Mon plan pour sauver le français à Montréal

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J’ai un plan secret pour qu’on s’assure que Montréal demeure francophone (en fait, j’en ai plusieurs).

Certains militants du PQ pensent que le seul moyen de préserver un Montréal français est de passer une Super-Loi 101 qui limite l’accès aux cégeps et même aux garderies anglophones (il faut bien veiller à ce que les enfants de 4 ans fassent un «dodo» et non un nap).

Mais cette loi ne résoudrait pas le vrai problème. Selon une étude récente de Statistique Canada, plus de 20 000 francophones quittent l’île de Montréal chaque année pour habiter en banlieue, alors que nous, les anglophones et les allophones, restons.

Nous voulons tous que Montréal reste francophone, mais cela nécessitera de nouvelles idées audacieuses. Voici mes (modestes) propositions.

La loi 202 : Chaque fois qu’un francophone déménage hors de l’île, un non-francophone devrait aussi quitter, afin de maintenir l’équilibre linguistique de Montréal. Si nécessaire, je suis prêt à déménager à Brossard, avec quelques amis anglophones. C’est triste, car j’adore Montréal et je hais le boulevard Taschereau, mais il faut ce qu’il faut !

Il y a seulement une faille dans ce plan : si les francophones continuent de fuir Montréal et que les anglos et les allos partent avec eux, au bout du compte, plus personne ne restera en ville.

La loi 303 : Cette loi peut vraiment mettre fin à la menace à la langue française à Montréal et freiner l’hémorragie qui ont fait fuir quelque 100 000 francophones vers les banlieues depuis cinq ans. La loi 303 interdirait aux francophones de quitter Montréal, à moins qu’ils trouvent une famille francophone pour les remplacer.

Évidemment, les francophones pourraient toujours obtenir des laissez-passer pour quitter temporairement Montréal (pour le travail, par exemple), mais sans leur famille. Il faut s’assurer qu’ils ne vivent pas secrètement dans un bungalow à Blainville !

Pour bien appliquer la loi, nous pourrions créer des postes de contrôle à chaque pont, où les francophones montreraient une preuve qu’ils retourneront sur l’île le jour même. Sinon, ils seraient dans l’obligation de laisser un dépôt en argent pour prouver qu’ils ne s’apprêtent pas à déménager à Mont-Saint-Hilaire.

La loi 404 : Il ne suffit pas de garder les francophones à Montréal ; nous avons aussi besoin de rapatrier ceux qui sont partis. Évidemment, la possibilité d’acheter une maison à prix abordable sur l’île pourrait les attirer, mais nous devons penser à quelque chose d’encore plus spectaculaire. Pourquoi ne pas leur envoyer des offres spéciales «avec prime», comme celles que je reçois des journaux et de mon ancienne compagnie de téléphone ?

Un exemple :

« Chers francophones et ex-Montréalais,

Vous êtes le genre de personne dont notre ville a besoin ! Pour un temps limité seulement, revenez à Montréal et profitez de cette offre incroyable :

- Un an de baguettes gratuites à la boulangerie Mamie Clafoutis et tout le smoked meat que vous pouvez manger Chez Schwartz’s ;

- Quatre CD gratuits de Céline Dion, Marie-Mai ou tout autre artiste québécois de votre choix ;

- Obtenez un «bonus» si vous revenez sur l’île dans les 30 prochains jours : le stationnement gratuit dans les zones diplomates (personne ne les utilise de toute façon) et l’immunité d’un an pour les infractions de stationnement ;

- Ce n’est pas tout ! 50 000 points Air Miles pour des voyages dans n’importe quelle destination francophone de votre choix, de Paris à la Floride.

Alors, revenez à Montréal, sauvez le français et obtenez des Airs Miles ! »

La loi 505 : Un autre défi pour la population francophone de Montréal est le faible taux de natalité. Nous avons essayé les « bébés-bonus » et les garderies à 7 $, mais les francophones ont toujours moins d’enfants (même moins que beaucoup d’anglophones, ce qui est dur à battre).

Il est temps d’être plus créatifs. En vertu de ma nouvelle politique «3 enfants », tout Québécois francophone de plus de 30 ans qui refuse d’avoir des enfants serait déclassé à «mi-citoyen » et perdrait certains privilèges, comme le droit de stationner facilement sa voiture.

