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La contagion talibane


5 Février 2010

Harcelés en Afghanistan, les talibans répliquent en semant la terreur au Pakistan. La peur s’installe dans les villes qui, jusqu’à récemment, se croyaient à l’abri des attentats. Récit de quatre destins chamboulés.

Harcelés en Afghanistan,les talibans répliquent en semant la terreur au Pakistan
Photo : Julien Fouchet

Hier encore, on pouvait avoir des rêves et un avenir au Pakistan. Et compatir avec les voisins afghans, aux prises avec la montée d'un terrorisme taliban allié à al-Qaida. Bien sûr, certaines régions frontalières pakistanaises connaissaient la violence des kamikazes et des affrontements militaires, mais la vie quotidienne se passait plutôt bien dans le reste du pays. Plus maintenant. La terreur a même gagné les grandes villes. Cet automne, une vague d'attentats sans précédent a provoqué la mort de plus de 500 personnes en trois mois. Et chaque journée continue d'amener son lot de victimes civiles. Surtout à Peshawar, ville frontière avec l'Afghanistan. À Islamabad, la capitale, près de 100 postes de contrôle quadrillent désormais la ville.

Voir le photoreportage de Julien Fouchet « Pakistan : vivre sous les talibans » >>

Pays allié des États-Unis, le Pakistan tente d'en finir avec les talibans installés dans les zones tribales, au nord-ouest du pays. À la mi-octobre, l'armée a mené une offensive dans le Sud-Waziristan, province devenue un sanctuaire pour ces fondamentalistes et pour les combattants d'al-Qaida, qui s'en servent comme base arrière pour lancer des attaques contre les soldats de l'OTAN en Afghanistan et le très important contingent américain.

Près de 200 000 personnes auraient cependant fui les combats. Le nombre de victimes civiles est inconnu, car la région est interdite aux ONG et aux journalistes.

Au nord d'Islamabad, néanmoins, l'armée a réussi à reprendre, l'été dernier, le contrôle de la vallée de Swat et à en chasser les talibans, qui y avaient instauré la charia et détruit nombre d'écoles pour filles. L'unique cinéma de Mingora, chef-lieu de la vallée, a même rouvert ses portes il y a quelques mois.

Contraint de reculer, le Mouvement des talibans du Pakistan (Tehrik-e-Taliban Pakistan) - soupçonné, entre autres, du meurtre de Benazir Bhutto - a adopté une stratégie claire : frapper n'importe où et n'importe quand. Non plus seulement des postes de police ou des casernes militaires, mais aussi des marchés bondés, ce qui a provoqué la mort de dizaines de personnes.

Incapable d'enrayer cette violence aveugle, le gouvernement semble aujourd'hui désemparé. Des plus riches aux plus pauvres, personne n'est épargné. Et parmi la population de quelque 170 millions de Pakistanais, nombreux sont ceux qui espèrent que le départ des forces étrangères - notamment américaines - de l'Afghanistan voisin permettra le retour de la paix dans la région. Quitte à accepter l'arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan.

Comment se vit cette situation au quotidien ? Quatre Pakistanais témoignent.

LIRE LE PORTRAIT DE SHAHLEELA >>

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Commentaires (1)

Messieurs les grands

Messieurs les grands journalistes,

pour votre information, le Sud waziristan n'est pas encore une province pakistanaise !!!

vous avez un peu de lecture à faire sur le pays...

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