Monde »

Un labo nommé Berlin



2 Octobre 2009

Alors que l’Allemagne donne à la droite un mandat pour sortir le pays de la récession, sa capitale demeure un lieu d’expérimentation qui attire la jeunesse du monde entier !

Combien de villes dans le monde sont assez fantaisistes pour avoir une pizzeria « canadienne » ? Chez Ron Telesky, dans le quartier de Kreuzberg, il y a un canot sur la terrasse. Les clients s'y assoient pour déguster une part de Jacques Cartier (jambon, olives, roquette) ou de Wayne Gretzky (feta, salami, ail caramélisé). « C'est Ron qui a eu l'idée d'ouvrir cet endroit », lance le patron, Ole Schnack, en pointant la tête d'orignal au mur. Le sympathique trentenaire fabule, bien sûr, mais la clientèle adore cette histoire.


Le pizzeria Ron Telesky, dans le quartier Kreuzberg

Ah, Berlin ! Imaginative, frondeuse, libertaire : la capitale allemande chérit son mythe. Elle le surpasse aussi. On peut vivre en douceur dans cette courtepointe de 95 quartiers très divers. Et respirer : les 3,4 millions de Berlinois habitent un territoire grand comme huit Paris !

Comment décrire l'air de liberté qui souffle sur cette cité zen ? C'est arrivé il y a 20 ans. Comme une étoile au fond d'un siècle noir. Après avoir subi la dictature, la guerre et la division, Berlin a enfin vu poindre un espoir. Le 9 novembre 1989, des milliers de citoyens de l'Est se groupaient au pied du Mur. Tout l'été, ils avaient manifesté pour la liberté... Ce soir-là, ils ont réclamé le passage avec tant de conviction que les soldats, laissés sans consignes claires, ont fini par ouvrir les portails menant à l'Ouest. Les jours suivants, en pleurant de joie, les Berlinois ont mis la pioche dans les 160 km de béton qui fendaient la ville. La « révolution pacifique » était en marche.

En 1995, je vivais ma petite révolution à moi en débarquant dans la métropole pour un séjour d'études. La ville filmée par Wim Wenders dans Les ailes du désir avait déjà bien changé. Cinq ans après la réunification, elle gérait 1 000 chantiers en calculant frénétiquement la note. Dans ma chambre du quartier de Neukölln, tout juste à l'ouest du Mur disparu, je me salissais les mains matin et soir à alimenter l'antique poêle à charbon en céramique. Celui-ci a aujourd'hui été remplacé par un interrupteur électrique, m'a-t-on dit. C'est mieux pour la nature. Mais on n'a plus le romantisme noir qu'on avait !

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Commentaires (1)

...je suis au début d'une

...je suis au début d'une idée qui est de vivre à Berlin.
Je suis artiste peintre. Vos 4 pages m'ont intéressé et confirment ce que je savais déjà de ctte grande capitale des Arts.
Mon web site: http://jacksorgniard.canalblog.com
Merci
jacques

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