Nous avons juste à rendre nos affiches de stationnement encore plus compliquées qu’elles le sont maintenant.

- Pas de stationnement 9 h – 17 h, lun.-ven. pour les familles avec 1 ou 2 enfants

- Stationnement gratuit en tout temps pour les familles de 3 enfants ou plus

- Pas d’enfants : pas de stationnement

Nous pourrions aussi offrir des dimanches «Super rabais» pour les grosses familles, tandis que les couples sans enfant seraient contraints de magasiner après minuit, dans les dépanneurs. Finalement, les gens sans enfant n’auraient plus d’accès aux garderies abordables. Même dans une société généreuse comme la nôtre, il faut tirer la ligne quelque part !

La loi 606 : Il y a quelques décennies, lorsque la population de Montréal a glissé sous la barre symbolique d’un million, le maire Jean Drapeau a résolu le problème simplement : il a annexé Pointe-aux-Trembles et Rivière-des-Prairies. Cela n’a rien changé, mais nous pouvons toujours essayer, nous aussi, de résoudre le problème en «redessinant» Montréal.

Par exemple, nous pourrions réduire la population de langue anglaise en abandonnant le West Island et en le renommant  «Les Cantons-de-l’Ouest ». Ainsi, plus personne ne se soucierait de la langue que parlent les gens là-bas.

En échange, nous pourrions accroître la population francophone de Montréal en y annexant la Rive-Sud et peut-être même Laval, où de nombreux ex-Montréalais ont déménagé. (En plus, la Rive-Sud est beaucoup plus proche du centre-ville de Montréal que l’est le West Island.) En une seule journée, Montréal deviendrait une ville francophone à plus de 56 % !

Nous pourrions même aller plus loin et déclarer que tout le Québec fait partie de Montréal, afin d’obtenir une population francophone à plus de 80 % (un pourcentage qui n’a pas changé depuis les années 1950).

John F. Kennedy a dit : «Nous sommes tous des Berlinois». René Lévesque a dit : «Nous sommes tous des Québécois». Je dis : «Nous sommes tous des Montréalais».

Mais il y a une solution plus simple et réaliste. La vérité, c’est que les allophones parlent de plus en plus  français à la maison. Et ces personnes représentent plus de 8 % de la région de Montréal. Plusieurs sont arrivés ici lorsqu’ils étaient enfants et ont fait ce que les générations précédentes de Québécois n’auraient pas pu imaginer : ils sont allés à l’école française, ont travaillé en français et sont devenus francophones, même s’ils parlent aussi leur langue maternelle à la maison – du moins, pour l’instant.

Ils incarnent le triomphe de la Loi 101. Il est temps de changer leur statut et de déclarer que ces «frallophones» sont francophones. Cela ajoutera 8 % de plus aux 56 % de francophones de la grande région de Montréal, ce qui porterait le total à 64 %.

Félicitations à nous tous.

Mais pour revenir à la question originale concernant l’île de Montréal elle-même, si vous voulez vraiment qu’elle soit francophone, la solution est simple : vivez ici.

Montréal est une ville formidable avec une vie de quartier extraordinaire, de belles grandes rues commerciales, un cœur français et une grande âme. Alors, abandonnez la banlieue, chers concitoyens, et revenez faire de Montréal une ville fabuleusement francophone.

J’ai même un nom pour ce plan : Occupons Montréal.

 

38 commentaires à propos de “Mon plan pour sauver le français à Montréal

  1. Formidable article Josh! Bravo!

  2. Bon plan !

  3. Les cantons de l’ouest!!!! lol J’adore!

  4. Très amusant. Mais surtout, très pertinent: si la ville de Montréal accueillait les familles, si le prix des maisons, des condos et des logements étaient plus abordables, il n’y aurait pas cet exode des francophones vers la banlieue.

  5. Bravo monsieur Freed! Vous l’avez encore fait! Et en plus, vous avez su trouver l’humour dans cette situation très préoccupante pour plusieurs.

    Moi, pour ma part, je suis Natalia Walsh, une immigrante russe, mais aussi une Montréalaise, une Québécoise et une Canadienne. Moi, j’ai toujours vu Montréalpour la ville bilingue, mais aussi le nid d’immérsion des immigrants à la francophonie. C’est dommage, qu’ils partent, veulent en peu de tranquillité du banlieu, je suppose, mais ils dévraient encourager leur jeunes à venir ici en plus grand nombre. Sinon, on essayera de garder la francophonie ici de nos forces, mais c’est sur qu’on apprecie pas trop le ton du discours ni les loi réstrictives. Imposer ne paut pas améner à aimer.

