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Pleins feux sur l'extrême droite


8 Août 2011

Les idées xénophobes et ultraconservatrices de l’auteur des récents attentats meurtriers en Norvège ont
braqué les projecteurs sur l’extrême droite, courant politique florissant en Europe. Entrevue avec Pierre Hassner, spécialiste des idéologies politiques et chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de Paris.

Pleins feux sur l'extrême droite
Marine Le Pen - Photo : Jacques Brinon/AP/PC

Peut-on associer les attentats perpétrés par Anders Breivik en Norvège au phénomène plus vaste de l'extrême droite en Europe ?

D'une certaine façon. La comparaison la plus juste est avec Timothy McVeigh, qui a fait sauter un édifice fédéral à Oklahoma City, en 1995. Il ne faisait partie d'aucun mouvement. Mais il exprimait à sa manière, tel un déséquilibré, un sentiment qui, sous une forme moins violente, s'est manifesté et incarné depuis dans le Tea Party, notamment : l'hostilité envers les impôts, le gouvernement et ce qu'il représente. Breivik ne s'est pas attaqué aux immigrants, mais il a fait sauter un immeuble public et il a tiré sur des jeunes du parti au pouvoir. Les attentats de Breivik et de McVeigh sont tous deux la manifestation extrême d'une certaine atmosphère sociale et politique.

L'extrême droite a-t-elle le vent dans les voiles ?

Oui. Prenez les Pays-Bas, l'un des pays les plus multiculturels, tolérants et ouverts de la planète. Depuis l'assassinat du politicien Pim Fortuyn, en 2002, et du réalisateur Theo van Gogh, en 2004, il compte parmi les plus intransigeants et protectionnistes. En Hongrie, le parti d'extrême droite Jobbik a récolté près de 17 % des voix lors des dernières législatives. Ce ne sont que quelques exemples. Dans plusieurs pays d'Europe, des partis d'extrême droite font partie du gouvernement ou de la majorité dont le gouvernement a besoin pour gouverner.

Comment expliquer cette tendance ?

La révolte contre les impôts et le gouvernement a fortement gagné en popularité, en raison de la crise économique et du fait que les autorités démocra­tiques ne parviennent pas à assurer le plein-emploi. Mais il y a égale­ment des raisons identitaires et culturelles. La situation économique difficile pousse à la recherche de boucs émissaires : des gens ont tendance à dire que c'est la faute des étrangers, des immigrants.

Le concept d'« Eurabie », voulant que l'Europe soit absorbée par la culture arabo-musulmane, revient de plus en plus dans le vocabulaire de l'extrême droite. Qu'en est-il ?

- Il part de la conscience du déficit démographique de l'Europe. Afin de contrer ce déclin, bien des économistes affirment qu'on a besoin des immigrants pour assurer un rajeunissement et une croissance de la population. Mais cette approche rencontre une forte opposition. On peut dire que la réaction est dirigée, en somme, contre la mondialisation, qui implique l'ouverture des frontières, la venue d'immigrants et la délocalisation des industries. En Norvège, par exemple, le nombre d'immigrants admis a presque doublé depuis 2005. Le pays compte maintenant 10 % d'immigrants. Et ça suscite des réactions.

Comment les partis d'extrême droite européens s'insèrent-ils dans le jeu politique ?

- Il y a des rapports ambigus entre la droite et l'extrême droite. En France, Nicolas Sarkozy, qui est de droite, dit qu'il veut empêcher la montée du Front national [FN] de Marine Le Pen. Or, certains membres du parti de Sarkozy forment un courant nouveau du nom de « droite populaire » et affirment vouloir s'allier avec le FN plutôt qu'avec la gauche. Pour des raisons idéologiques, mais aussi pour des raisons stratégiques. C'est également le cas en Hongrie. Le parti d'extrême droite Jobbik, qui a récolté près de 17 % des voix lors des dernières législatives, est carrément fasciste : ses membres portent des uniformes noirs, défilent, font des raids sur les Tsiganes et veulent la « Grande Hongrie ». Le gouvernement conservateur, dirigé par Viktor Orban, joue avec ce parti un jeu ambigu : il s'appuie sur lui en empruntant certains de ses thèmes, mais dans le but de lui couper l'herbe sous le pied. Cela se produit souvent dans les grands partis de droite qui ont sur leur flanc une formation politique plus radicale. Sous prétexte de lutter contre les extrémistes - parfois avec succès -, on adopte une partie de leur programme.

