militaire autour de la péninsule. Même en supposant que la Corée du Nord ait la capacité de lancer une telle offensive – rien n’est moins sûr –, le rondelet dictateur n’ignore sans doute pas qu’une bagarre contre l’Oncle Sam mènerait à son autodestruction, à lui et à son État. Alors… il est cinglé ou quoi?</p>
<p>Monsieur Kim n’est pas fou, prévient Barthélémy Courmont, professeur de science politique à l’Université Hallym, en Corée du Sud, et directeur associé à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, à l’UQAM. « Cette image caricaturale est une grosse erreur de jugement, et elle a de graves conséquences. » Depuis Chuncheon, où il vit, le chercheur a fourni à <i>L’actualité</i> quelques clés pour déchiffrer l’énigme.</p>
<p>* * *</p>
<p><em><strong>A-t-on raison de considérer le régime nord-coréen comme étant imprévisible, irrationnel, voire complètement fou ?</strong></em></p>
<p>La Corée du Nord pratique ce qu’il convient d’appeler la stratégie du fou, qui nous renvoie à la Guerre froide. Mais il ne s’agit pas d’un régime irrationnel. Son irrationalité se mesurerait à une attaque surprise, sans lendemain, une sorte de suicide qui l’exposerait aux représailles de Séoul et à celles, d’ordre nucléaire, de Washington. À l’inverse, Kim Jong-un, comme son père avant lui, est un dictateur très rationnel, qui poursuit un objectif précis : la survie de son régime. Pour ce faire, il emprunte une voie qui peut sembler décalée, mais qui est assez logique, au point où on pourrait presque se demander – avec une dose de cynisme – s’il ne s’agit pas de la meilleure stratégie de survie pour Pyongyang, à en juger par les résultats. Deux décennies après la disparition de l’Union soviétique, et malgré les sanctions internationales, la Corée du Nord est toujours debout, avec une troisième génération de la dynastie Kim au pouvoir.</p>
<p><em><strong>Que cherche à accomplir Pyongyang par ses déclarations guerrières envers Séoul, Tokyo et Washington ?</strong></em></p>
<p>Le régime nord-coréen sait que pour survivre, il doit menacer. Ou plus exactement alterner des phases de menace et de dialogue. Sans l’aide internationale, le pays n’a pas de quoi subvenir à ses besoins. Pour obtenir cette aide, il y a deux solutions : soit l’ouverture, avec, très probablement, des conséquences politiques et sociales profondes et un effondrement du régime; soit la fermeture, avec le maintien du régime et un marchandage pour obtenir ladite aide. C’est cette seconde option que suit Pyongyang, et elle fonctionne plutôt bien, le régime parvenant à menacer, puis à proposer de s’asseoir et de négocier.</p>
<p><em><strong>Peut-il s’agir d’une démonstration de force de la part d’un chef juvénile qui veut établir sa crédibilité en début de règne, lui qui a succédé à son père il y a 18 mois à peine ?</strong></em></p>
<p>Il ne faut effectivement pas oublier la situation dans laquelle se trouve Kim Jong-un, et la nécessité pour lui de s’affirmer au sein de l’appareil politique de son pays, divisé entre réformateurs et conservateurs. Depuis son arrivée au pouvoir, il a montré des signes intéressants en faveur d’une ouverture progressive, en prenant pour modèle les réformes économiques chinoises. On peut dès lors considérer que cette crise lui permet de balancer ses décisions, en faisant cette fois le jeu des conservateurs, en particulier dans les rangs militaires, parmi lesquels on trouve des personnalités qui occupent des fonctions importantes depuis l’époque de Kim Il-sung, son grand-père. Certaines rumeurs suggèrent même que la crise actuelle serait liée à une tentative de putsch manquée. Il est presque impossible de vérifier ces informations, mais il est certain que sous la pression des conservateurs, sans doute agacés par ses promesses de réformes économiques, Kim a saisi l’occasion d’asseoir son autorité.</p>
<p><em><strong>Faut-il en conclure que le régime est menacé de l’intérieur, et que cette politique étrangère agressive vise à renforcer sa poigne sur le peuple ?</strong></em></p>
<p>Le peuple nord-coréen n’a malheureusement pas la capacité de se soulever. Le manque d’information, les difficultés matérielles et la mainmise de l’État ne permettent pas le développement de mouvements comparables à ceux du monde arabe. En revanche, c’est sûr que la propagande sait utiliser à merveille les crises internationales pour renforcer son prestige et son emprise. La ligne officielle est ainsi que la Corée du Nord a été agressée par les États-Unis en 1950, que le pays est engagé dans un « développement miraculeux », et que le jeune dirigeant résiste avec force aux tentatives de déstabilisation de Séoul et Washington.</p>
<p><em><strong>Les jours de la dictature sont-ils comptés, à votre avis ?</strong></em></p>
