Conversations

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« Les francophones et les anglophones ne communiquent pas suffisamment au Québec. C’est comme s’ils parlaient deux langues complètement différentes! »

–Rick Blue, membre du groupe anglophone Bowser and Blue

Cela dit, nous parlons une troisième langue, ici au Québec, qui améliore la communication. C’est la langue «de l’étiquette», un genre spécial que vous trouverez rarement ailleurs dans le monde.

CAS 1:
Il y a deux semaines, un journaliste anglo très bilingue a fait une entrevue avec un policier de Montréal. Il a débuté en français, comme toujours, mais le policier a immédiatement offert de passer à l’anglais, considérant que l’entrevue serait publiée dans un journal anglophone.

Le journaliste a dit qu’il était heureux de parler en français, mais le policier lui a offert à nouveau de parler en anglais. Le journaliste a insisté pour dire qu’il était confortable en français et, finalement, le policier a amicalement cédé.

Vers la fin de l’entrevue, le policier a mentionné au passage qu’il avait grandi en anglais, qu’il le parlait couramment, en fait, qu’il était anglophone. Boum! Deux anglos venaient de parler exclusivement en français pendant 10 minutes.

C’est une situation qui se produit souvent dans la communauté anglo bilingue d’aujourd’hui.

CAS 2:
Deux de mes amis ont une amitié de longue date avec leur charpentier francophone, à qui ils ont toujours parlé en français par politesse.

Mais, depuis quelques années, leur charpentier leur parle toujours en anglais, aussi par politesse. Et pour s’assurer que mes amis comprennent (peut-être aussi pour lui permettre de pratiquer son anglais?).

And so it goes. Ce francophone a renoncé à parler français à mes amis anglophones et ceux-ci ont évité de lui parler en anglais. Et ça, je trouve que c’est quelque chose de très beau, parce que chacun montre un respect pour l’autre.

Encore une fois, je pense que vous ne trouverez pas ce genre de conversations bizarres dans beaucoup d’autre pays.

Cet aussi un changement énorme. Il y a 30 ans, les anglophones s’exprimaient largement en anglais et les francophones largement en français.

CAS 3:
Une réunion dans une entreprise de films se déroule dans un nouveau style linguistique qui devient de plus en plus populaire.

La langue officielle de la réunion est le français et le président est un francophone, mais les anglos sont libres de parler dans leur langue maternelle pendant que les francos parlent la leur.

Quelqu’un suggère une idée en français, un autre répond en anglais, puis un autre en rajoute, en français ou en anglais. And so it goes, un mélange des deux langues sans traduction – sauf si quelqu’un en a besoin.

Ça sauve du temps et évite la monotonie de traduire chaque phrase, comme par le passé. Et ça permet à chaque personne d’exprimer ses idées avec toutes leurs forces et leurs nuances.

« Nous obtenons le meilleur de chaque personne», me dit l’un d’eux. «C’est toujours plus facile de comprendre dans une deuxième langue que de s’exprimer. Ça fait de meilleures rencontres.»

Je sais que des réunions comme ça se passent maintenant dans certaines entreprises, dans les facultés des universités et même dans certains bureaux gouvernementaux.

C’est très québécois,  je pense. Un genre de language-switching poli et efficace, qui reflète nos vies.

CAS 4 :
Je connais une femme anglophone de 87 ans qui ne parle pas du tout français, comme beaucoup d’autres de sa génération. Elle a grandi à une époque économiquement difficile et elle était la première dans sa famille à terminer l’école secondaire. Mais elle n’avait pas pour autant une compréhension acceptable du français.

Plusieurs années plus tard, quand René Lévesque a pris le pouvoir, cette femme a éprouvé beaucoup de sympathie pour les aspirations des Québécois francophones. Elle a alors pris des leçons de français. Mais elle était déjà dans la cinquantaine et n’arrivait pas à apprendre la langue.

Aujourd’hui, elle vit en plein centre-ville de Montréal et, quand elle fait ses courses, elle commence toujours avec un bonjour amical, avant d s’excuser et de continuer en anglais. « Bonjour ! Excusez-moi, but I’m a little old lady and I don’t speak French. Can someone please help me » ?

Au fil des ans, elle n’a pas eu une seule mauvaise expérience. Des francophones de tous  âges ont poliment fait de leur mieux pour l’aider en anglais, ne serait-ce qu’avec la langue des signes.

La génération de cette femme va disparaître éventuellement, comme les dinosaures culturels, mais leur habileté à vivre facilement ici est un testament aux gens ordinaires qui trouvent une façon de communiquer et de vivre ensemble amicalement et généreusement,

Je viens de lire un article dans Le Journal de Montréal au sujet d’une journaliste de Vancouver qui a vécu des semaines ici uniquement en anglais.

La plupart des gens qu’elle a rencontrés ont commencé leurs conversations avec elle en français, mais ont changé à l’anglais quand ils se sont aperçu qu’elle était une visiteuse unilingue qui ne parlait pas le français.

Cela ne me surprend pas. Je pense que c’est la marque d’une ville très civilisée et sophistiquée, qui sera en mesure de mieux faire face au monde. Même si pour trouver un emploi ici, on a besoin de parler français. Et on devrait tous le parler.

Les politiciens et les médias font toute une histoire de chaque petite confrontation ou division entre les communautés linguistiques. Mais chaque jour, des centaines de milliers de gens agissent avec civisme envers leurs concitoyens.

Je termine avec cette vieille blague que se racontent les Anglo-Québécois :

Comment appelez-vous quelqu’un qui parle trois langues ?
- Une personne trilingue.

Et quelqu’un qui parle deux langues ?
- Un personne bilingue.

Et quelqu’un qui parle une seule langue ?
- Un Américain.

37 commentaires à propos de “Conversations

  1. Cas 1
    Voyons donc! Vous ne me verrez jamais parler 10 minutes en anglais, espagnol ou italien avec un Québécois! En moins d’une minute, m’a lui dire: t’es québécois toé?

    Au fait: votre chronique, vous l’écrivez dans quelle langue? (je parie que vous l’écrivez en français et que quelqu’un la traduit)

    PS: Quelqu’un qui ne parle qu’une seule langue? Un vérificateur général du Nouveau-Brunswick.