    J’aimerais encourager le bilinguisme, et Montréal en est une exemple brillant, partout au Canada. Venez rejoindre nos pages Facebook : Montréal Bilingue, Québec Bilingue et Canada Bilingue! C’est à cette génération d’en finir avec les vieilles rancunes et inciter le dialogue et la coopération.

  6. On prêche pour sa paroisse.

    DIFFUSION DES DONNÉES SUR LE FRANÇAIS AU QUÉBEC ET AU CANADA : Les indicateurs sont au rouge

    Langue

    Article publié dans le site internet IRFA.ca le 24 octobre 2012

    […]« Les indicateurs sont également à la baisse au Québec où le français comme langue maternelle a reculé de 0,7 point par rapport à 2006, s’établissant à 78,9%, alors que la langue parlée le plus souvent à la maison a reculé de 0,6 point pour atteindre 81,2%. »

    C’est toutefois à Montréal que la situation est la plus inquiétante :

    « Le français comme langue parlée à la maison a poursuivi son déclin de 54,2% en 2006 à 53,0% en 2011. L’exode des francophones vers la banlieue n’explique pas entièrement cette baisse, le français ayant décliné de 0,7 point dans l’ensemble de la région métropolitaine de Montréal » explique Patrick Sabourin.»

    «Le bilinguisme a globalement augmenté au Québec grâce à une hausse de la connaissance de l’anglais chez les francophones, qui est passée de 35,8% en 2006 à 38,3% en 2011. Les taux de bilinguisme ont légèrement diminué chez les anglophones et les allophones. Un peu plus de 5% des Québécois, soit 440 000 personnes, ne connaissent pas suffisamment le français pour soutenir une conversation. Cette proportion atteint 14% sur l’île de Montréal.»

    http://www.irfa.ca/site/diffusion-des-donnees-sur-le-francais-au-quebec-et-au-canada-les-indicateurs-sont-au-rouge/

  7. J’ai mieux.

    Afin de replacer le phénomène de l’étalement urbain dans une dynamique équitable pour le français à Montréal, il faudrait que pour chaque famille francophone déménageant à Brossard on déporte une famille anglophone à Saint-Amable ou Saint-Sulpice.

    L’équilibre anglo/franco serait ainsi préservé à Montréal et ces familles anglos apprendraient par la même occasion que le Québec ne se termine pas après la rue Saint-Laurent.

  8. 1- Réduire le nombre d’immigrant qu’on amène à chaque année, et ne prendre que ceux qui maitrise déjà le français en arrivant ici. (Sauf exception pour ceux qui ont des formations très spécialisées dont nous avons besoin.)

    2- Mettre en place des politiques pour garder les Montréalais a Montréal, diminution cout du logement, aménager des espaces pour les familles, etc…

    3- Mettre en place des politiques pour encourager les Francophones des régions à venir s’établir à Montréal, surtout dans les régions où il y a des problèmes de chômage chronique.

    ———————–

    On fait ça pendant quelques années et problème réglé. Super simple.

  9. Très drôle ;-)

    Néanmoin il y a des pistes de solution qui valent la peine d’être étudié.

  10. Extrêmement sympathique comme approche. Vous venez de faire la barbe à tous nos humoristes! Bravo!

  11. Vu que Montréal attire pratiquement tous les nouveaux arrivants je crois qu’on devrait favoriser les francophones,mais nous n’avons pas le plein contrôle sur l’immigration.

  12. Vous dépassez de beaucoup çertains de nos humoristes, c’est écrit avec finesse et intelligence, au plaisir de vous lire!