<p>Depuis 20 ans, tous les experts qui ont annoncé la chute prochaine du régime se sont trompés. L’expert américain Victor Cha, ancien conseiller du président George W. Bush, annonçait encore, après la mort de Kim Jong-il, que son jeune successeur ne tiendrait que quelques semaines… On disait la même chose à la mort de Kim Il-sung, en 1994. Le régime tombera un jour, et il le fera sans doute sans crier gare, tant ses fondements restent fragiles. Mais aucun signe ne permet ni de l’anticiper, ni de considérer que cette fin est proche.</p>
<p><em><strong>Que sait-on exactement des capacités nucléaires de Pyongyang ?</strong></em></p>
<p>Pas grand chose. La Corée du Nord a poursuivi un programme nucléaire militaire, qui avait été officiellement abandonné à la suite des accords de la KEDO, l’Organisation de développement énergétique coréenne, dans les années 1990 [NDLR : ces ententes prévoyaient l’abandon de son programme d’armement nucléaire en échange d’un accès élargi à l’énergie atomique]. Mais ce programme a continué, et le pays a procédé à trois essais nucléaires, en 2006, 2009 et 2013. On sait aussi que la Corée du Nord dispose de missiles balistiques lui permettant de frapper le Japon, la Corée du Sud et sans doute l’île de Guam, un territoire américain dans le Pacifique. Par contre, on ignore si ces missiles peuvent être équipés d’ogives nucléaires, en d’autres termes si Pyongyang pratique l’art délicat de la miniaturisation. Il est probable que ses capacités nucléaires soient assez rudimentaires. Sa force repose sur une dissuasion nucléaire dont les fondements restent opaques, voire discutables.</p>
<p><em><strong>Les armes conventionnelles de la Corée du Nord, que l’on dit vieillottes mais qui seraient néanmoins redoutables de par leur nombre, représentent-elles un danger ?</strong></em></p>
<p>La grande région de Séoul et ses 25 millions d’habitants ne sont qu’à 50 km de la zone démilitarisée qui sépare les deux pays. Cela signifie qu’en cas de conflit, même les armes les plus rudimentaires pourraient causer des dommages importants à la mégalopole où se rassemble la moitié de la population sud-coréenne. La menace est donc réelle, à la manière d’une immense usine à gaz décrépie qui serait sur le point d’exploser : pas aussi dangereuse qu’une centrale nucléaire fissurée, mais malgré tout plus que menaçante pour le voisinage. On sait que les capacités militaires de la Corée du Nord (hors nucléaire) sont désuètes, et qu’une guerre se solderait par une défaite rapide du régime. Mais à quel prix?</p>
<p><em><strong>Pourquoi ne pas envisager une intervention militaire pour mettre fin une fois pour toutes au péril de ce régime totalitaire ?</strong></em></p>
<p>L’idée a traversé l’esprit de groupes conservateurs, aux États-Unis comme en Corée du Sud. Le ministre sud-coréen de la Défense nationale, Kim Kwan-jin, l’a évoquée en avril. Ce serait une grave erreur, d’abord parce qu’on ignore les capacités de riposte de la Corée du Nord, et qu’il n’est pas dans l’habitude des puissances de se lancer dans des guerres sans une réelle connaissance des forces de l’adversaire. Qui prendrait le risque d’une frappe préventive contre Pyongyang si cela peut se traduire par la destruction de Séoul ou de Tokyo à l’aide d’une arme nucléaire? Ensuite, une telle opération aurait un effet déstabilisant dans la région. Qu’en serait-il de la réaction de Pékin, qui apprécierait sans doute mal une action unilatérale contre un pays certes encombrant, mais malgré tout ami? En clair, l’idée d’une guerre préventive est toujours une erreur, et de manière particulièrement sensible dans le contexte coréen.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Afrique du Sud : des chouettes contre les rats</title>
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		<pubDate>Sat, 04 May 2013 21:17:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Lépine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[chouette]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 mai 2013]]></category>
		<category><![CDATA[patricia huon]]></category>
		<category><![CDATA[rats]]></category>
		<category><![CDATA[rongeur]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>À court d’idées pour se débarrasser des rats qui ont envahi le township d’Alexandra, la Ville de Johannesburg teste en ce moment une solution 100 % bio : l’introduction de chouettes, prédatrices naturelles des rongeurs.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/afrique-du-sud-des-chouettes-contre-les-rats/">Afrique du Sud : des chouettes contre les rats</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_95175" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/afrique-sud-chouette.jpg"><img class="size-full wp-image-95175" alt="afrique-sud-chouette" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/afrique-sud-chouette.jpg" width="450" height="444" /></a><p class="wp-caption-text">Photo: Africa Photobank / Alamy</p></div>
<p>Dans ce <i>township</i> où s’entassent 500 000 personnes, les rats sont une menace à la santé publique. Ils mangent les réserves de nourriture et attaquent parfois les enfants qui dorment<br />
