Partout dans le monde, des millions de gens sont forcés de quitter leur terre natale, à cause de la dégradation de leur environnement. Ils seraient entre 30 et 40 millions sur la planète, selon les sources. Soit plus que les réfugiés de guerre, de conflits ethniques et de répression politique réunis. Ce sera la plus grave crise humanitaire à laquelle le monde devra faire face au cours du siècle, prédisent des experts. Certains plaident donc pour que l’ONU élargisse sa définition de réfugié afin d’y inclure ces « réfugiés environnementaux ». D’autres s’y opposent fermement.
Loin de ce débat, notre photojournaliste François Pesant s’est rendu dans le nord de l’Inde, où il a partagé le quotidien de certains de ces « sans-terre ». Ces anciens habitants du désert de Thar, au Rajasthan, une zone soumise à des sécheresses répétées et à la désertification, ont fui pour trouver une vie meilleure. Ils sont devenus réfugiés dans leur propre pays.

Camp de Churan Khad. Contrairement aux réfugiés de guerre, par exemple, qui sont pris en charge par des organismes internationaux, les déplacés du climat doivent ériger eux-mêmes leurs abris. Le camp de Churan Khad est apparu il y a plus de 25 ans, après que quelques familles eurent monté leurs tentes sur un terrain vacant. Il compte maintenant près de 1 000 habitants et n'est toujours pas alimenté en eau et en électricité.
Camp de Churan Khad, Himachal Pradesh, nord de l'Inde.





