Liberté de réunion pacifique: leadership politique recherché

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Photo : A. Gravel / CC2.0 By-ND2.0

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Il y a quelque chose de troublant au royaume des libertés fondamentales au Québec. Jusqu’à l’étranger, on aura passé des semaines à ergoter sur la «liberté d’expression» d’un restaurateur parce que l’Office québécois de la langue française (OQLF) lui aurait reproché d’utiliser des mots italiens comme «pasta» dans son menu alors que dans les faits, la plainte originale portait sur l’anglais d’un menu «anglais-italien» sans trace de français.

Par contre, quand le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) prend l’initiative de tuer dans l’oeuf des manifestations et ce faisant, empêche délibérément des citoyens d’exercer leurs libertés fondamentales d’expression et de réunion pacifique, le gouvernement acquiesce.

On en perd son latin.

Force est de constater que depuis l’adoption du budget Marceau – hormis quelques exceptions -, le gouvernement n’a plus de «gauche» que son propre collier de décisions politiques mal avisées.

Reste à savoir jusqu’où il ira pour continuer à s’aliéner des appuis dont il a pourtant besoin chez ses alliés et ses électeurs traditionnels. Que sera, sera, comme dit la chanson.

Qu’il se range maintenant derrière un abus de pouvoir qui consiste à faire avorter des manifestations sous prétexte qu’elles ne respectent pas un règlement municipal par ailleurs contesté devant les tribunaux et fortement critiqué, entre autres, par le Barreau du Québec, couronne le tout de manière passablement spectaculaire.

Contexte

Dans les dernières semaines, le SPVM a procédé à plus de 600 arrestations ou interpellations, dont plus de 200 lors de la très modeste manif du 22 mars dernier, laquelle commémorait l’immense manif du 22 mars 2012 de plus de 200,000 personnes.

Cette fois-ci, dès ses premières minutes, les policiers sur place ont déclaré l’humble manif «illégale». Ils ont également pris en «souricière» des manifestants pacifiques, dont un professeur de philosophie mieux connu sous le nom d’Anarchopanda.

On avait franchement cru que la police de Québec avait atteint des sommets de burlesque l’an dernier en arrêtant «Banane rebelle», voilà que les policiers de Montréal prenaient Anarchopanda en souricière et lui collaient une amende. Comme quoi, la vraie ménagerie n’est pas nécessairement où certains la voient.

Pour ces centaines d’«interpellés» s’ajoutaient en effet des amendes individuelles salées de 637$.

Ce mauvais vaudeville policier prenait prétexte du Règlement municipal P-6.

Amendé en mai dernier par l’administration Tremblay en même temps que le gouvernement Charest adoptait sa fameuse «loi spéciale» dénoncée sur toutes les tribunes, ce règlement «sur la prévention des troubles de la paix, de la sécurité et de l’ordre publics et sur l’utilisation du domaine public», imposerait dorénavant la divulgation préalable à la police de l’itinéraire et oblige à manifester le visage découvert.

Et ce, notons-le bien, pour toute forme d’«assemblée», de «défilé» ou tout «autre attroupement». Ce qui ratisse très, très large.

Profitant aussi d’un leadership politique qui, à l’hôtel de Ville de Montréal, s’évapore à vue d’oeil, le SPVM semble maintenant déterminé à se servir du P-6 pour dissuader la tenue de certains types de manifestations ou encore, pour les faire avorter rapidement si elles ont lieu.

Après des mois de manifs quotidiennes au printemps dernier, le message envoyé aux manifestants potentiels est très clair : vous ne nous recommencerez pas ça, mes lapins et mes pandas, même pas un tout petit peu!

Suite à la manif avortée du 22 mars dernier, un porte-parole du SPVM, Jean-Bruno Latour, confirmait d’ailleurs ce virage aussi tactique que politique :

Depuis les trois dernières manifestations, nous intervenons plus rapidement. Il ne faut pas prendre en otage les citoyens qui veulent venir au centre-ville de Montréal. La Charte [des droits et libertés] protège le droit d’expression, mais il n’y pas de droit de manifestation.

Relisez-bien la dernière phrase. Malgré sa grossièreté, elle ne semble même pas avoir troublé la première ministre ou le ministre de la Justice. Croit-on vraiment, au SPVM, que les chartes des droits ne protègent pas le droit de manifester?

Que pense le ministre de la Sécurité publique d’une déclaration aussi inquiétante pour la protection de la liberté d’expresssion des citoyens? Qu’en pense le chef du SPVM alors que la liberté «de réunion pacifique» et «d’association» sont explicitement listées parmi les libertés fondamentales des chartes québécoise et canadienne des droits et libertés? Qu’en pense le jeune député péquiste et ex-leader étudiant, Léo Bureau-Blouin, lequel, l’an dernier, prenait pourtant part à plusieurs manifs sans que leur itinéraire n’ait été divulgué au préalable?