  13. 22 mars 2012

    Bonjour, mon nom est J-F Lisée. Je suis anglophile.
    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/bonjour-mon-nom-est-j-f-lisee-je-suis-anglophile/12217/#more-12217

    Clin d’œil à notre blogueur invité, le chroniqueur Josh Freed de la Gazette,

    Vous nous reprochez encore quelque chose ? Sachez qu’avant, c’était pire. Et que maintenant, c’est beaucoup mieux !
    Et pourquoi est-ce pire chez les plus jeunes ?
    Il y a là une réticence à montrer de la sympathie et de la générosité envers les francophones que, de l’extérieur, je ne m’explique pas. Je cherche un anglo qui pourrait le faire. Mieux encore, je cherche un anglo qui s’en attriste avec moi. À l’aide…
    Josh ???
    L’avenir du français ? Les 3/4 des jeunes anglos n’en ont rien à cirer!

    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/lavenir-du-francais-les-34-des-jeunes-anglos-nen-ont-rien-a-cirer/12211/

    74% des jeunes anglos n’ont rien à cirer d’une des dispositions les plus centrales de la loi 101, pour ne pas dire du simple respect de la majorité francophone.

  14. Un plan réel respectueux de l’identité Québécoise pour sauver le français à Montréal.

    Tant que le Québec sera la colonie du Rocanada vous aurez le loisir d’ironiser en guise de détestation de l’identité de la nation québécoise, Rapport Durham sous le bras.

    Trêve d’ironie, voici une proposition en tout respect pour l’identité québécoise venant contrer la volonté d’hégémonie culturelle des anglo-britanniques du “West Island”.

    Entre autres nombreuses mesures de renforcement de la Loi 101, il serait grandement temps que le gouvernement du Québec intervienne auprès d’employeurs brimant systématiquement le droit des Québécois de travailler en français, il doit sévir auprès des entreprises contrevenant impunément à la Charte de la langue française du Québec.

    L’imposition de l’usage de l’anglais aux employés exécutant toutes leurs tâches dans les seules limites du territoire du Québec par les entreprises “Neo-Rhodesians” n’est que l’expression d’un mépris inqualifiable envers la nation québécoise.

    Il est urgent que Québec remédie au non respect de la Loi 101. Il est impératif d’introduire à cette loi une disposition visant l’obligation d’un fardeau de la preuve porté par les entreprises, fardeau devant prouver la nécessité de l’usage de l’anglais dans le cadre d’emplois dont les tâches et fonctions sont exécutées et remplies dans les seules limites du territoire québécois. Une responsabilité sociale allant de soi pour tout employeur de bonne foi et respectueux de l’environnement culturel national dans lequel il évolue que celle de démontrer la pertinence de la connaissance d’une langue étrangère chez les postulants désirant oeuvrer au Québec. Il va sans dire que l’émission à une entreprise délinquante d’un Certificat de francisation par l‘Office de la langue française ne serait effectuée que suite à cette formalité remplie et rigoureusement respectée par l‘entreprise.

    Le français est la langue officielle du Québec, la langue normale et habituelle d’usage partout au Québec, et l’importance d’assurer sa pérennité dans l’espace public et les milieux de travail est essentielle à la cohésion sociale sur tout le territoire québécois

  15. La raillerie sur la langue française au Québec n’est pas une bonne idée MM Freed, pas plus de tenter de nous convaincre que le français n’est en danger à Montréal alors que tous les indicateurs disent clairement le contraire.

    La loi 101 de 1976 a donné le ton, l’objectif avait clairement été défini : protéger la langue française au Québec, prendre les moyens d’assurer sa survivance, de favoriser son développement dans la mer anglo-saxonne nord-américaine. Bien légitime qu’un peuple veulent préserver sa langue !

    La loi 101 a aidé grandement, les causes des reculs importants à Montréal sont connues et les solutions aussi, le hic c’est qu’une bonne part de ces solutions est politique avec toutes les lenteurs que ça implique, surtout lorsque la protection du français n’est pas une priorité pour ceux qui sont au pouvoir .

  16. Le moyen le plus efficace pour sauver le français à Montréal est pourtant très simple, très limpide: il suffit de faire du Québec un pays indépendant et ainsi, en peu de temps, Montréal deviendra la métropole francophone du Québec et une véritable attraction touristique de par son visage français. Et pendant ce temps, le Canada anglais chercherait le moyen par lequel se sortir de la Tour de Babel dans laquelle il ne se comprend plus étant donné les 200 langues qui y sont parlées grâce aux droits individuels de leur regreté PET. « C’est ben pour dire,hein! ».

