SNC-L’argent comptant

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SNC-Lavalin a reçu des contrats d’à peine six millions de la Ville de Montréal de 2005 à 2009. Pour une si petite part de la tarte, ce géant du génie conseil était prêt à briser toutes les règles, aidant même Union Montréal à voler l’élection de 2005.

[NDLR: les contrats obtenus par SNC-Lavalin à Montréal sont beaucoup plus importants qu'on ne l'avait cru: 42 millions, plus 25 millions en consortium, pour un total de 67 millions de 2002 à 2011, tel que révélé lundi à la commission Charbonneau]

Le vice-président de SNC-Lavalin, Yves Cadotte, a expliqué jeudi à la commission Charbonneau qu’il avait accepté de payer les dépenses électorales du parti de Gérald Tremblay. Morrow Communications, propriété d’André Morrow (le conjoint de Liza Frulla), a refilé une facture de 75 000 $ à SNC-Lavalin. «C’est une fausse facture», a dit M. Cadotte.

Celui-ci a aussi remis 125 000 $ en liquide à Bernard Trépanier, collecteur de l’ombre. Le titre de préposé au bien-être du coffre-fort conviendrait mieux à M. Trépanier, qui aura bientôt la chance de s’expliquer devant la juge France Charbonneau.

L’enveloppe brune est passée des mains de M. Cadotte à M. Trépanier, mais qui donc chez SNC-Lavalin a pu lui remettre un pareil trésor de liquidités? Nul autre que Pierre Anctil (un ancien conseiller de Robert Bourassa et Daniel Johnson). M. Anctil, ex directeur général du PLQ, travaillait directement sous les ordres du p.-d.g. de l’époque, Jacques Lamarre.

C’est le «réseau libéral», honni des souverainistes, qui opère dans toute sa splendeur. L’ex ministre libéral Gérald Tremblay recourt aux services de la firme aux accointances libérales Morrow pour des services de communication payés 75 000 $ par SNC-Lavalin. Un ancien conseiller politique libéral, M. Anctil, que l’on dit encore proche du favori dans la course à la chefferie du PLQ, Philippe Couillard, donnera à M. Cadotte l’enveloppe à 125 000 $. Comme si ce n’était pas suffisant, M. Couillard est un ami d’Arthur Porter, accusé de fraude dans le dossier du CUSM.

Les liens de SNC-Lavalin avec le Parti libéral sont forts. Les cadres ont versé 570 000 $ au PLQ, entre 1998 et 2010, grâce à un système élaboré de prête-noms.

Les cadres de SNC-Lavalin étaient systématiquement remboursés en bonis correspondant au double de leurs contributions politiques illégales pour absorber le choc de l’impôt. Interrogés par le Directeur général des élections, des employés ont menti pour cacher l’existence du système.

L’année 2009  retient particulièrement l’attention. Les dons au PLQ nt dépassé le cap des 100 000 $ à l’instigation de Riadh Ben Aïssa, nouveau vice-président. L’homme est présentement détenu en Suisse pour fraude et blanchiment d’argent, et il pourrait être extradé pour faire face à des accusations de fraude, versements de pots-de-vin et recyclage des produits de la criminalité dans le dossier du CUSM.

SNC-Lavalin n’a pas encore révélé tout ses secrets, mais on sait au moins une chose. Le profit passait avant le respect des lois pour ce «fleuron» du génie.

4 commentaires à propos de “SNC-L’argent comptant

  1. Votre titre aurait pu être « SNC-L’argent comptant ou l’art de détruire des réputations »

    Toutes ces magouilles me rendent malade! Il ne faut pas oublier que le PQ a aussi profité de ce financement illicite, tout comme l,ADQ probablement si les succès de 2008 s’étaient confirmés. Mais il faut avouer que le PLQ a créé un réseau formidable.

    Est-ce qu’il y a encore quelqu’un qui pense que dans notre démocratie, c’est le citoyen qui mène?

    En tout cas, je ne suis pas certain que les employés de SNC-Lavalin, ceux qui sont honnêtes, sont très heureux ces jours-ci. C’est dur sur le moral ce qu’on entend, c’est aussi dur pour l’égo. Je n’aimerais pas me promener avec une casquette SNC-L en Tunisie ou en Libye par les temps qui courent!

    Finalement, tout ça c’est la faute de René Lévesque pis sa loi sur le financement des partis politiques. Pour lutter contre le crime, il n’y a qu’une solution: Rendre le crime légal! Abolissons la Loi et devenons honnêtes…

    Ah oui, il existe une autre solution, plus difficile cella-là… Se prendre en main, éveiller notre conscience et exiger que ces crapules remboursent et disparaissent de notre économie.

  2. et encore, on aurait pu parler de l’ex-ministre fournier qui fut vice-P. chez SNC-L. en 2009! l’année du cap des dons et du scandale en Lybie et les paiements douteux pour le CUSM. et la ministre Weil, conjointe du vp de SNC-L. international Michael Novak… il y a tant à dire qu’on oubli bien des ramifications de la grande famille libérale corrompue…
    http://bisbille101.blogspot.ca/2012/10/snc-lavalin-dans-lantichambre-de-la.html

  3. Il y a deux façons de voler une élection, avec de l’argent sale ou avec des armes.
    Les Québécois préfèrent l’argent sale!

  4. Toutes les façons de ramasser de l’argent par tous les parties politiques, quel qu’ils soient, sont un piège, une souricière pour les compagnies, INCLUANT LES AVOCATS. Tu y entres et, une fois entré, tu ne peux plus en sortir tant la succion avant (les demandes répétées et agressives, les avantages etc…) est forte. Et un jour, fatigué et gêné par les demandes répétées et insistantes, tu te mets à chercher la sortie mais l’odeur du fromage est trop forte. Et le CHAT est trop près.
    Je considère que ce sont les parties politiques qui sont RESPONSABLES de ces trucages pour satisfaire à la gourmandise des parties et à leurs besoins en temps d’élection.
    Ce sont les parties politiques qui ont mis dans l’illégalité les entreprises et ce sont ces parties qui les ont appâtés en leur promettant mer et monde.
    Ce n’est pas d’hier que tu es puni si tu ne donnes pas aux parties.
    Je me souviens que mon grand-père disait que les rues n’étaient pas entretenues dans son village parce qu’ils avaient voté de l’autre bord!!!
    C’est, ou les citoyens qui sont punis ou les entreprises et organismes incluant les avocats.