à même le sol. Aucun piège ni aucun poison ne sont parvenus à les éliminer.</p>
<p>Le recours aux chouettes est né d’un partenariat entre EcoSolutions — société spécialisée dans les biotechnologies — et Johannesburg. Quarante oiseaux ont été relâchés en 2012 et le même nombre devrait l’être cette année.</p>
<p>Avant de s’acquitter de leurs tâches, les chouettes passent du temps dans des nichoirs installés dans certaines écoles, où les enfants les nourrissent. Une manière d’aider les jeunes à dépasser les préjugés : dans la culture africaine, les chouettes sont souvent associées à la sorcellerie.</p>
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		<title>Haïti côté soleil</title>
		<link>http://www.lactualite.com/monde/haiti-cote-soleil/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 May 2013 13:00:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Lépine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Guillaume Bourgault-Côté]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 mai 2013]]></category>
		<category><![CDATA[tourisme]]></category>
		<category><![CDATA[vacances]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Bonbon, Jérémie, l’Île à Vache… notre reporter a joué au touriste à Haïti. La Perle des Antilles a effectivement beaucoup à offrir, et pas que dans les tout compris !
</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/haiti-cote-soleil/">Haïti côté soleil</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_93673" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_01.jpg"><img class="size-full wp-image-93673" alt="Photo : Simon Couturier" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_01.jpg" width="600" height="422" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Simon Couturier</p></div>
<p>La petite moto chinoise que pilote le jeune Fanfan — un des innombrables Haïtiens qui s’improvisent taxis — peine sur la route de terre qui relie Jérémie aux Abricots, à l’extrême ouest de l’île d’Hispaniola. Il y a les trous, les roches, le poids de trois passagers, la chaleur : le moteur souffre. Pour alléger le fardeau, on monte les côtes à pied, avant de reprendre au sommet la chevauchée dans cette Haïti peu fréquentée, pleine de lumière et de silence.</p>
<p>Après 90 minutes de ce régime, la moto s’arrête net sur un promontoire naturel. Notre regard plonge dans un bout d’éternité : l’eau turquoise de la mer des Caraïbes, limpide. Les palmiers accrochés à des falaises qui marquent les contours de la baie. Quelques maisonnettes que l’on devine derrière la plage. Et deux voiliers de bois ancrés au centre de l’anse. Pure merveille sous le soleil. Un petit village délicieusement nommé Bonbon.</p>
<p>Dans le hameau, une ribambelle d’enfants s’amusent de nous voir — deux Blancs — chambouler la langueur d’un après-midi de mars. Sur la plage, une dizaine d’hommes terminent la construction à la main de la coque d’une caravelle de bois, qui servira à transporter du charbon vers Port-au-Prince. Le temps paraît suspendu entre deux bouchées de mangue, chaude et sucrée.</p>
<p>C’est ici, dans ce type de panorama, que le vieux surnom d’Haïti — « la Perle des Antilles » — trouve tout son sens. Bonbon n’est qu’un petit village endormi près de Jérémie, « la cité des poètes », ainsi nommée parce que plusieurs auteurs y ont vécu, attirés par la beauté tranquille du lieu. Mais il y a aussi Port-Salut et l’Île à Vache au sud-ouest, Jacmel au sud, la côte des Arcadins juste un peu au nord de Port-au-Prince, Cap-Haïtien et, tout au nord du pays, la citadelle La Ferrière, une gigantesque forteresse classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Autant de perles méconnues, mais que les pouvoirs publics s’affairent présentement à polir.</p>
<div id="attachment_93675" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_02.jpg"><img class="size-full wp-image-93675" alt="Photo : Simon Couturier" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_02.jpg" width="600" height="375" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Simon Couturier</p></div>
<p>Pour relancer le pays, le gouvernement de Michel Martelly a en effet trouvé son levier : le tourisme. Mais pas du genre « tout compris », la tendance ailleurs dans les Caraïbes. On mise ici sur ce qu’on appelle le « tourisme de contenu ». Les Antilles reçoivent quelque 23 millions de touristes chaque année, il faut en profiter, dit la ministre du Tourisme, Stéphanie Balmir Villedrouin, qui porte ce projet qu’elle présente comme un pilier de la reconstruction haïtienne : « Nous avons les plages, les montagnes, la culture, l’artisanat, la gastronomie. »</p>
<div id="attachment_93683" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_06.jpg"><img class="size-full wp-image-93683  " alt="Photo : Simon Couturier" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_06.jpg" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Simon Couturier / Plage près de Port-Salut.</p></div>