  17. J’adore la loi 404 hahaha!

  18. Bravo pour l’humour – je vous donne un B+.

    Le malheur c’est que ça cache (en la soulignant) la triste réalité de la dérive du français hors de Montréal.
    Je ne vois que l’indépendance pour nous donner les moyens de nos ambitions.

  19. Bonjour

    J’ai déménagé dans  » Les Cantons de l’Ouest  » il y a un an avec un secret espoir de reconquérir ce coin de pays un peu distant des coins » francos  » de la ville.Bon nombre de personnes avec de gros efforts de répondre en français , pour d’autres , il semble que le simple mot Bonjour leur racle la gorge , donc ils évitent. Ce doit être afin d’éviter d’attraper le bacilus bilinguarius .

    Mr Freed ,j’adore vous lire , votre finesse m’amuse toujours. L’humour , quel bon moyen de faire passer des messages.

  20. J’adore votre commentaire, la seule chose qu’ils leur restent à faire, car ils ont essayé via le gvt et ça n’a pas fonctionné, donc la seule resource restante est la syndicalisation, le québec est reconnu pour donner ses problèmes aux voisins immédiat, donc la CSN et co. seraient très contente de s’en occuper.

    Mais sérieusement, au lieu de forcer le français dans le fond de la gorge des québecois, qu’ils leur présente comme une langue de culture et non de travail, tout le monde sait que la langue de travail est l’anglais à travers le monde entier, nous sommes les seuls à s’obtiner à dire que c’est le français. Il est grand temps que les québecois voyagent un peu « en anglais » et voient le monde de leur propre yeux, et non à travers des lunettes des péquistes.

    Je suis canadienne et fière de l’être, et je suis parfaitement bilingue, ce qui m’aide à voir les choses d’une façon différente car je peux écouter autre chose que les info. francophones, qui selon moi laissent beaucoup à désirer.

    • Bel exemple de réaction de quelqu’un (québécoise je suppose ici) qui s’est incliné devant les tentatives d’assimilation des francophones à la langue de la majorité en Amérique du nord, pire encore quelqu’un qui se dit fière de l’accepter et même prête à en faire la promotion, selon elle c’est résister à cette tendance, se battre pour garder sa langue en vie et officiellement sa langue de travail qui n’a pas de sens.

      Personne parmi ceux qui cherchent à préserver le français au Québec et en particulier comme langue officielle de travail, ne se met la tête dans la terre et ne reconnaisse pas que dans bien des cas et dans plusieurs postes d’entreprises privées et même de la fonction publique doivent communiquer en anglais avec des partenaires ou clients à l’international incluant les autres provinces canadiennes. Personne nie que l’anglais comme langue seconde soit un plus et même absolument nécessaire pour ces postes là, mais un très fort pourcentage des postes dans les entreprises privées et dans la fonctions publiques peuvent très bien être couverts en français, la langue officielle du Québec, c’est ce qu’on veut protéger au Québec, c’est légitime, c’est même se respecter de le faire

  21. Vos textes sont savoureux, Josh Freed. À travers l’humour et l’imagination, vous dressez finalement un portrait juste de Montréal avec des touches d’impressionnisme.

    Présentez-vous à la mairie de Montréal. Nous avons besoin de respirer, de sourire et… de réfléchir ensemble, les Montréalais.

    Vous avez mon vote.

  22. @ Serge William

    Vous ne semblez pas vivre à Montréal. Il y a belle lurette que les Anglos savent que « le Québec ne se termine pas après la rue Saint-Laurent ».

    J’habite Montréal depuis 20 ans et je vous assure (rassure?) que les anglos, les francos et les allophones nous ne formons pas des groupes étanches, au contraire! Venez dans nos partys privés, dans nos fêtes, dans nos spectacles, dans nos mouvements de lutte: nous nous retrouvons tous ensemble à tous ces niveaux de vie.

    C’est ce qui fait d’ailleurs la vitalité de Montréal et son caractère unique dans le monde.

    P.S. Saviez-vous aussi que beaucoup de francophones habitent le West Island et beaucoup d’anglophones et d’allophones habitent le Plateau, Villeray, Rosemont-Petite-Patrie?

