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Le Chili change de cap


5 Février 2010

L’élection du milliardaire Sebastián Piñera à la présidence du Chili marque le retour de la droite au pouvoir, 20 ans après le départ du dictateur Augusto Pinochet. Et elle annonce aussi de beaux jours pour les compagnies minières canadiennes…

Photo : Roberto Candia / AP / PC

À quoi les Chiliens peuvent-ils s'attendre?

La rupture avec les gouvernements de gauche ne devrait pas être très grande : défenseur de la classe moyenne, Piñera souhaite rapprocher du centre la coalition de droite qu'il dirige. Il a promis de conserver les politiques sociales mises en place par ses prédécesseurs, tel un régime universel de retraite. 

Quel sera son plus grand défi?

Maintenir la croissance économique exemplaire des deux dernières décennies. Le PIB par habitant a triplé pendant cette période (15 000 dollars par personne aujourd'hui). Piñera a promis de renouer avec la croissance des années 1990 (6 % par année, contre 3 % actuellement) et de créer un million d'emplois (dans un réservoir de 7,3 millions de travailleurs). 

Pourquoi les compagnies minières se réjouissent-elles?

Le Chili est déjà un pays très attrayant pour les compagnies minières étrangères, et le nouveau président veut ajouter d'autres mesures d'incitation fiscales. Le territoire recèle les plus grandes réserves de cuivre, d'or et d'argent d'Amérique du Sud et plusieurs compagnies minières canadiennes - Barrick Gold, Teck Resources, Kinross Gold - y brassent des milliards. Selon Tye Burt, PDG de Kinross, qui s'exprimait au lendemain de l'élection de Piñera, « le Chili est, absolument, l'un des meilleurs endroits au monde pour faire ce que l'on fait ».        

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Commentaires (1)

Effectivement, les mines

Effectivement, les mines canadiennes peuvent se péter les bretelles et dire que « le Chili est, absolument, l'un des meilleurs endroits au monde pour faire ce que l'on fait ». Mais ce qu'on ne dit pas c'est que ça se fait sur les dos des autochtones. Ça fait des années que le Chili est en conflit avec ses peuples autochtones, en particulier les Mapuche, et qu'on leur enlève leurs territoires pour les donner aux minières - elles peuvent bien être contentes. Plusieurs chefs autochtones ont été emprisonnés et le Chili ne consulte pas ses peuples autochtones avant d'octroyer des permis de mines, contrairement aux accords internationaux sur la protection des peuples autochtones, en particulier la Convention 169 de l'OIT.

La gauche comme la droite chilienne ont ignoré les peuples autochtones et bafoué leurs droits et j'imagine que les minières canadiennes se sentent confortables puisque ça ressemble un peu à la manière dont on traite les autochtones au Canada quand il y a un projet de développement sur leurs terres.

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