Suisses, Japonais, Français, Canadiens ont mis la main à la pâte pour reconstruire les côtes du Sri Lanka dévastées il y a cinq ans par le tsunami. Le résultat fait des heureux et quelques insatisfaits. Bilan d’une grande corvée.

On croirait la plage fraîchement bombardée. Des ruines de temples, des maisons éventrées, des escaliers de béton menant vers le ciel, des cocotiers sauvagement décoiffés s'élevant toujours au milieu des débris. Cinq ans après le tsunami qui, le 26 décembre 2004, a dévasté 800 de ses 1 340 km de côtes, le Sri Lanka n'a pas fini de se refaire un paysage. Comme les territoires qui entourent l'île, d'ailleurs...
En ce funeste lendemain de Noël, un tremblement de terre d'une magnitude de 9,3 à l'échelle de Richter, au large de l'île de Sumatra (en Indonésie), a engendré un puissant raz-de-marée, qui a ravagé une dizaine de pays de l'océan Indien, tuant au passage quelque 230 000 personnes. Au Sri Lanka seulement, petite perle de 21,3 millions d'habitants déposée au sud de l'Inde, près de 35 000 personnes sont mortes et 100 000 maisons ont été détruites ou sérieusement endommagées.
Cinq ans plus tard, 95 % des 500 000 sinistrés sri-lankais ont bénéficié d'une aide pour réparer ou rebâtir leur demeure. Récit d'une reconstruction réussie ? Oui et non. Car un peu partout dans l'île, la grogne se fait entendre. Et ceux qui n'ont toujours pas reçu d'aide risquent de devoir encore attendre. Selon les plus récents chiffres du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, ils seraient toujours 26 000 à croupir dans des camps de réfugiés, principalement dans l'Est (le Nord-Est a été la région la plus touchée par le tsunami).
La route qui relie le sud et l'est du Sri Lanka, le long de la mer, a des allures de « boulevard des Nations unies ». Ici, la croix suisse orne une pancarte placée à l'entrée d'un village de maisons neuves. Plus loin, c'est l'Union Jack. Là, l'emblème du Japon. À Sainthamaruthu, ville de 25 000 habitants située à l'extrême est, c'est la feuille d'érable qui apparaît sur les panneaux routiers indiquant les voies d'évacuation à suivre en cas de sinistre.
Au lendemain du tsunami, dans un élan de générosité sans précédent, des pays, des entreprises privées, des organisations non gouvernementales (ONG) et des institutions financières internationales se sont engagés à verser sur trois ans une aide financière totalisant 2,2 milliards de dollars. Au plus fort de la crise, près de 300 ONG de partout dans le monde œuvraient sur le terrain, dont les grandes organisations des États-Unis, d'Allemagne, de Suisse, de Grande-Bretagne et du Japon.