  2. M. Freed,
    Pensez-vous que l’entraîneur du Canadien, M. Randy Cunneyworth, va avoir le temps (et la volonté…) d’apprendre quelques mots de français avant de quitter Montréal? Est-ce normal qu’un bon Canadien-anglais comme lui, élevé dans l’ère Trudeau, ne soit pas capable de dire deux mots en français? Il semble que pour lui, parler français est aussi important dans sa vie que de parler le tamoul ou le swahili. A-t-il été à l’école longtemps? Quand il était adolescent, n’a-t-il pas jeté un coup d’oeil sur les boîtes en mangeant ses céréales le matin?
    Merci de me répondre.

  3. L’émission Enquête hier soir à RC
    Ils ont rencontré les parents des 3 graphiteurs du West Island tués par un train l’an passé dans un tunnel.
    Le père, au nom français, parle avec un accent anglais.
    Les deux mères anglophones ne parlent pas du tout français!!!
    Montréal 2012
    M. Freed, on ne vit pas dans le même Québec

    http://www.radio-canada.ca/emissions/enquete/2011-2012/

  4. Ah M. Freed je vous adore.

    C’est bien comme ça que je vis. Mon mari est anglophone bilingue, je suis francophone bilingue avec espagnol en option :).

    Laissons les grincheux se battre entre eux et nous, gens de bonne volonté, vivons ensemble.

  5. Le cas 3 me met mal à l’aise… Il devrait y avoir une seule langue de travail dans le Québec. Si quelqu’un (comme ma blonde) est plus à l’aise en espagnol, puis en français et finalement, en anglais, il faudrait la laisser s’exprimer en castillan pour qu’elle puisse bien détailler sa pensée ? Les Québécois doivent se résoudre à parler anglais pour faire des affaires avec presque n’importe qui en dehors de la nation. Ça demande un effort pour les anglophones d’adopter la langue de travail, mais c’est un peu ce que ça signifie d’être une minorité…

  6. « Et quelqu’un qui parle une seule langue ?
    - Un Américain. »

    Non! Ce sont les Canadiens anglos du ROC.

    Les Américains ont toujours été obligé d’apprendre une deuxième langue et n’ont pas de hargne envers d’autres langues contrairement à bien des Canadiens ROCquois.

  7. Je me doute un peu du genre de milieu dans lequel vous évoluez cher Josh; mais dans le vrai monde, c’est à dire dans le monde ouvrier, le monde du commerce, des affaires et des services, vous feriez figure de bisounours (comme disent nos cousins Français).

    Ça se passe en anglais d’abord Josh. Revenez sur terre. Ces situations sont bien « cute » mais pour les généraliser, il faudra bien vous ateler !

    J’en suis arrivé au point où j’affirme à qui veut m’entendre que je me suis mis à la dure tâche de perdre mon anglais. Les choses seraient plus claires. Comme le disait feu Jean Marchand, il faut que le Québec soit aussi français que l’Ontario est anglais. Autrement c’est la floklorisation à plus court terme que moyen.

    Anecdote:
    Un chauffeur de taxi haïtien nous amème un client qui ne parle pas français; nous le recevons en français comme il se doit et le bon chauffeur s’improvise traducteur pour la transaction. Je m’informe de la provenance du client, le chauffeur traduit; il répond qu’il vient de New-York, je bifurque en anglais et le renseigne sur la nature de la transaction; le chauffeur traduit encore mais cette fois de l’anglais au français. Le client est interloqué; la conversation se poursuit dans le même sens pour une minute ou deux devant un client qui se voit traduire des informations dans une langue qu’il comprend vers une langue qu’il ne comprend pas; le gars hésite entre le fou rire et la discrète reconnaissance envers son chauffeur très bilingue et serviable, et qui finit, au bout d’un certain temps, par comprendre le ridicule de la situation.

    Le tout finit dans l’hilarité générale.
    NB: Si le client s’était dit Montréalais, j’aurais laissé le chauffeur faire sa BA quotidienne. Mais j’avoue que malheureusement, je ne suis pas le Québécois typique. D’où mon pessimisme pour l’avenir du français au Québec. La seule voie viable est l’indépendance au pc.

    J’espère que vous serez des nôtres pour célébrer.

  8. Je n’arrive pas vraiment à voir où vous vous en allez avec cette chronique. Vous êtes comme en train de vouloir nous convaincre comme c’est donc beau d’être bilingue. Être polyglotte c’est meilleur vous savez.

    Mais nous ne sommes pas dupes. Le bilinguisme au Canada, c’Est pour accomoder les anglais.

    Je me demande sérieusement quelle est la part d’angélisme dans votre propos. Moi ce que les gens que je connais m’ont rapporté, ce n’est pas tout à fait le beau dialiogue mutuel empreint de respect que vous observez dans semble-t-il plusieurs compagnies à Montéal.

    Ce que les gens ont vécu et vivent encore, cest que le gars arrive mettons de Toronto et même parfois simplement du «West island». Il ne comprends ni ne parle un seul maudit mot de français, et les 7 ou 8 ou 10 canadiens français qui sont dans la réunion doivent parler en anglais… C’est ça la réalité monsieur Freed.

    Il est certain que si je rencontre une vieille dame je vais faire mon possible pour l’accomoder. Et j’imgine que l’inverse devrait être vrai aussi. Bien que de façon générale, ce sont les francophones qui ont étéconditionnés à se fendre en quatre devant l’incompétence lingustique des anglais. Et surtout devant leur intransigeance.

    Vous pouvez faire comme si cela n’existait pas si vous voulez. Mais dans l’inconscient collectif des deux peuples, il y a ça en filigrane : We won d’un bord, on a perdu de l’autre.

    Et ça se traduit par une attitude qui parfois frôle l’arrogance d’un bord, et la servilité de l’autre.

    Moi quand je dois aller à Môrial, je n’acepte pas de parler anglais. Je ne parle anglais que quand c’est nécessaire, c’est-à-dire quand je suis à l’étranger, aux USA ou au Canada…

    À propos de votre bonne blague, moi mon expérience de quelqu’un qui ne parle qu’une seule langue, c’est : tout le personnel de l’ensemble des services que j’ai du cotoyer à l’aéroport international de Toronto le 3 octobre de l’an dernier.

