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Le plan Stewart pour l’Afghanistan


1 Juillet 2009

Véritable Lawrence d’Arabie du 21e siècle, l’Écossais Rory Stewart dénonce les plans des Occidentaux pour rebâtir l’Afghanistan. Ce n’est pas tant de soldats ou d’argent que le pays a besoin, dit-il, mais de réalisme…

Photo : Colin Perkel/PC

«Moins, c'est mieux.» La formule devrait s'appliquer à la mission en Afghanistan, estime Rory Stewart. Inquiet des ambitions entretenues par les nations occidentales, cet Écossais de 36 ans au parcours digne d'un Lawrence d'Arabie veut plus de réalisme dans le choix des objectifs et des stratégies.

Installé à Kaboul depuis plus de trois ans, enraciné dans la population, maîtrisant le dari (une des deux langues officielles du pays, avec le pachto), Rory Stewart y a mis sur pied la fondation Turquoise Mountain. Présidé par le prince de Galles, Charles, ainsi que par le chef de l'État afghan, Hamid Karzaï, et financé entre autres par l'ACDI, cet organisme et ses 450 employés travaillent à rebâtir le centre historique de la capitale. Selon Rory Stewart, le développement du pays passe par ces trop rares initiatives à long terme dans les collectivités. Or, «nous ne connaissons pas vraiment l'Afghanistan», estime cet ancien officier décoré des forces britanniques, qui critique du même souffle les politiques concoctées à la hâte dans les capitales occidentales.

Aventurier, Rory Stewart a traversé l'Afghanistan à pied, en 2002, juste après le renversement des talibans, au cours d'un périple de 10 000 km qui l'a mené de l'Iran jusqu'au Népal. Son récit de voyage, En Afghanistan, a été l'un des 10 meilleurs livres de 2006, selon le New York Times.

Diplomate, Rory Stewart a vu les limites de l'interventionnisme. Pendant la guerre au Kosovo, en 1999, il représentait le gouvernement britannique dans le Monténégro voisin. Après le renversement de Saddam Hussein, en 2003, il a été gouverneur adjoint de deux provinces irakiennes. Il a alors passé 11 mois à négocier avec les tribus rivales et les islamistes, à reconstruire les infrastructures et à gérer les violences à l'aube d'une guerre civile.

Depuis janvier, il fait l'aller-retour entre Kaboul et Cambridge (Massachusetts) , où il est directeur du Carr Center for Human Rights Policy (Université Harvard), poste anciennement occupé par Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada. Stewart dit avoir beaucoup appris au contact de ce dernier, notamment à «mettre en balance le possible avec les objectifs moraux et humanitaires».

L'actualité a rencontré Rory Stewart à son bureau de Harvard.

***

Le plan Obama pour l'Afghanistan suscite beaucoup d'espoir. Qu'en pensez-vous?

- Je crois qu'il est erroné, dommageable, et que nous allons trouver très difficile dans 30 ans de comprendre pourquoi Obama a fait cela. Ce plan n'a aucun sens.

Les États-Unis et leurs alliés dépenseront quelque 90 milliards de dollars en Afghanistan l'année prochaine et y enverront 90 000 soldats. L'administration Obama veut ainsi y bâtir un État fort - fonction publique, règle de droit, 400 000 soldats et policiers, etc. -, croyant que c'est la seule façon de résoudre le problème avec les talibans et d'empêcher al-Qaida de retourner en Afghanistan. Mais il n'est pas nécessaire d'en faire autant; des pays étrangers ne peuvent y arriver, et un effort aussi coûteux est impossible à maintenir sur une longue période de temps.

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Commentaires (5)

C'est assez ironique. Stuart

C'est assez ironique. Stuart dit avoir appris beaucoup d'Iggy, alors que nous on trouve q'Yggy ne nous apprends rien de neuf. Que faut-il vraiment penser de ce Stuart dans la vraie vie ?

L'Afghanistan. Quelle

L'Afghanistan. Quelle illusion. La vérité est que 500 000 soldats ne pourraient rien contre la mentalité pavlovienne du monde musulman. Nous pouvons construire des ponts, des écoles, distribuer de la nourriture et, pourquoi pas, donner des concerts de musique gratuits à la population, le résultat final sera le même: les "infidèles" ont envahi la terre de l'Islam et doivent en être chassés.

Il n'y a aucun espoir pour cette région du monde. À l'instar du monde occidental qui s'est finalement extirpé de la noirceur des bûchers et des exécutions publiques avec les "Lumières" , le seul salut de cette région se trouve dans la découverte de "Lumières" qui rendront inacceptable la violence gratuite qui règne dans cette partie du monde.

Malheureusement, je serai mort depuis belle lurette.

Tenant compte du taux

Tenant compte du taux effarant d'immigration et de naissances à 6 ou 7 pour un, les musulmans seront majoritaires et déteindront le pouvoir en Europe et en Occident au cours du présent siècle.La loi coranique prévaudra . Seuls l'Inde,le Japon et la Chine y échapperont.

@Marquis Le cynisme et le

@Marquis Le cynisme et le pessimisme sont peut-être les deux pires fléaux existants au sein de l'humanité. Ils encouragent l'immobilisme, le manque d'initiative, le "rien-de-nouveau-sous-le-soleil, de-toute-façon".

Je ne crois pas qu'il n'y ait "aucun espoir pour cette région du monde". Au contraire, si la grandeur de l'espoir tient en cet espace qui sépare la non-désirabilité d'une situation actuelle à la désirabilité d'une situation meilleure, c'est l'Afghanistan qui est un des pays ayant le plus d'espoir.

D'associer le monde musulman à la mentalité pavlovienne est une généralisation proprement occidentale. Attention!

La première grande bévue de

La première grande bévue de toutes fut, pour les USA et son chien de poche l'Angleterre, de bombarder l'Irak sans justification autre que de contrôler la production du pétrole en prétextant abattre Sadam Hussein que les USA avait pourtant mis en place à une autre époque pour vaincre les Soviétiques. L'histoire moderne retiendra que les USA ont fait et défait les gouvernements dans certaines sphères du monde au gré de leurs intérêts économiques et politiques.Il est assez incompréhensible que ce soit l'Afghanistan et non le Pakistan qui soit la cible de l'OTAN pays qui abrite pourtant la direction d'Al Qaida en plus de posséder la bombe nucléaire. Les Russes, malgré des moyens militaires extravagants se sont cassées les dents en Afghanistan et perdu des centaines de milliers de soldats sans compter les mutilés qui croupissent dans une terrible misère.
La rhétorique des USA et autres pays occidentaux suiveux est que la démocratie doit s'implanter par la force des armes comme on gave les oies en France.
Cette rhétorique a pourtant échouée à peu près pour ne pas dire partout ou elle fut testée.Combien coûte ce genre de guerre en argent en hommes sans oublier toute la pollution engendrée par l'usage de ces armes modernes et la démolition de biens et vestiges historiques irremplaçables comme en Irak..

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