Voilà que des pays comme la Chine et l'Inde achètent ou louent des terres agricoles sur le continent noir pour nourrir leur population. Les Africains y trouvent-ils leur compte ?

1- Les élevages du Congo
Des centaines d'agriculteurs d'Afrique du Sud pourraient migrer au Congo, où le climat permet deux récoltes annuelles. Leur principal syndicat, AgriSA, négocie avec les autorités congolaises afin d'exploiter, gratuitement et pendant 99 ans, des millions d'hectares de terres pour la culture et l'élevage. Ces agriculteurs bénéficieraient d'allègements fiscaux. En revanche, ils emploieraient des paysans locaux et leur enseigneraient des techniques agricoles modernes. Leur production serait en bonne partie destinée au marché local. Dévasté par les guerres civiles dans les années 1990, le Congo importe presque toute sa nourriture.
2- Le jatropha de Zambie
La Chine envisage de louer deux
millions d'hectares à la Zambie afin d'y cultiver du jatropha,
pour en faire
du biocarburant. La Zambie, qui vit de l'industrie du cuivre, souffre
de la chute du prix des minerais sur
le marché mondial. Pour diversifier son économie, elle compte louer de plus en plus
de terres à des agriculteurs commerciaux étrangers.
3- Le blé du soudan
L'Égypte, qui a été le théâtre d'émeutes de la faim en 2008, s'est entendue avec le Soudan pour y produire deux millions de tonnes de blé par année, qu'elle exportera chez elle. L'État soudanais, qui loue des terres à d'autres pays (Syrie, Jordanie, Libye, Koweït, Qatar, Arabie saoudite, Corée du Sud, Émirats arabes unis), offre des exemptions de taxes.
4- Le thé de l'Éthiopie
L'Inde, le pays le plus populeux après la Chine, a investi quatre milliards de dollars américains en Éthiopie pour y produire, entre autres, du sucre et du thé. Depuis 2004, l'État éthiopien aurait approuvé plus de 150 ententes du genre. On peut y louer des terres à bon marché : de 3 à 10 dollars américains par hectare par année, comparativement à 237 dollars américains en moyenne aux États-Unis.
5- Le potager du Kenya
Le Qatar compte louer 40 000 hectares de terres dans la région du delta de la rivière Tana, dans le nord-est du Kenya, pour y cultiver des fruits et des légumes. En échange, il offre de financer la construction d'un port en eau profonde, estimée à 2,5 millions de dollars américains. Le projet suscite la controverse, les habitants soutenant que ces terres leur appartiennent.
6- Le maïs de Madagascar
La multinationale de Corée du Sud Daewoo Logistics a signé l'an dernier un accord avec Madagascar afin d'y cultiver, gratuitement et pendant 99 ans, du maïs et des palmiers à huile sur 1,3 million d'hectares de terres agricoles. C'est la moitié des surfaces cultivables de l'île ! Lorsque le contrat a été dévoilé, il a attisé la rébellion populaire, ce qui a provoqué, en mars, la chute du président malgache. L'accord a été annulé.