    Tous sans exception. Même qu’à un moment donné une douanière cherchait à trouver quelqu’un capable de traduire en français pour un voyageur de notre groupe qui ne parlait pas anglais…

    comment vous trouvez ça monsieur Freed ?!

  9. Oui, je suis d’accord, M. Bélanger

    Je pense que le coach des Canadiens doit parler français.

    Il y a beaucoup de personnes en Québec qui ont grandi autrefois sans bien apprendre le français – mais ils ne doivent pas devenir coach des Canadiens, à mon avis.

    Doc — j’écris mes blogues pour L’actualité toujours en français (c’est du travail, j’admets) mais comme tous les écrivains avec un peu de bons sens, j’ai aussi un bon éditeur.

    Aussi, si vous et d’autres lecteurs voulez que Montréal devienne plus français, il y a seulement une vraie solution – il faut que les francophones cessent de quitter cette belle ville et reviennent en grand nombre pour aider a faire épanouir le français.

    Et j’espère qu’ils le feront.

    Josh Freed

  10. @M. Freed

    L’exode vers les banlieues est un phénomène nord-américain. Partout, les classes moyennes désertent les centres-villes pour les banlieues. Les centres-villes sont habités par les pauvres et les minorités, les banlieues par les Blancs des classes moyennes.

    Montréal n’échappe pas au phénomène. Et le West Island est la version anglophone de cet exode.

    Ce qui anglicise Montréal c’est l’arrivée massive d’immigrants qui ne parlent pas français (plus de 20,000 par année) et qui n’apprennent pas le français parce qu’ils peuvent vivre en anglais. Tout le problème est là. Les Indiens, les Pakistanais, les Tamouls, les Chinois, les Coréens, les Philippins, les Russes, les Iraniens, les Irakiens, les Jamaicains, les Nigérians, les Américains et les Canadians débarquent ici, ne parlent pas français, et ne l’apprennent jamais.

    La Loi 101 n’a aucun effet sur eux.

  11. Renée Lévesque à un jour dit qu’il souhaitait que Montréal soit aussi francophone que Toronto était Anglophone. À mon avis se serait un vrai drame. Je n’en ai rien à cirer si les Torontois ne parlent pas le Français, c’est leur perte et non la mienne. L’unilinguisme est une pauvreté, peu importe dans quel endroit et à cet égard je crois bien que le ROC et le RDQ (reste du Québec) sont plus pauvre que Montréal. C’est leur perte, pas la mienne et c’est la raison pour laquelle je ne voudrais pas m’installer ni à Québec ni à Toronto.
    Si vous lisez les journaux, vous entendrez parler des recherches qui sont faites sur les bienfaits du bilinguisme, d’une intelligence accrue, à un esprit plus analytique en passant par le repoussement des effets de l’Alzheimer de 5-6 ans. Perdre 5-6 ans de ma vie que pour faire le contraire de ce que mon voisin parce que je ressens dans mon petit et insécur intérieur qu’il ne me respecte pas… je suis désolé mais ça n’en vaux vraiment pas la peine.
    En passant, je travail dans une firme de génie conseil à Montréal et je suis souvent témoin des situation que décrit M. Freed. D’une semaine à una autre j’ai travaillé pour une entreprise Française (un contrat obtenu à Toronto mais qu’ils ont finalement été obligé de nous refiler) et pour une firme Britannique. Il n’y a que Montréal qui peut fournir un tel service.

  12. En passant M. Freed,
    Il ne suffit pas de demander au Francophones de retourner vivre à Montréal. Ça n’est pas un « choix de vie » autant que l’on pourrait le penser.
    Je suis un jeune professionel (moins de 30 ans) avec un salaire de plus de 60K $/an. La plupart de mes amis dans cette situation sont tous bilingues puisqu’ils répondent mieux au demandes du marché (je ne connais aucun unilingue francophone ou anglophone dans cette situation, c’est pratiquement impossible). Le résultat étant qu’ils peuvent se payer des condos dans le plateau ou dans le vieux-montréal alors que les francophones (et les anglophones qui ne maîtrisent pas bien le Français) doivent quitter l’île pour continuer à offrir le niveau de vie qu’ils veulent offrir à leurs enfants.
    La bilinguisation de Montréal est dans ce sens inévitable, elle va de paire avec la croissance économique de la ville. C’est un fait, tout simplement.

  13. Je suis une franco-ontarienne qui vit à Ottawa, mais qui est originaire du Nord de l’Ontario. J’ai souvent connu des situations à peu près identiques à celles décrites, mais à l’inverse (une francophone minoritaire qui transige avec une majorité anglophone qui devient de plus en plus bilingue). En fait, beaucoup d’anglophones de ces régions ont fait beaucoup de chemin dans les 30 dernières années. On retrouve encore de l’intolérance, mais dans la majorité des cas il s’agit de gens qui ont très peu de contacts avec les francophones (par exemple, le coin des Orangistes de Peterborough).

  14. Monsieur Freed,
    Je tiens d’abord à dire que j’apprécie au plus haut point le canal de communication que l’Actualité offre entre les anglos et les francos par votre intermédiaire.
    L’accueil et la politesse québécoise est effectivement reconnue par les visiteurs étrangers. Cela dit, vous énumérez quelques cas très «cute» de politesse d’anglophones. Ce n’est pourtant pas ce que j’observe au quotidien. Je ne nommerai qu’un exemple pour faire court : Allez faire des achats, disons au Carrefour Laval, entrez dans une boutique et comptez en 15 minutes la quantité de clients qui s’adressent en anglais au personnel. Ce ne sont pas de vieilles femmes de 80 ans, sûrement pas tous des touristes et nous ne sommes pas dans une réunion d’une entreprise privée. Nous avons seulement affaire à des «Américains» comme vous dites… Ce qui est le lot d’une majorité d’anglos québécois selon-moi.

  15. Je suis un peu insulté par quelques commentaires qui parlent des Québecois comme si on étaient seulement des francophones. Je suis Québecoise et ma lagne maternelle est l’anglais.