  23. Solution de Sauvetage
    J’ai vécu à travers le Canada. Il y a 10 provinces. Dans 9 provinces la minorité francophone et autre s’adressent en anglais dans tous les aspects de la société, par respect. Dans 1 province, le Québec , la minorité ne respecte pas la majorité dans tous les aspects de sa vie courante et de ses institutions. M. Freed , la solution est simple mais le constat est comment triste ! Lorsque on ne se fera plus considérer comme un Ovni ou un Extra Terrestre dans le West Island p.c.q. on parle français, on aura gagné Josh.

  24. Il ne suffit pas de parler français à Montréal. Hélas, on le parle souvent mal!

    Je n’ai pas remarqué tellement de progrès dans la francisation de Montréal. J’habite un grand immeuble de la rue Saint-Urbain depuis 32 ans. Cette semaine, une jeune femme est venue frappée à ma porte parce que j’avais laissé un robinet ouvert et que l’eau avait débordé et s’était insinuée dans l’appartement au-dessous. J’ai voulu lui expliquer ce qui s’était passé. Elle ne comprenait pas. J’ai dû m’efforcer tant bien que mal de le faire en anglais. Moi qui avait choisi d’immigrer à Montréal, VILLE FRANÇAISE AU CANADA. NM

  25. J’ai 71 ans…je suis née à Montréal et j’espère y mourrir.
    Je m’ennuie des années 50 quand tout le monde se cotoyait sans se manger des yeux pace que tu parlais français, anglais ou italien…chaque quartier avait son voisin anglais, français ou italien et on s’échangait des légumes de nos jardins….ce n’est pas à cause du départ des montréalais vers les banlieu qui est le problème, ce sont les unilingues francophones des campagnes venus s’installer en ville qui n’ont pas compris que Montréal était un mélange culturel depuis toujours.. Pour vtvre juste en français, il vous faut déménager en France…Vive Montréal, ma ville, my city….

  26. « tout le monde sait que la langue de travail est l’anglais à travers le monde entier »

    Faux : d’une patrie à l’autre, la langue de travail est par exemple l’espagnol, le japonais, l’arabe, etc, selon la langue véhiculaire de tel ou tel pays. Ainsi en Italie la plupart des gens travaillent en italien, bien sûr, sauf (mais pas toujours) s’ils sont dans le secteur de la finance (milieu d’ailleurs très fermé sur lui-même). Ensuite il y a des pays comme la Chine, la Suisse, la Belgique ou encore – mais oui – le Canada où on trouve plus d’une langue véhiculaire (deux en Belgique, deux au Canada, quatre en Suisse). La langue de la presse quotidienne et de la télévision vous renseignera sur ce point, puisque vous dites être une si grande voyageuse. Là où l’anglais prédomine nettement, c’est comme langue seconde la plus souvent utilisée dans les échanges internationaux, les conférences scientifiques, et d’abord et avant tout dans le secteur des affaires, puisque le pays le plus riche est anglophone.

    Un phénomène nouveau, par contre, c’est le celui des villégiateurs anglophones qui refusent obstinément d’apprendre ne serait-ce que trois mots de la langue locale et s’attendent à être servis (sic!) en anglais par les natives (re-sic) locaux : pas un mot d’italien quand ils sont en Italie (du genre « my house in Tuscany », région « so romantic » dont ils ignorent tout sauf la cuisine, comme si une paroi infranchissable les séparait de la culture italienne), pas un mot de français quand ils sont en France (j’en ai croisé en Provence, ainsi que des Français que ça commence à faire bouillir) ou de Japonais quand ils sont au Japon, etc. Cette volonté`d’auto-enfermement est tout de même un peu bizarre, vous ne trouvez pas ?

    Ce qui s’est passé, j’en ai peur, c’est que des gens très ignorants du monde extérieur qui ne comprenaient guère ce qu’est une langue (et qui souvent prennent les autres nationalités pour des races) leur ont fait croire que désormais, la planète était unilingue et qu’ils étaient partout comme en pays conquis. Je me demande vraiment ce qu’ils font à l’étranger, ceux-là, et surtout s’ils se rendent compte de la haine qu’ils sèment sur leur passage.

  27. Cela me donne mal au coeur de lire M. Freed rigoler à propos du recul du français à Montréal.

  28. Inscrivez vos enfants à l’école (hassidique) communautaire Skver à Outremont. Selon les plus récents résultats des épreuves uniques, soit pour l’année 2011, publiés par le MELS, parmi toutes les écoles privées au Québec dispensant l’enseignement en français, cette école secondaire pour filles du mouvement hassidique Skver, se plaçait au premier rang (voir la page 63), et ce dans leur troisième langue, après le yiddish et l’anglais.