<p>Une virée à travers le pays confirme ses prétentions. Des poissons grillés mangés directement sur la plage de Port-Salut aux poulets boucanés ou sauce créole de Jacmel et Cap-Haïtien, l’expérience culinaire est effectivement succulente. Les plages ? On a dit Bonbon et les Abricots, mais le pays compte son lot de petits paradis ensablés, qui n’ont rien à envier aux plages très fréquentées du voisin dominicain.</p>
<p>Les montagnes ? On imagine mal combien ce pays d’eau est tout en relief. On s’étonne donc, dès que l’on quitte la capitale, de la profondeur des gorges qui se creusent sur la route de Kenscoff et Furcy, par exemple. Après une heure de moto sur un sentier de terre rouge, le paysage balafré de la capitale, sa pollution et son bruit incessant s’oublient au cœur de magnifiques vallées. Et s’il n’y a à peu près plus d’arbres en Haïti, sauf dans l’Ouest, des îlots de verdure émergent ici sur les terrasses aménagées à flanc de montagne.</p>
<div id="attachment_93679" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_04.jpg"><img class="size-full wp-image-93679  " alt="LAT07_HAITI_04" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_04.jpg" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Simon Couturier<br />Sentier dans les montagnes entre Port-au-Prince et Kenscoff.</p></div>
<p>Très fiers, des écoliers nous expliquent qu’on a semé ici des brocolis, là du chou-fleur, plus loin des pommes de terre ou des oignons. Et comme pour la caravelle de Bonbon, tout est fait à la main.</p>
<p>Les défis pour développer le potentiel touristique d’Haïti sont à la mesure du destin d’un pays trop souvent frappé par les crises — politiques ou naturelles. Le gouvernement a choisi de s’attaquer à la base : les infrastructures. L’aéroport de Port-au-Prince a été refait, la piste de celui de Cap-Haïtien a été allongée, des travaux sont en cours pour aménager les installations de Jacmel et en construire aux Cayes. L’idée étant d’éviter aux voyageurs un réseau routier catastrophique, parfois terrifiant.</p>
<p>À cela s’ajoute une offensive pour encourager la construction d’hôtels répondant aux standards internationaux. Car l’hébergement actuel offre un rapport qualité-prix discutable : il en coûte généralement plus de 100 dollars pour des chambres au confort minimal.</p>
<p>En toute chose, on souhaite un « modèle de développement qui bénéficie aux populations locales ». Il y a en Haïti l’exemple parfait de ce que le gouvernement Martelly ne veut pas. Tout au nord, près de Cap-Haïtien, la Royal Caribbean International (RCI) gère le seul complexe touristique du pays. Cette société possède la plage de Labadie, qu’elle présente comme son « paradis privé ». De fait, le lieu tient de la carte postale, avec d’immenses installations de divertissement : glissade d’eau de près de 100 m, tyrolienne géante, kayaks, parc aquatique&#8230;</p>
<p>La RCI verse à l’État 10 dollars pour chaque passager de ses immenses bateaux de croisière qui accostent à Labadie, selon une entente qui existe depuis une trentaine d’années. Un petit tour de moto permet toutefois de mesurer l’ampleur de la pauvreté qui afflige les villages voisins&#8230;</p>
<p>« L’entreprise a investi près de 100 millions dans les infrastructures, mais elle travaille en réseau fermé, dit la ministre du Tourisme. Elle a bien construit une école à Labadie, elle emploie des Haïtiens, mais il n’y a pas de retombées économiques pour la population. Les visiteurs arrivent à la plage et n’en sortent jamais. Ça ne peut pas être un bon modèle. »</p>
<div id="attachment_93681" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_05.jpg"><img class="size-full wp-image-93681" alt="Photo : Simon Couturier" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/LAT07_HAITI_05.jpg" width="600" height="398" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Simon Couturier</p></div>
<p>Depuis la fin janvier, le transporteur québécois Air Transat offre des vacances d’un tout autre genre : une fois par mois, 30 sièges sont réservés sur ses vols vers Haïti pour un forfait « hôtel, excursions et deux repas par jour ».</p>
<p>« Si on veut que le développement touristique profite à la population locale, il faut amener les touristes à sortir et à consommer », fait valoir Debbie Cabana, porte-parole d’Air Transat. Les voyageurs partagent leur temps entre Port-au-Prince et la côte des Arcadins, où l’on trouve la meilleure offre hôtelière du pays, les pieds dans l’eau, à quelque 90 minutes plus au nord. Ils ont le choix parmi huit hôtels. Diverses excursions sont prévues, notamment au marché d’artisanat sur fer découpé de Croix-des-Bouquets.</p>
<p>« Nous leur ferons visiter les quartiers culturels, ils mangeront dans de petits restaurants le midi et s’arrêteront prendre un verre plus tard. Les devises étrangères iront directement aux gens qui gèrent ces petits commerces », dit Debbie Cabana. Air Transat prévoit élargir le champ d’action à mesure que les aéroports et les hôtels seront construits.</p>