    Exemple: « Vous ne me verrez jamais parler 10 minutes en anglais, espagnol ou italien avec un Québécois! » -Doc

    Un Québecois peut être anglais, français, espagnol, etc.

    Exemple: « Les Québécois doivent se résoudre à parler anglais… » -C. Migalos

    Pourquoi pas dire, les francophones doivent se résoudre à parler anglais…

    Je sois Québecoise et anglophone alors cette phrase n’a pas de sense pour moi.

    Finally, to Josh and others who don’t believe it, it is exactly as you describe at my work place, everyone speaks in French or English or both in meetings.

    I also have spoken French to English people VERY OFTEN. I detect an English accent on some word and will switch to English or continue in French…whatever, it’s just not a big deal.

  16. @ M. Couture,

    « Allez faire des achats, disons au Carrefour Laval, entrez dans une boutique et comptez en 15 minutes la quantité de clients qui s’adressent en anglais au personnel. Ce ne sont pas de vieilles femmes de 80 ans… »

    Franchement! Des anglophones! Il faudra vraiement les arrêter de parler anglais en publique. Quelle horreur!

  17. Laurie, tout ce que je disais c’est que tous les Québécois doivent parler anglais pour faire des affaires en dehors de la province (même les anglophones, plus facile pour eux, tant mieux). De la même façon que l’anglais est la langue des affaires à l’échelle globale, on devrait avoir une langue commune locale au Québec.

  18. @laurie

    «Un Québecois peut être anglais, français, espagnol,»

    N’importe quoi! Ce que vous écrivez c’est n’importe quoi!

    Est-ce qu’on dit qu’un Polonais peut être anglais, français, espagnol?

    Est-ce qu’on dit qu’un Japonais peut être anglais, français, espagnol?

    Vous êtes en plein délire trudeauiste!

    Un Québécois c’est quelqu’un qui parle français comme un Québécois. Point à la ligne. Quand j’entends quelqu’un parler français avec cet accent je sais immédiatement qu’il est québécois. S’il parle en anglais ou en espagnol (je parle les deux couramment), je reconnais 99 fois sur 100 l’accent québécois. Alors vous ne verrez jamais parler en anglais pendant 10 minutes avec un Québécois. Impossible.

    Si vous êtes anglophone, vous êtes Canadian, Américain, Brit, Aussie ou Kiwi. Si vous êtes hispanophone, ben vous êtes Mexicain, Chilien, Argentin ou Espagnol. Mais certainement pas québécois. Faut pas prendre des vessies pour des lanternes.

  19. Le bilinguisme
    J’ai travaillé 30 ans au Métro de Montréal en tant que mécanicien de bâtiment quand un touriste canadien ou américain me demandais un renseignement, je leur répondais dans leur langue parce qu’il m’abordait souvent avec un « bonjour je ne parle pas français », mais nos fameux anglophone de Montréal eux c’est une autre histoire leur arrogance et leur supériorité envers nous me faisait un peut chier, alors quand il me demandait un renseignement en m’abordant en anglais sans même te demander si tu parle anglais j’étais beaucoup frustré
    Je suis un enfant née de père anglophone et de mère francophone alors je maitrise les deux langues. Mais lorsqu’on m’agresse de cette façon je leur répondais en français que je ne parle pas anglais et j’étais la cible d’insultes. Une journée à la station Lionel Groulx, une femme très bien vêtue et d’un très belle classe me demande quel autobus prendre pour telle direction alors je lui dit très poliment que je ne parle pas anglais alors c’est parti, elle prend l’escalier mécanique vers la sortie qui est bondé de monde et me crie à tue tête que je suis un imbécile et que je devrais parlé anglais car je travaille dans le public et que je suis un « fuck in frenchmen et fuck frog et un fuck stupid », je fais semblant de ne pas comprendre mais assez c’est assez alors je lui dit dans sa langue maternelle que c’est vraiment elle qui est stupide et alors elle crie qu’elle savait que je parlais anglais, à ce moment là j’ai décidé d’adopter une autre façon de faire. Quand quelqu’un m’abordais en anglais je l’écoutais et je lui répondais en français. J’appelais cela le bilinguisme et cela a marché, ceux qui ne comprenais pas n’osait pas me le dire et quittait les lieux et ceux qui comprenaient étaient très heureux de ne pas avoir à parler français.
    A tous les québécois francophones bilingues prenez ceci comme exemple alors on pourra dire que notre province est bilingue

  20. @Roger Collin

    Avez-vous écouté l’émission «Testé sur des humains» lundi soir à TVA?

    La comédienne joue le rôle d’une agente de stationnement qui donne de faux billets de contravention à des automobilistes supposément mal garé pour tester leurs réactions. Une Anglo sort en colère et vient l’engueuler. En anglais seulement. Pas un mot de français. C’est une orgie de gros mots anglais, les mêmes que ceux que vous citez

    M. Freed ne vit pas dans le même Québec que nous!

  21. @Laurie
    Je suis bien d’accord avec vous en ce qui concerne l’identité québécoise. Peu importe l’origine ethnique et la langue maternelle de la personne, tu es québécois lorsque tu as la citoyenneté, que tu habites la province ET que tu parles couramment le français.
    Par contre, lorsque je suis allé en voyage en Italie, j’ai appris quelques mots d’usage en italien pour m’adresser au commis d’une épicerie, à l’hôtelier ou à tout autre citoyen que je devais aborder. Si je devenais citoyen italien, j’apprendrais la langue dans les plus brefs délais pour l’utiliser dans mes contacts avec les autres. Cela dit, il est tout à fait normal (et même souhaitable) d’utiliser une 2e ou 3e langue dans mes relations personnelles. (Durant vos conversations sur l’intolérance des francophones avec votre conjoint par exemple). Vous pouvez même faire cela durant votre dîner au Carrefour Laval. Je me joindrai à vous pour débattre. En tout respect bien sûr.

    @Doc
    Désolé, mais vous êtes dans le champ…

  22. @Doc

    Je suis Québecoise et je suis anglophone. Tu n’aimes pas ça? Too bad, c’est la réalité. Je suis née au Québec, mes parents, grands parents, arrières grands parents, etc. Je suis aussi Québecoise que tu es Québecois.