    Mazel Tov

    http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/EPEPS/Sanction_etudes/Rapport-epreuves_2011.pdf

  29. Encore une tentative d’humour ratée par Josh Freed. On témoigne encore une fois du dévoilement de preuves de plus en plus prépondérantes que le français se meurt à petit feu, et la réponse de ce prétendu satiriste est de tout mettre sur le dos des francophones (ex. c’est la faute aux francos qui fuient Montréal, ce qui n’est vrai qu’en partie) et puis de se moquer du désespoir de ce peuple qui assiste à sa propre extinction.

    Si on veut sauver la langue française ainsi que les quelques miettes de notre orgueil qu’il nous reste, il n’y a qu’un seul geste à poser : faire du Québec une république indépendante et de langue française. N’ayons pas honte d’être ce que nous sommes et de vivre notre francité de manière décomplexée. Imposons notre langue à tout va, comme le font les anglophones ici même dans notre jardin. Ce n’est qu’ainsi que le français deviendra incontournable, car actuellement on peut très bien s’en passer dans la Métropole (où l’anglais est pourtant un prérequis même pour les itinérants).

    « Vous n’êtes pas tannés de mourir, bande de caves? »

  30. Maudit qu’il y en a donc qui n’ont aucun sens de l’humour! M. Freed, je ne trouve pas toutes vos blagues drôles mais je sais que ce sont des blagues et que comme Sugar Sammy par exemple, vous taquinez les Francos. Il est clair que plus les gens se sentent insécurs et plus ils on peur. La peur et l’ignorance engendrent l’intolérance et la méfiance. Je respecte et encourage vos idées et vos blagues (qui ne sont pas toujours drôles mais qui me font parfois sourire quand-même.

  31. Le citoyen Sanchez écrit: « Vous taquinez les Francos. Il est clair que plus les gens se sentent insécures et plus ils on peur. La peur et l’ignorance engendrent l’intolérance et la méfiance. »

    Voilà qui est tout à fait exact, citoyen Sanchez, mais vous parlez pour qui, exactement ?

    «Nous avons tendu un miroir aux séparatistes», lançait le partitionniste William Johnson au peak de la polarisation hystérique qui a suivi le référendum de 1995.

    Ce qui fut fait. Dans le droit fil de ce curieux mot d’ordre, les médias anglophones – et notamment le vénérable quotidien où travaille le citoyen Freed – se sont mis à reprendre mot pour mot la pire rhétorique des séparatistes pour l’appliquer au fait anglais au Québec (qu’ils appellent, avec un curieux unanimisme, la « community »), nourrissant la même manie de la persécution que les séparatistes les plus apoplectiques, criant au racisme partout où se manifeste l’autre lingua franca du Canada (forcément puisque ces antiracistes en peau de lapin prennent le fait français pour un fait racial, cf: « French descent », « French ancestry » quand ce n’est pas carrément « French bloodlines »).

    Dans leur arsenal rhétorique, désormais il ne manque à peu près, ma foi, que « colonialisses » et « négocier à genoux ».

    On a même vu se glisser, à la faveur de cette rhétorique spéculaire (de « spéculum », miroir), jusqu’au thème paranoïaque par excellence du « disparaître » – titre d’un pseudo-documentaire alarmiste de Lise Payette que la chroniqueuse Lysiane Gagnon avait qualifié, à l’époque, de « crépusculaire », voire de « fasciste » (moi j’aurais dit protofasciste, ou préfascisant, mais enfin, avec ce film délirant, pour une très rare fois, le mot était pertinent, ce n’était pas du galvaudage).

    Et tiens, au fait, puisque le citoyen Sanchez se plaint du manque d’humour de certains, alors amusons-nous un brin. Après tout, je suis depuis mon adolescence collectionneur de comédies populaires à l’italienne (chose qui soit dit en passant n’avait pas la moindre chance de m’arriver si au hasard des influences culturelles j’étais devenu canadien-anglais plutôt que canadien-français), alors j’ai appris à rire des situations les plus désespérées, les plus noires.

