Plus jamais d’arrestation de maire: légalisons la corruption

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Le Québec est en crise. Michael Applebaum est le sixième maire arrêté par l’UPAC. Houston, nous avons un problème. Et s’il ne restait bientôt plus aucun maire en fonction? Il y a urgence d’agir. Alors légalisons la corruption, avant qu’il ne soit trop tard.

C’est que sous chaque pierre retournée par l’UPAC, il y a pourriture. Mais si la pourriture est partout, est-ce qu’on peut s’entendre que le problème n’est pas la pourriture, mais l’UPAC? C’est comme sur l’autoroute : si tout le monde roule à 115 km/h, le problème c’est la limite de vitesse. Si tout le monde fait construire son patio avec pas de taxes, le problème, c’est la taxe. CQFD.

L’arrestation du maire de la plus grande ville du Québec, c’est tout de même très poche pour l’image publique. Tour d’horizon du désastre.

Mais soyons visionnaires : adaptons nos lois à l’hommerie et non l’inverse, parce qu’il y aura toujours de l’hommerie. En commençant par la base: le mot. Antidote définit la corruption ainsi: « Emploi de moyens condamnables pour faire agir quelqu’un contre son devoir, notamment en le soudoyant. »

Où est le problème? Dans « condamnable », c’est évident. Sans « condamnable », pas d’Applebaum à la une du New York TimesAlors légalisons la corruption, la grosse et la petite. Grâce à notre expertise, la transition sera facile.

Voici mon plan.

  1. Je propose d’abord d’upgrader la définition: « Emploi de moyens pour faire agir quelqu’un, notamment en le soudoyant. ». 
  2. Ensuite, le gouvernement Harper abolirait les articles 123 et suivant du Code criminel, qui concernent les « actes de corruption dans les affaires municipales ». 
  3. On changerait par ailleurs le nom de l’UPAC pour: Unité permanente d’accès à la corruption. Même acronyme. L’UPAC 2.0 devra dorénavant promouvoir la corruption et non la réprimer tout en s’assurant qu’elle soit utilisée à son plein potentiel. Pour que chacun puisse manger à l’auge, sans aucune discrimination.
  4. Pour sa part, la DGE s’assurerait que d’élections achetées à rabais par appel d’offres public. Ceux qui mettront des liasses, dans leurs bas ou sur la table, obtiendront leur part d’accès: au législatif pour les petits donateurs, au judiciaire pour les moyens et à l’exécutif pour les plus gros. Rien de sorcier : ça fonctionne déjà comme ça un peu partout dans le monde.
  5. Il faudrait aussi définir le rôle du crime organisé dans tout ça, c’est plus délicat. Un partenariat public-privé avec l’UPAC 2.0? Tout le monde y trouverait son compte.
  6. C’est tout? Mais non. Exportons. Brillons parmi les meilleurs, grâce à des missions étrangères menées par nos maires déchus, proposant partout nos recettes contre des enveloppes bien garnies. Au plus fort la poche, ce ne sont pas les capitaux détournés qui manquent. Surtout que le chemin est tracé à par certaines de nos grandes firmes d’ingénieries.
  7. Enfin, j’y pense, notre chère juge Charbonneau serait mise à contribution, elle qui tout vu, tout entendu, tout su. Son magnifique demi-sourire ironique ferait merveille dans une campagne de pub.

Légalisons puis exportons la corruption. Plus jamais d’arrestations disgracieuses qui nous ridiculisent. 

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