  23. @Doc: mais d’où vient votre rancune pathologique? D’abord, votre qualification d’un Québécois comme étant quelqu’un qui ressemble aux descendants de blancs Canadiens-Français catholiques me parait non seulement désuet mais bien une lubie. Le Québec n’a jamais été une province homogène, alors qu’on s’habitue au fait qu’un Québécois, c’est aussi un anglophone, un noir à l’accent tantôt jamaïcain tantôt créole, un roumain, et même un français qui débarque chez nous et décide d’y rester.

    D’abord votre notion voulant qu’un Québécois ne peut pas parler anglais revêt votre propre hargne et insécurité, lesquelles font carburer les perdants sempiternelles style Vigile de ce monde. Et de grâce, soyez sage et dites « Canadien » et non pas « Canadian » comme les grosses gueules séparatistes endurcies. Que vous l’aimiez ou non en tant que séparatiste hystérique, jusqu’à nouvel ordre, on se partage le gros parapluie canadien. Donc un peu de respect envers nos concitoyens.

    @Roger Collin:
    Dommage que vous vous insurgiez, et encore que l’on doive s’excuser de ne pas parler français lorsqu’on s’adresse à vous pendant vous exercez vos fonctions, comme si c’était une tare impardonnable. Dans le contexte d’un continent à majorité anglophone, d’un pays anglophone à 80%, d’une province certes à majorité francophone, et de notre ville effectivement bilingue, votre frustration, surtout en tant qu’enfant de coupe mixte, serait-elle due à un conditionnement quelconque?

    @Carlos Migalos:
    à quoi bon avoir une SEULE langue commune qui diffère de celle de tous nos voisins? Ne voyez-vous pas le flou dans un tel argument? À mon avis, mieux vaut avoir deux et préconiser des échanges facilités sur la base d’un bilinguisme (au moins passif) de tous.

    @Marco Couture:
    Est-ce que c’est le fait qu’il soit possible de se faire servir au Carrefour Laval en anglais qui vous chicote, ou bien le fait que certains clients préfèrent se faire servir dans la langue qui leur convient le plus?

    @Gabriel:
    Je fais partie du même groupe socio-démographique que toi. Je vis exactement la situation que tu décris. Au quotidien. Et je partage tes mêmes attitudes concernant la beauté du bilinguisme qui caractérise (et qui doit caractériser) notre réalité. Hourra! et bonne continuation.

  24. @Apparatchik

    Faudrait que quelqu’un vous explique la différence entre le Québec et les Québécois, le Canada et les Canadians.

    Céline Dion vit aux États-Unis. Est-ce qu’elle est américaine? Luc Plamondon vit en Suisse. Est-ce qu’il est suisse? Pourquoi qu’ils ne sont ni américain ni suisse? Parce qu’ils sont québécois.
    Ils vivent dans un pays qui n’est pas le leur.
    Ils travaillent à l’étranger, paient leurs impots à l’étranger, mais n’ont pas cessé d’être québécois. Ils vont l’être jusqu’à leur mort. On ne change pas d’itentité nationale, une fois l’adolescence passée.

    On peut habiter un territoire sans nécessairement faire parti du peuple de ce territoire.
    On peut habiter le Québec sans être québécois. C’est le cas de 2 millions de personnes, comme M. Freed.Comme vos Jamaicains ou vos Roumains. Est-ce que Lucian Bute est québécois? Come on! Bute est roumain. Comme Nadia Comanence qui a aussi vécu à Montréal.

    On peut habiter le Canada et ne pas être Canadian. C’est le cas de 15 millions de personnes, dont moi. Dont Jean Chrétien. Dont Stéphane Dion. Dont Denis Coderre.

    Chrétien, Dion, Coderre, si fédéralistes soient-ils ne sont pas canadians. Sont québécois.

  25. @Doc:

    Vous êtes clairement victime de votre propre délire ethnonationaliste recroquevillé. Un pays, c’est beaucoup plus que sa vieille souche d’origine. Une majorité des blancs aux États-Unis sont d’ascendance allemande. Les noirs en font-ils moins partie du fait de ne pas avoir été aux pays depuis sa fondation? Le dernier venu dans une famille en fait-il moins parti que le premier?

    Un Québécois, c’est quelqu’un qui habite le Québec. Canadiens-Anglais, Canadiens-Français, et d’autres immigrants arrivés plus récemment sont *tous* des Québécois, cher Doc, n’en déplaise à votre définition étroite et exclusiviste. Même indépendant, vous devrez concéder que plus du cinquième des habitants d’un Québec-pays hypothétique pourront légitimement s’appeler des « Québécois ».

    Si vous n’en êtes pas d’accord, je peux vous dire que je ne voudrais rien savoir de votre pays hypothétique où la « majorité » ferait preuve d’autant de chauvinisme à l’égard des « autres ».

    Heureusement que pour l’instant, notre pays (le Canada) n’aurait jamais le culot d’exclure qui que soit pour le seul motif d’appartenir à la « mauvaise » ethnie ou groupe culturel. Le Canada, ça inclut le Québec.

    C’est bien vous qui êtes complexés. Et un complexe, ça se soigne.

  26. Apparatchik, vous mêlez l’anglais, langue d’identité et de culture de nos voisins et d’une partie des Québécois et l’anglais, outil formidable de communication entre personnes qui ne parlent pas le même langage. Les Québécois doivent se résoudre à l’anglais pour faire des affaires EN DEHORS de la province et la connaissance de cette langue-outil est très utile, parfois essentielle.

    De la même façon, les minorités linguistiques du Québec (incluant les anglophones) doivent accepter le français comme langue de travail et langue d’échange À L’INTÉRIEUR de la province. Il ne s’agit pas de convertir les minorités en francophones, mais bien de se servir du français comme élément de cohésion pour tous les Québécois (le français comme langue-outil à l’échelle nationale).

    À mettre les deux langues sur le même pied, on met les deux pieds sur notre langue. De dire que les deux langues s’équivalent, c’est s’assurer que la langue dominante va prendre le dessus (p. ex. le catalan et la langue basque qui sont en constant déclin).