<p>Le défi n’est certainement pas gagné d’avance, mais ils sont nombreux à croire en ce futur ensoleillé. Et achalandé.</p>
<p>+</p>
<p align="left"><strong>300 000</strong><b></b></p>
<div>
<p align="left">Nombre de touristes qui visitent Haïti chaque année.</p>
</div>
<p align="left"><strong>1 million</strong></p>
<div>
<p align="left">Nombre de touristes qu’Haïti veut attirer annuellement d’ici deux ans.</p>
</div>
<p align="left"><strong>4 millions</strong></p>
<div>
<p align="left">Nombre d’étrangers accueillis en 2012 en République dominicaine.</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Des barbelés aux frontières</title>
		<link>http://www.lactualite.com/monde/des-barbeles-aux-frontieres/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 21:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Lépine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Clémentine Athanasiadi]]></category>
		<category><![CDATA[grèce]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[international]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 mai 2013]]></category>
		<category><![CDATA[turquie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Afin de contrer l’immigration clandestine, la Grèce vient de terminer la construction d’une clôture de barbelés de 12,5 km de long sur 3 m de haut, dans le nord du pays, à sa frontière avec la Turquie.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/des-barbeles-aux-frontieres/">Des barbelés aux frontières</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_93867" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/frontiere_keystone.jpg"><img class="size-full wp-image-93867" alt="Photo : Nikos Arvantidis/EPA/Keystone" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/frontiere_keystone.jpg" width="610" height="406" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Nikos Arvantidis/EPA/Keystone</p></div>
<p>En 2011, 55 000 clandestins — venus d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient — traversaient cette frontière, ce qui faisait de la Grèce « la » porte d’entrée de l’immigration irrégulière en Europe. Si le « mur » a résorbé le flux migratoire dans cette région (2 156 arrestations en janvier 2011, contre 16 au début de 2013), le problème s’est déplacé du côté de la mer Égée. Depuis le début de la construction du mur, en 2011, le nombre de clandestins a augmenté de 2 385 % sur les îles du Dodécanèse, de 608 % à Lesbos et de 242 % à Samos. « La situation est incontrôlable. Il devient difficile d’accueillir dignement tous ces gens », dit-on du côté de l’association Tous ensemble, qui vient en aide aux migrants qui arrivent à Lesbos.</p>
<p>Le lieutenant Antonios Sofia-delis, de la police maritime, souligne que les autorités ont augmenté le nombre de bateaux et mobilisé plus d’hommes. « La situation est difficile, mais nous faisons de notre mieux. »</p>
<div id="attachment_93865" class="wp-caption alignleft" style="width: 254px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/carte_p11.jpg"><img class=" wp-image-93865 " alt="Carte : Maude Plante-Husaruk" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/carte_p11-305x800.jpg" width="244" height="640" /></a><p class="wp-caption-text">Carte : Maude Plante-Husaruk</p></div>
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		</item>
		<item>
		<title>Danemark : la tentation de l’extrême droite</title>
		<link>http://www.lactualite.com/monde/danemark-la-tentation-de-lextreme-droite/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 13:58:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Frédéric Légaré-Tremblay</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[danemark]]></category>
		<category><![CDATA[extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[international]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 mai 2013]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lactualite.com/?p=93859</guid>
		<description><![CDATA[<p>L’extrême droite danoise, représentée par le Parti du peuple (PD), fait ses choux gras des mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement, au point que des électeurs de gauche sont maintenant prêts à rejoindre ses rangs.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/danemark-la-tentation-de-lextreme-droite/">Danemark : la tentation de l’extrême droite</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div>
<div id="attachment_95147" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/Actu-Danemark.jpg"><img class="size-full wp-image-95147" alt="Actu-Danemark" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/Actu-Danemark.jpg" width="400" height="267" /></a><p class="wp-caption-text">Photo: Zumapress / Keystone</p></div>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><i>En tête des sondages  </i></strong></p>