    Alors voici. Si le séparatisme est effectivement un racisme et un fascisme, comme le martèlent depuis des décennies maints chroniqueurs anglophones – dont justement William Johnson, l’homme au miroir – alors est-on bien certain que c’est une bonne idée de le reproduire dans un miroir ? Mmh ? Est-on bien sûr que la meilleure façon de lutter contre un fascisme consiste À LE REPRODUIRE ? Nos experts en fascisme auraient-ils, par hasard, raté ce passage dans ‘Le Christ s’est arrêté à Eboli’ de Carlo Levi (fameux antifasciste de Giustizia e Libertà, gauche républicaine non-communiste) sur «le cercle vicieux du fascisme et de l’antifascisme»? Ou cette remarque de février 1945 (publié d’abord dans The Atlantic Monthly) dans ‘Goliath ou la marche du fascisme’ de Giuseppe Antonio Borgese (fameux antifasciste libéral) sur «la manière dont les vainqueurs antifascistes sont de plus en plus rapidement fascistisés par les vaincus» ? Aurait-il par hasard échappé à nos amis que LA première chose à savoir sur la pensée fasciste, c’est à quel point elle est contagieuse comme le maudit ?

    Alors vous parlez pour qui, là, citoyen Sanchez ? «La peur et l’ignorance engendrent l’intolérance et la méfiance», dites-vous, et je suis bien d’accord, mais vous ne prétendez tout de même pas sérieusement que la peur et l’ignorance se limiteraient comme par magie au versant francophone du problème ? Seriez-vous borgne, ou serait-ce pour des raisons d’opportunisme tactique que vous ne voyez obstinément qu’une seule des Deux Turpitudes ?

  32. Et que les allophones cessent de voter pour des paris corrompus (comme le PLQ et Union Montréal) et l’affaire sera ketchup!

    C’est quand même navrant que des gens en viennent a voter pour un parti donc la corruption serait le moindre mal!!!

  33. J’aime le français et étudie beaucoup pour pouvoir l’apprendre et pouvoir visiter québec

  34. J’adore!

  35. Il y a plus d’un moyen pour faire revenir les gens dans ce trou de pays. Je déteste Montréal et dès que nous avons l’argent, d’ici un an, nous allons quitter cette île pour s’acheter une maison ailleurs. Si on voudrait s’acheter une maison à Montréal c’est un bon 5 ans d’économie… Sa ne vaut pas la peine et ce n’est pas une place pour avoir une famille. Et puis, dans le contexte actuel sérieusement j’envisage de donné un éducation française et anglaise à mes enfants dès leurs plus jeune âge et pourtant je suis québécoise pur souche !

  36. Puisque nous nous parlons de citoyen à citoyen, citoyen Provencher. Je ne me référais aux gens qui s’offusquent si facilement lorsqu’on leur tire la pipe. Je parle de paranoïa et d’intolérance. Je n’ai visé ni un côté ni l’autre. J’ai visé les gens qui on peur et qui font preuve d’intolérance, sous n’importe quel drapeau, dans n’importe quelle langue, dans n’importe quel temple. J’ai parlé de gens qui prennent toujours tout de façon si personnelle. Je parle aussi du droit de s’exprimer librement, même quand je ne les trouve pas les idées exprimées drôles.

    Nous voyons tous ce que nous voulons bien voir et parfois même ce que nous ne voulons pas et ça, ça fait peur. Alors entre citoyens civilisés et éclairés, il y a toujours place pour le dialogue et l’ouverture d’esprit.

    Je visais surtout dans ce cas particulier tous ces gens qui tiennent des propos hostiles sur les essais humoristiques de M. Freed et de tous les gens qui ont des opinions bien à eux. Comme j’ai dit, M. Freed taquine et bien des gens ne voient pas cela à la légère.

    Je ne vois pas ce que vous faites en nous faisant un cours d’histoire dont je suis certain est en tout point vrai. Je parle d’humour, de dérision; je ne parle pas de fascisme comme vous les faites. Je parle de ponts et non pas de murs.

    En fait, cher concitoyen Provencher, je vais vous confier un secret: Les francos ne sont pas bons, les anglos ne sont pas bons non plus d’ailleurs. Il n’y a que les bons qui sont bons. Ghandi l’avait si bien exprimé lorsqu’il avait dit: « C’est difficile de serrer la main de l’autre lorsque notre poing est fermé… »

  37. Amusant,vous avez beaucoup d’imagination!