Extrême droite et violence vont-elles de pair ?

- En quelque sorte, oui. L'extrême droite se définit idéologiquement et sentimentalement par une nostalgie de l'exploit individuel, de la violence, et considère ses adversaires politiques comme des ennemis absolus. Peut-être ne faut-il pas trop associer les extrêmes droites actuelles au nazisme et au fascisme, mais dans l'entre-deux-guerres, le vocabulaire était fortement imprégné de la guerre, de la fraternité combattante, etc. Dans ces milieux, on entend souvent la formule inversée du grand penseur de la guerre Carl von Clausewitz : on ne dit pas que « la guerre n'est qu'un prolongement de la politique par d'autres moyens », mais bien que « la politique n'est qu'un prolongement de la guerre par d'autres moyens » !

À VOIR PAGE SUIVANTE :
Une carte de l'extrême droite en Europe >>

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Commentaires (6)

Soyez certain que ce qui se

Soyez certain que ce qui se passe en Angeleterre actuellement va renforcer l'Extrème droite européenne... Des immigrants qui saccagent des villes pour voler des ordinateurs, des télévisions ou des systèmes de son... quoi de mieux pour aiguiser les dents des "droitistes"... Je m'attends à un "balayage politique" en Europe occidentale...

«On peut dire que la réaction

«On peut dire que la réaction est dirigée, en somme, contre la mondialisation, qui implique l'ouverture des frontières (....) et la délocalisation des industries»

Ce qu'il y a de fascinant c'est de voir à quel point l'extrême-droite rejoint l'extrême-gauche. Et si ces deux groupes voyaient juste?

La crise économique actuelle c'est un peu l'échec de la mondialisation, mondialisation qui profite aux riches et aux tiers-monde (Chine, Brésil, Inde), mais qui se fait sur le dos de la classe moyenne occidentale qui perd ses usines, voit ses programmes sociaux coupés, et son voisinage envahit d'étrangers.

Dans ce texte on devrait

Dans ce texte on devrait remplacer extrême-droite par nationalisme.

Vous avez déjà lu le

Vous avez déjà lu le manifeste du Front national? Ou de ces équivalents espagnols? Vous avez déjà écouté Marine Le Pen?

Allez faire un tour sur leurs sites Web, leur idéologie extrême s'appelle le nationalisme (et je suis d'accord, comme Pierre Foglia, pour dire que c'est une idée extrême, haïneux et une idée dépassée).

Voyez aussi des extraits du débat entre candidats:
http://www.antagoniste.net/2011/04/11/le-front-national-et-lextreme-droite/

@Matthieu Avez-vous vraiment

@Matthieu

Avez-vous vraiment regardé leur programme? Si j'étais français, je voterais pour le FN n'importe quand.
Je vais en France depuis 40 ans et j'ai vu la situation se déteriorer au fil des années. Idem en GB. Idem en Belgique. Idem en Hollande. Idem au Danemark. Idem en Autriche. Et maintenant idem en Norvège, en Finlande et en Suède.

http://www.frontnational.com/?page_id=1095

Longtemps considérée comme « tabou », la question des flux migratoires est désormais considérée comme centrale par l’ensemble des observateurs économiques et politiques. Le mur du silence et du mensonge se fissure, même si l’opacité demeure la règle, en matière de surcoût et de statistiques de la délinquance, par exemple. C’est ainsi que la Cour des comptes relevait dans un rapport thématique publié en 2004 que « toute évaluation paraît impossible. Même le Parlement ne peut disposer d’éléments certains. Aucun ministère n’évalue précisément les dépenses qu’il effectue en faveur de l’accueil et de l’intégration des immigrants.»