</div>
<p>Pour la première fois dans l’histoire du pays, le PD trône au sommet des intentions de vote (17,8 %), devant le Parti social-démocrate (16,5 %), qui est à la tête d’un gouvernement de coalition de centre gauche depuis 2011. Les prochaines élections législatives n’auront lieu qu’en 2015, mais les analystes danois s’attendent déjà à un chamboulement de l’échiquier politique.</p>
<div>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><i>Des idées de gauche</i></strong></p>
</div>
<p>Le PD souhaite limiter l’immigration de façon radicale, s’oppose à l’Union européenne et défend la monarchie et l’Église du Danemark. Mais son programme économique empiète sur les platebandes de la gauche : défense des retraités, des étudiants et des démunis. Cette vision est en porte-à-faux avec les mesures d’austérité du gouvernement, qui sabrera l’aide financière aux étudiants et les prestations d’aide sociale, tout en faisant passer l’impôt sur les sociétés de 25 % à 22 %.</p>
<div>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong><i> Une économie en déroute</i></strong></p>
</div>
<p>Mis à part l’Islande, le Danemark est le pays d’Europe du Nord le plus durement touché par la crise financière. Sur les quelque 100 banques du pays, une douzaine ont déjà fait faillite, le pire bilan d’Europe (après l’Islande). Même si le taux de chômage n’est que de 7,4 % — un sommet pour le Danemark —, la croissance économique a été quasi nulle en 2012. Et la reprise s’annonce pénible en 2013, sous la barre de 1 %.</p>
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		<title>Tourisme : Haïti, la perle à polir</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 15:51:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Duchesneau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Photoreportage]]></category>
		<category><![CDATA[Antilles]]></category>
		<category><![CDATA[Guillaume Bourgault-Côté]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[Simon Couturier]]></category>
		<category><![CDATA[tourisme]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Si Haïti peine à se relever du tremblement de terre de janvier 2010, l’État entend miser sur le développement de l’industrie touristique pour relancer celle que l’on surnomme « la Perle des Antilles ». Sur place, des changements se font déjà sentir.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/tourisme-haiti-la-perle-a-polir/">Tourisme : Haïti, la perle à polir</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<script type='text/javascript'>var image_max_height = "500";</script><script type='text/javascript'>var imagesArray = [{"id":94559,"mlpId":"11061","src":"http:\/\/www.lactualite.com\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/haiti12.jpg","width":610,"height":405,"medSrc":"http:\/\/www.lactualite.com\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/haiti12-150x150.jpg","medWidth":150,"medHeight":150,"smallSrc":"http:\/\/www.lactualite.com\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/haiti12-150x150.jpg","smallWidth":150,"smallHeight":150,"tagSlugs":"","tagNames":"","title":"haiti1","caption":"","loaded":false,"description":"<p>Commerces \u00e0 Port-au-Prince, la capitale d\u2019Ha\u00efti. Le rapport 2012 des Nations unies dresse le portrait d\u2019un pays encore tr\u00e8s fragile, mais o\u00f9 l\u2019on note quelques avanc\u00e9es, qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0progr\u00e8s mitig\u00e9s\u00a0\u00bb\u00a0: relative stabilit\u00e9 du politique et de la s\u00e9curit\u00e9, meilleur taux de scolarisation des enfants, diminution importante du volume de gravats du tremblement de terre et relogement graduel des personnes vivant dans des camps de r\u00e9fugi\u00e9s, entre autres am\u00e9liorations. Mais le manque d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable et de graves probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique (notamment une \u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra et la pr\u00e9sence du VIH\/sida) demeurent tr\u00e8s pr\u00e9occupants.<\/p>","order":"1","imageCount":"14","alt":""}];</script>
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		<title>En selle pour la révolution</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Apr 2013 12:30:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Lépine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Cyclisme]]></category>
		<category><![CDATA[cycliste]]></category>
		<category><![CDATA[islamiste]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 1er mai 2013]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Au Yémen, où 75 % des gens sont âgés de moins de 30 ans, un commandant de police a trouvé de quoi occuper les jeunes chômeurs : une équipe de cyclistes ! Mais dans ce pays courtisé par les islamistes, cuissards et maillots ne passent pas inaperçus.