    PS : vous ne trouvez pas les débats beaucoup plus civilisés sur les forums francophones ? ;)

  27. @Apparatchik
    La personne qui ne connait pas le français et qui se prétend québécoise à tout faux. On s’entend probablement tous là-dessus. Si tu sais parler français et que tu t’arranges pour te faire servir en anglais au Québec… je trouve cela irrespectueux. Si c’est un touriste ou un nouvel arrivant, je vais me plier en quatre pour communiquer dans toutes les langues que je connais.

    @Doc
    Arrête, tu t’enfonces

  28. >Apparatchik, vous mêlez l’anglais, langue d’identité et de culture de nos voisins et d’une partie des Québécois et l’anglais, outil formidable de communication entre personnes qui ne parlent pas le même langage.

    Pas tant que ça. Si c’est bon pour le septième des gens de chez nous, du continent entier, et partout ailleurs dans le monde, il me semble qu’on devrait mettre à profit notre situation linguistique et ne pas se transformer en baveux « allergiques » à l’anglais.

    > Les Québécois doivent se résoudre à l’anglais pour faire des affaires EN DEHORS de la province [...]

    Foutaise. L’anglais fait tout aussi légitimement partie du tissu Québécois. Cette abnégation légitimée par un demi-siècle d’archi-nationalisme Canadien-Français doit éventuellement être vue pour ce qu’elle est: une stérilisation organisée et coordonnée d’une communauté rivale ainsi qu’un nettoyage ethnique à long terme parrainé par l’État.

    > De la même façon, les minorités linguistiques du Québec (incluant les anglophones) doivent accepter le français comme langue de travail et langue d’échange À L’INTÉRIEUR de la province.

    Tant qu’à moi, les deux grandes communautés linguistiques de cette province et de ce pays doivent arrêter de feindre l’inexistence de l’autre. Le fardeau est d’autant plus grand chez nous car nous ne représentons même pas 2% de l’Amérique du Nord.

    > Il ne s’agit pas de convertir les minorités en francophones, mais bien de se servir du français comme élément de cohésion pour tous les Québécois.

    C’est un jugement de valeur que je balaie du revers de la main. Moi j’aime bien faire partie de conversations où chaque locuteur, passablement bilingue, a le libre choix de s’exprimer dans la langue qui lui convient. J’en veux à ceux, anglophone comme francophone, qui voudraient que ce soit autrement.

    >le français comme langue-outil à l’échelle nationale

    D’accord. comme UNE langue-ouil à l’échelle panquébécoise et pancanadienne. Mais certainement pas la seule.

    > À mettre les deux langues sur le même pied, on met les deux pieds sur notre langue. De dire que les deux langues s’équivalent, c’est s’assurer que la langue dominante va prendre le dessus.

    Un beau jeu de mots, certes, mais aussi de l’anglophobie à peine voilée. Allez consulter la situation linguistique de Malte, là où plus de gens parlent le maltais aujourd’hui qu’à toute autre période dans l’histoire de ce pays, tout en constatant que le nombre de locuteurs d’anglais et même d’italien (qui depuis 1934 n’est plus une langue officielle de ce même pays) a lui aussi augmenté en même temps. Quand on veut, on peut.

    > vous ne trouvez pas les débats beaucoup plus civilisés sur les forums francophones ?

    Pas nécessairement. Et je les trouve beaucoup plus susceptibles à une pensée de groupe nationaliste, par contre.

    > La personne qui ne connait pas le français et qui se prétend québécoise à tout faux. On s’entend probablement tous là-dessus.

    Détrompez-vous; c’est comme dire que la personne qui ne connait pas l’anglais et qui se prétend canadienne l’est aussi, une notion que je ne cautionne pas. Les deux groupes fondateurs de ce pays se disputent cette filière depuis trop longtemps; mieux vaut se consacrer à parler suffisamment bien les deux langues et poursuivre sa propre vie.

    >Si tu sais parler français et que tu t’arranges pour te faire servir en anglais au Québec… je trouve cela irrespectueux.

    Quant à moi je n’y vois rien d’irrespectueux. Inutile de façonner de nouvelles normes d’étiquettes afin de rendre doucement étranger ce qui est tout aussi indissociablement natif à notre histoire et notre présent. Ce sont plutôt des sépulcres blanchis qui tiennent et répètent des propos comme le vôtre que je trouve irrespectueux et toxiques.

    > Si c’est un touriste ou un nouvel arrivant, je vais me plier en quatre pour communiquer dans toutes les langues que je connais.

    Moi aussi. La seule différence, c’est que je ne m’en féliciterais pas (sur un blogue, en plus!) d’agir tout comme le ferait n’importe quel autre humain moindrement sensible et éveillé.

  29. @apparatchick

    «Le Canada, ça inclut le Québec»

    Vous voulez rire? lol
    Ca fait 30 ans ce mois-ci qu’on s’est fait sortir du Canada!
    Ca fait 30 ans qu’ils ont changé la loi de base du Canada sans l’accord du Québec.
    Dans votre beau Canada, le chef d’État est la reine d’angleterre! Elle trône sur toutes vos pièces de monnaie (au moins on va se débarasser des cennes noires…)
    Dans votre beau Canada, votre gouvernement a eu le support d’à peine 16% des électeurs du Québec qui ont été votés. Et 10% des électeurs inscrits. A peine 5 comtés sur 75
    Dans votre beau Canada, votre gouvernement a menti sur les F35, menti sur Kyoto, menti sur les pensions à 67 ans.
    Faites moé rire avec votre beau Canada.

  30. Josh Freed, je vis exactement dans le Montréal que vous décrivez: « une ville très civilisée et sophistiquée ». Je reconnais tous les cas que vous nous soumettez.

    J’ai aussi mon CAS 4: une vieille anglophone et ses amies sont derrière moi dans une file d’attente au cinéma X-Centris. Elle avait sûrement 80 ans et ressemblait à ce qu’on s’imagine des vieilles dames de Westmount. Pour je ne sais plus trop quelle raison, nous avons commencé à échanger. Je crois qu’elle voulait savoir l’heure du début du film. Je lui ai répondu en anglais puis… par réflexe que j’ai toujours… avec un sourire engageant, doucement, en français (genre « je suis certaine que vous pouvez le comprendre. Peut-être que vous avez oublié mais voilà, on dit 8 heures ».)