L’ampleur des phénomènes induits par cette politique et l’accélération constatée ces dernières années apparaissent cependant très nettement en quelques chiffres qu’il convient de rappeler :

- 6 millions : c’est le nombre des nouveaux résidents installés en France depuis 20 ans (et non pas deux millions comme le prétendait, il y a peu de temps encore, l’INSEE).

- 400 000 à 500 000 : c’est le nombre officiel de nouveaux immigrés qui entrent chaque année sur le territoire national dont 300 000 en situation « régulière » selon l’OCDE.

- 40 millions : c’est le nombre d’immigrés extra-communautaires vivant sur le sol européen, selon un rapport du Parlement européen.

- 60 milliards d’euros : c’est le montant du déficit annuel dû à l’immigration si l’on se réfère à l’actualisation 2005 du rapport Milloz, jamais réellement contredit.

- 700 millions d’euros : c’est le coût annuel de l’Aide médicale d’État (AME) réservée aux étrangers en situation illégale.

- 25 % : c’est le taux moyen annuel de la population étrangère en milieu carcéral, un taux qui avoisine probablement les 70 % si l’on prend en compte toute la population d’origine immigrée.

- 5 % : c’est le taux d’étrangers qui entrent en France avec un contrat de travail, ce qui signifie que 95 % entrent sans.

- 50 % des bénéficiaires du RMI sont étrangers.

L’immigration est aujourd’hui d’origine planétaire. Elle peuple la France d’ayants droit pour qui, bien souvent, la seule affinité avec notre pays se limite aux avantages matériels qu’il leur procure. Cette immigration est poussée par le grand patronat pour qui elle est une délocalisation à domicile qui lui permet de compresser les coûts salariaux, et par la classe politique qui y voit une clientèle électorale facile. Aujourd’hui, les Français s’endettent pour financer des prestations sociales visant à répondre à la « misère du monde », avec pour conséquence les déficits permanents des comptes sociaux et les 2 000 milliards d’euros de dette publique qui menacent, à court terme, de faillite la Nation.

Il ne saurait évidemment être question pour nous, au moment où les faits nous donnent raison, où l’opinion publique se dessille et où nos adversaires tentent de s’emparer du problème sans pour autant y apporter de réponses, d’abandonner notre programme ni de lui en substituer un autre.

La mise en oeuvre d’une politique réaliste d’inversion des flux migratoires demeure pour le Front National une priorité comme doit l’être, une fois réalisé le préalable de l’arrêt de toute nouvelle immigration, la mise en oeuvre d’une nécessaire politique d’assimilation de ceux qui respectent nos lois et nos coutumes, acceptent les devoirs qui découlent des droits accordés, et considèrent la France comme leur Patrie, à l’exception de toute autre.

Tout à fait d'accord avec les

Tout à fait d'accord avec les idées du FN. J'ai quitté la France car je ne m'y sentais plus chez moi en raison de l'invasion des immigrants d'Afrique du Nord (surtout arabes) qui détériorent le pays, profitent du système, négligent leur scolarité et veulent ensuite des emplois payants et disent qu'on est raciste si on ne leur donne pas ce qu'il veulent ou si on ne les accommode pas. Bref, je me suis installée au Québec il y a 10 ans et malheureusement, ici aussi l'immigration des arabes augmente de plus en plus et représente 36% des nouveaux arrivants en 2010! Le pire c'est qu'à peine arrivés, ils connaissent tous les filons pour obtenir de l'argent et des aides sociales sans se fatiguer à travailler et le gouvernement est tellement mou leur donne se qu'on appelle des accommodements raisonnables... Si l'Europe n'y prend pas garde (et le Canada aussi) dans quelques années, nous serons des pays arabisés!!!

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