</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/monde/en-selle-pour-la-revolution/">En selle pour la révolution</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_86805" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT06_YEMEN_01.jpg"><img class="size-full wp-image-86805" alt="Photo : Joe Sheffer" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT06_YEMEN_01.jpg" width="600" height="900" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Joe Sheffer</p></div>
<p>Vêtus de maillots et de cuissards décolorés, sept cyclistes foncent à toute allure dans la poussière de Sanaa sans un coup d’œil pour les maisons en briques de terre ocre, ornées de motifs blancs, qui ont fait la réputation de la capitale du Yémen. « Bande de gais ! Couvrez-vous ! » lance soudain, en arabe, le propriétaire d’un magasin, qui bondit sur le trottoir en jetant une pierre en direction des athlètes. Le groupe, en selle sur une collection de vélos qui, à elle seule, retrace l’histoire du cyclisme, passe son chemin.</p>
<p><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/Carte_Yemen.jpg"><img class="size-medium wp-image-86811 alignleft" alt="" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/Carte_Yemen-300x300.jpg" width="300" height="300" /></a>Le Yémen est l’un des rares pays du monde où la vue d’un groupe de cyclistes en randonnée matinale attire autant de hargne de la part des passants. Leur crime : porter des shorts et des maillots moulants.</p>
<p>Dans ce pays du sud de la péninsule arabique que même les spécialistes les plus érudits du Moyen-Orient peinent à comprendre, les 11 athlètes de la Fondation nationale de cyclisme du Yémen sont une incongruité. Et le reflet des luttes et des clivages au sein des groupes qui composent la société yéménite, l’une des plus jeunes du monde — 75 % de ses 24 millions d’habitants ont moins de 30 ans. Ici, où tout est politisé, ces cyclistes sont les acteurs d’une petite révolution tranquille.</p>
<p>Avec le printemps arabe de 2011, un vent d’espoir a soufflé sur de nombreux jeunes qui, galvanisés par la chute de dictateurs comme Ben Ali en Tunisie ou Moubarak en Égypte, ont pris d’assaut les rues yéménites. Ils ont réclamé — et finalement obtenu, en novembre 2011 — le départ du président de la république Ali Abdallah Saleh, avec l’espoir de voir leur pays faire enfin son entrée dans le XXI<sup>e</sup> siècle.</p>
<p>Pour les <i>shabaab</i> (les jeunes) comme pour les membres de l’équipe de cyclisme, les révolutions du printemps arabe représentaient la possibilité de rompre avec le népotisme, l’insécurité constante et la stagnation économique qui ont caractérisé le règne du président Saleh pendant 33 ans. Ces jeunes rêvaient d’un Yémen démocratique et séculier.</p>
<p>La réalité ne s’est pas révélée aussi simple. Le pays est toujours rongé par les graves pénuries d’eau, la malnutrition, le chômage des jeunes ainsi que la menace islamiste. Le Yémen doit faire face à l’émergence d’une bataille opposant deux camps : d’un côté les partisans de l’ancien régime, de l’autre la jeunesse activiste née des révoltes de 2011.</p>
<p>En première ligne du combat, le colonel Abdul-Ghani al-Whaji, dans la quarantaine. Au volant de son camion, il ouvre le chemin au groupe de cyclistes s’entraînant à travers champs de maïs et barrages militaires qui encerclent la ville.</p>
<div id="attachment_86809" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT06_YEMEN_03.jpg"><img class="size-full wp-image-86809 " alt="Photo : Joe Sheffer" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT06_YEMEN_03.jpg" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Joe Sheffer<br />Les cyclistes à l’entraînement. Pour le colonel Abdul-Ghani al-Whaji, qui a formé l’équipe en 2003, le sport est une façon d’arracher les jeunes à l’influence des islamistes.</p></div>