    Nous avons continué d’échanger, cette fois sur le film et le réalisateur. Par bouts en anglais, par bouts en français. Et plus le temps avançait, plus c’était en français et je la sentais tellement heureuse de sa « performance ». Et moi, je me sentais heureuse d’avoir aidé cette femme à marcher dans un chemin qu’elle n’empruntait pas souvent. Ses amies nous jetaient des regards complices et amusés.

    Parler français à Montréal passe aussi par la perche tendue, l’oeil bienveillant et le goût mutuel de connaître l’autre.

  31. @Apparatchik

    > Si c’est bon pour le septième des gens de chez nous, du continent entier, et partout ailleurs dans le monde…

    M’avez-vous simplement lu ? j’ai dit que de connaître l’anglais pouvait être essentiel.

    > Foutaise. L’anglais fait tout aussi légitimement partie du tissu Québécois.

    Tout aussi légitime, oui. Tout aussi important, non. Des universités et des hôpitaux anglophones financées par l’État, beau nettoyage…

    > C’est un jugement de valeur que je balaie du revers de la main.

    Vous parlez le yaghnobi avec vos amis et vos collègues si ça vous plaît. Je suis moi-même très heureux d’utiliser d’autres langues pour approfondir des conversations. Cependant, je ne peux pas exiger à mes amis d’apprendre l’espagnol pour qu’ils comprennent les nuances de ma copine hispanophone. Il faut alors une langue commune (de même pour le milieu de travail, etc.). Vous croyez que ce peut être l’anglais et le français de façon interchangeable ? Je crois qu’il ne peut vraiment y en avoir qu’une, du moins à moyen et long termes… Et oui, tout en ayant un haut taux de connaissance de l’anglais.

    > Tant qu’à moi, les deux grandes communautés linguistiques de cette province et de ce pays doivent arrêter de feindre l’inexistence.

    La vérité est que le seul endroit bilingue au pays est Montréal (Moncton : 3,4 % unilingues francophones, 48,4 % unilingues anglophones). La quasi-totalité des francophones hors-Québec ont été assimilés ou ont appris l’anglais pour travailler, interagir et s’éduquer.

    > D’accord. comme UNE langue-ouil à l’échelle panquébécoise et pancanadienne. Mais certainement pas la seule.

    Le français n’est pas une langue outil dans le reste du pays, c’est une utopie trudeauiste. Si on entretient le flou que les deux langues se valent, les choses tenderont forcément vers la solution de facilité…

    > Allez consulter la situation linguistique de Malte.

    Malte ? Cette île où 95 % des habitants parlent le maltais ? Presque chacun des pays entourant l’île a sa propre langue : français, italien, arabe, grec, etc. Rien à voir avec notre situation… Comparez donc avec les exemples que je vous ai donnés, beaucoup plus de similarités.

  32. Merci de faire contrepoids à la désinformation des séparatistes. Vive l’harmonie et vive le bilinguisme !!!

  33. Merci a l’actualité de vous publiez

  34. @Apparatchik
    S’il est correct de se faire servir en anglais dans un commerce alors que l’on vit au Québec depuis des années, cela oblige les commerçants à engager du personnel bilingue. Les unilingues francophones, souvent les plus pauvres et les moins éduqués, ceux qui ont besoin d’avoir accès à ce genre d’emploi, se retrouve au chômage ! Parler anglais redevient signe de richesse, d’un statut social plus élevé et les inégalités sociales d’il y a 30 ans et plus entre les anglos et les francos apparaissent de nouveau. Ce n’est pas le Québec que je veux pour mes enfants.

  35. > Ca fait 30 ans ce mois-ci qu’on s’est fait sortir du Canada! Ca fait 30 ans qu’ils ont changé la loi de base du Canada sans l’accord du Québec.

    Recommencez pas avec votre vieille rangaine du ils-nous-ont-trahi. René Lévesque n’aurait signé que si le rapatriement allait ouvrir la porte vers la séparation. Une décennie de tergiversation de la part de premiers ministres provinciaux québécois sans colonne? Trudeau a bien fait d’abattre ce jeu-là.

    > Dans votre beau Canada, le chef d’État est la reine d’angleterre!
    Vous faites preuve d’une ignorance aberrante quant à nos institutions, et appareil d’état. On ne parle pas d’UNE monarchie britannique, mais bien DES monarchieS du Commonwealth. Ainsi, notre chef d’état est Élizabeth II, reine du Canada.

    > Elle trône sur toutes vos pièces de monnaie (au moins on va se débarasser des cennes noires…)

    Et les vôtres aussi. Peu importe, j’aime mieux un icône symbolique qui symbolise TOUS les intérêts de notre pays qu’un(e) politicien(ne) partisan(e).

    > Dans votre beau Canada, votre gouvernement a eu le support d’à peine 16% des électeurs du Québec qui ont été votés.

    On a beau se plaindre de Harper, mais il vaudrait mieux se regarder dans le mirroir pour mettre en perspective sa montée politique. Il faut en vouloir à tous ceux qui soutenaient le Bloc pendant que Harper était minoritaire. On ne fait pas débarquer un gouvernement minoritaire au fédéral en soutenant un parti séparatiste marginal dont le but n’est pas de représenter ses électeurs-citoyens à l’intérieur d’un gouvernement, mais bien de miner l’appareil fédéral. Ainsi, TOUS les Québécois et bon nombre de Canadiens en sortent les gros perdants.

    > Dans votre beau Canada, votre gouvernement a menti sur les F35 [...]

    Dans mon beau Québec, mon nationalisme Québécois me ment toujours sur le débat linguistique, culturel, et constitutionnel.

    > Tout aussi légitime, oui. Tout aussi important, non.