<p>Cet influent haut gradé de la police de Sanaa, entraîneur de l’équipe depuis sa création, en 2003, se bat depuis des années contre la corruption et l’influence des islamistes sur la jeunesse de son pays. Les athlètes qu’il dirige ont de 22 à 28 ans et sont, pour la plupart, au chômage. « Si nous [les autorités yéménites] ne sommes pas les premiers à contacter les jeunes et à tisser des liens avec eux, d’autres personnes le feront à notre place. Ces mêmes personnes ont déjà des projets pour la jeunesse des quartiers pauvres de Sanaa », affirme-t-il en faisant allusion aux islamistes.</p>
<p>En 20 ans de carrière, Abdul-Ghani al-Whaji est également l’un des rares commandants de police qui ont osé s’attaquer à la corruption et à la fraude au sein de leurs propres rangs. Son combat ne lui a pas valu que des applaudissements de la part de ses collègues. Au Yémen, les autorités sont plus connues pour leur attachement à l’ancien régime et à ses méthodes musclées et corrompues qu’elles ne le sont pour leur engagement social.</p>
<div id="attachment_86803" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT06_YEMEN_04.jpg"><img class="size-full wp-image-86803" alt="Photo : Zoonar/Alamy" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT06_YEMEN_04.jpg" width="600" height="399" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Zoonar/Alamy</p></div>
<p>Le colonel s’est d’ailleurs récemment imposé un congé « de jardinage » — comme il se plaît à le dire — sans solde, en attendant que certains de ses collègues soient « amenés devant les tribunaux ». Depuis, ce sportif de longue date consacre son nouveau temps libre et ses ressources à l’équipe. « Le sport est une façon d’engager les gens afin de construire une société civile et séculière, loin de l’extrémisme religieux et du terrorisme », explique-t-il.</p>
<p>Perché sur son vieux vélo, Yusuf al-Bandani entame sa première ascension de la journée. Il gravit les montagnes escarpées et blanchies par le soleil qui entourent la capitale, tel un champion sorti tout droit des années 1980. À la faveur d’une pause, il jette un regard sur la cicatrice qui marque son bras droit. « Nous étions en train de nous entraîner pour une compétition régionale près de la province de Lahj lorsqu’un VUS a percuté de plein fouet quatre d’entre nous. Nous avons tous eu besoin de points de suture. L’un de nous a même dû être opéré au bras », raconte le cycliste d’un air détaché en haussant les épaules.</p>
<p>Ce genre de danger n’est qu’un des nombreux soucis auxquels se heurtent les jeunes sportifs. Faute de financement, l’équipe a dû renoncer à participer au Championnat des clubs arabes, qui se déroulait aux Émirats arabes unis en novembre dernier et pour lequel elle s’entraînait depuis des mois. Sans argent, les athlètes ignorent quand ils pourront enfin réaliser leur rêve de concourir sur la scène internationale.</p>
<div id="attachment_86807" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a style="text-align: center;" href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT06_YEMEN_02.jpg"><img class="size-full wp-image-86807 " alt="Photo : Joe Sheffer" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT06_YEMEN_02.jpg" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Joe Sheffer</p></div>
<p>Attablés confortablement dans un café de la capitale, les cyclistes, qui arborent toujours leurs maillots aux couleurs vives, se reposent après l’entraînement en dégustant un <i>chai-haleeb, </i>sorte de thé régional sucré et laiteux. « Au Yémen, le cyclisme est une passion qui n’est pas engourdie par le qat [une plante aux propriétés narcotiques largement consommée au pays] et qui n’est pas touchée par la corruption du gouvernement. C’est séculier. C’est civil. C’est le Yémen que nous espérons », conclut Yusuf en enfourchant sa bicyclette pour rentrer chez lui.</p>
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