    Tellement inimportant qu’on doive dépenser temps et argent à l’estomper de la portée du public? Il me semble que si l’anglais n’était pas un acteur important et nécessaire qu’on pourrait le laisser pour compte. Or notre appareil étatique provincial, de concert avec des voyoucrates style SSJB, JPQ, MNLQ, et j’en passe font tout pour l’exterminer.

    L’anglais est là pour rester, n’en déplaise aux séparatistes extrémistes. Même si nous parvenions à devenir un pays indépendant, on aura certes à transiger avec nos voisins qui eux ne bougeront pas.

    Et devinez dans quelle langue auront lieu ces échanges. You got it.

    À moins qu’on veuille créer une crême de la crême qui elle est bilingue et que les autres paysans n’auront pas à se salir les yeux, les oreilles, et la bouche en devant apprendre cette sale langue de Shakespeare.

    > Vous croyez que ce peut être l’anglais et le français de façon interchangeable ? Je crois qu’il ne peut vraiment y en avoir qu’une, du moins à moyen et long termes

    Pourquoi? Parce qu’à un moment donné on va absolument se fatiguer et dire « ça y est, c’est plus facile d’en choisir une seule »? Une langue vit et meurt selon la volonté organiques de ses locuteurs; même la législation la plus ridicule (comme en l’occurrence notre Charte de la langue française, par endroits) n’y peut rien.

    > La vérité est que le seul endroit bilingue au pays est Montréal

    Et pourtant, nos grands médias se donnent un plaisir fou ces derniers temps de nous traumatiser en se promenant sur la rue Sainte-Catherine et de « dénoncer » des commerces qui « ne s’affichent pas » en français (on ne parle même plus d’affiches publicitaires, mais de NOMS DE MARQUES internationales anglaises). Cette petitesse de vouloir écraser, d’exterminer, et d’anéantir artificiellement toute trace d’une langue pourtant si essentielle dans notre milieu semble ne pas connaitre de limites.

    D’ailleurs, on a beau donner un « visage » presqu’unilingue français à une ville organiquement bilingue, ça ne reste qu’une illusion. Et s’il faut cultiver une illusion, j’aime mieux qu’elle soit à notre image: bilingue.

    Plus je constate le travail que font les extrémistes de la langue se donnant des airs de citoyens « mainstream », plus je deviens convaincu qu’il ne s’agit plus d’une promotion (ni même d’une « défense ») du français, mais bien d’une politique de la terre brûlée, voire une guerre tout court, visant à oblitérer encore davantage le fait anglais au Québec, et plus précisément à Montréal. Promouvoir le français, je veux bien, mais pas au prix d’une guerre de tranchées inutile qui rompt la paix sociale. Et ça ne peut plus me laisser indifférent.

    > La quasi-totalité des francophones hors-Québec ont été assimilés ou ont appris l’anglais pour travailler, interagir et s’éduquer.

    Et alors on guérit le mal par le mal? De plus, il m’a toujours paru hypocrite de vouloir rendre Montréal aussi français que l’Ontario était anglais: les situations démographique, politique, économique, et historique ne sont pas aussi comparables que nous porteraient à croire certains démagogues séparatiestes.

    > Le français n’est pas une langue outil dans le reste du pays, c’est une utopie trudeauiste.

    C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de francophones ailleurs au pays (peut-être certains Québécois pourraient-ils y migrer pour grossir nos rangs là-bas). Mais peu importe, la question qui se pose, c’est bien s’il faut y aller d’une politique d’un prêté pour un rendu malsain? Ma réponse est un « non » retentissant. Imposer l’unilinguisme français revient à imposer une assimilation anglaise style Durham/Louisiane. Telle imposition, de nos jours, n’est qu’un système de représailles dénué de perspectives.

    > Malte ? [...] Rien à voir avec notre situation… Comparez donc avec les exemples que je vous ai donnés, beaucoup plus de similarités.

    Vous avez droit aux exemples qui étayent vos propos (dont je dispute la conclusion), j’ai aussi droit aux miens. Or, sans la possibilité de basculer entre trois mondes parallèles, il est inutile d’essayer ça à coup de cas hypothétiques qui soutiennent l’un ou l’autre point de vue. Quoiqu’on en dise, y a un enjeu beaucoup plus important que la langue maternelle d’une masse de personnes, et que nous dépensons déjà trop de ressources précieuses sur un faux-débat qui nous divise.

    > [...] cela oblige les commerçants à engager du personnel bilingue. Les unilingues francophones, souvent les plus pauvres et les moins éduqués, ceux qui ont besoin d’avoir accès à ce genre d’emploi, se retrouve au chômage ! Parler anglais redevient signe de richesse, d’un statut social plus élevé [...] Ce n’est pas le Québec que je veux pour mes enfants.

    Quoiqu’il soit inexcusable pour un jeune anglo d’habiter au Québec pendant toute sa vie et ne pas être en mesure de s’exprimer en français, il est tout aussi (sinon encore plus) répréhensible que le système scolaire primaire et secondaire francophone québécois ne réussisse pas à former des citoyens qui eux peuvent fonctionner (même minimalement) en anglais. Ayant moi-même fréquenté des institutions anglaise et française dans la dernière décennie et demie, j’ai eu l’horreur de constater que dans nombre de cas, les institutions (primaire, secondaire) anglophones sont à des années-lumière de leurs homologues francophones en matière d’enseignement de langue seconde. Ça me désole énormément car c’est pour moi signe que les choses n’avancent pas. Et c’est de LÀ que puisent leur source les disparités sociales pour les plus démunis que vous évoquiez.

    Le Québec que je moi veux pour mes enfants n’est pas un Québec qui privilégie l’interventionnisme étatique à fond la caisse ou encore la persécution subtile et culpabilisation perpetuelle de « l’autre ». Le Québec qu’il nous faut, c’est celui qui nous responsabilise, et qui ose nous brosser le portrait des choses comme elles sont, plutôt que d’encadrer nos vies d’un cocon hypertrophié étouffant qui, dans le fond, s’avère être la source même de notre insécurité.

  36. Nous avons besoin de plus de gens comme vous pour répandre la lucidité et la sagesse plutôt que de cracher l’intolérance et le sectarisme. Merci

  37. Mon dernier commentaire est adressé à Apparatchik. Thanks.