Que pense-t-on au gouvernement de l’interdiction de manifester à «visage couvert» «sans motif raisonnable»? Que pense-t-on de laisser aux forces policières le pouvoir de décider ce qui constitue ce «motif raisonnable»? Porter un costume de panda, est-ce pour un «motif raisonnable»? Ou encore un masque de Guy Fawkes? Ou un costume de banane? Ou un costume de Bonhomme Carnaval?…

L’an dernier, j’écrivais que l’amendement du règlement P-6 par l’administration Tremblay en même temps que la fameuse «loi spéciale» du gouvernement Charest, risquait d’élargir les pouvoirs arbitraires des forces policières.

Étonnamment, ce ne sera pourtant que plusieurs mois après l’abrogation de cette «loi spéciale» par le nouveau gouvernement Marois et le retour de manifs nettement plus petites et moins nombreuses en mars de cette année, que le SPVM se prévaudra pleinement des dits pouvoirs discrétionnaires que lui confère le P-6 amendé.

Encore plus étonnamment, les mêmes élus ou candidats du Parti québécois qui, au printemps dernier, portaient le carré rouge et prenaient même part à des manifs de casseroles contre la «loi spéciale» des libéraux – qu’on imagine avoir été tenues sans que les itinéraires n’aient été donnés à la police -, ne trouvent aujourd’hui rien à redire sur un règlement municipal qui vise en fait le même objectif que la loi spéciale du gouvernement précédent. Soit de limiter – et non pas d’«encadrer» – la liberté de manifester pacifiquement.

Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre.

Pour ceux qui douteraient encore du pouvoir discrétionnaire dont se réclame le SPVM, il leur serait sage d’aller lire la «procédure à suivre» qui, selon le SPVM lui-même, s’appliquerait aux personnes ou groupes voulant organiser une manifestation. Datée du 24 septembre 2012, le SPVM la postait encore sur son fil twitter aussi récemment que le 27 mars.

Pour les sceptiques, citons le document in extensio :

Vous voulez organiser une manifestation? Vous devez suivre certaines consignes afin de vous assurer que celle-ci se déroule dans le meilleur contexte possible, de façon sécuritaire et conforme à la réglementation municipale.

Voici les grandes lignes à respecter :

  • Communiquer avec le poste de quartier 21 au 514-280-0721 afin de fournir la date, le lieu, l’itinéraire de la manifestation et une évaluation du nombre de manifestants. Si possible, 2 semaines avant l’évènement.
  • Remettre les coordonnées du responsable (nom et un numéro de téléphone du responsable qui doit être facilement joignable).
  • S’assurer qu’il n’y a aucune obstruction au parcours dû à des travaux ou autre entrave. À ce titre, certaines artères empruntées sont sujettes à une évaluation par l’équipe des services d’ordre.
  • Lors du déplacement des manifestants, aucun sens unique ne doit être pris à contre-sens. Il est également fortement recommandé d’éviter les heures de pointe. De plus, nous vous conseillons de mettre en place une équipe de bénévoles identifiés afin d’encadrer les manifestants.
  • Respecter le règlement P-6 de la Ville de Montréal à savoir que dorénavant :
    1. il est interdit de participer à une manifestation avec le visage couvert
    2. il est obligatoire de fournir l’itinéraire à la police
    3. le montant des constats est passé de 100 $ à 500 $

Pour toute question ou incertitude, n’hésitez pas à contacter l’équipe des services d’ordre du poste de quartier 21 au 514-280-0721.

Luc Rivard
Agent sociocommunautaire
Poste de quartier 21

***

Toute une commande, non? Simplement l’exploit de trouver un trajet à Montréal ne contenant pas la moindre «obstruction dû à des travaux ou autre entrave» vaudrait à lui seul un véritable Prix Nobel!

Plus sérieusement, la lecture de cette «procédure à suivre» et des conditions qu’elle édicte donne la pleine mesure de l’arbitraire laissé au SPVM pour l’aider, s’il le désire, à déclarer une manifestation illégale ou pour y mettre fin dès ses débuts.

Cette inquiétude de voir le P-6 étendre les pouvoirs arbitraires des forces policières de manière déraisonnable, le Barreau du Québec, entre autres intervenants et organismes, la partageait pourtant dès le printemps dernier dans une lettre adressée au Président de la Commission de la sécurité publique. Les ministres qui semblent croire que le Barreau n’avait critiqué que la «loi spéciale» des libéraux devraient peut-être la lire.

En voici quelques extraits pertinents:

Par ailleurs, les Chartes des droits garantissent également «la liberté de réunion pacifique». Par la tenue même des termes employés par le Constituant et le législateur québécois, ce droit emporte manifestement une dimension collective puisqu’une seule personne ne peut logiquement tenir une réunion avec elle-même. L’effet conjugué de la liberté d’expression et de la liberté de réunion pacifique fait en sorte que le contenu (ou la teneur) du message est protégé par la liberté d’expression, alors que le mode (ou la forme) d’expression, en l’occurrence une manifestation collective dans les rues, acquiert une protection additionnelle puisqu’il se trouve protégé non seulement par la liberté d’expression, mais aussi par la liberté de réunion pacifique.

La limitation de ces droits et libertés doit pouvoir se justifier dans le cadre d’une société libre et démocratique. Certaines règles doivent être respectées : rationalité, proportionnalité et atteinte minimale aux libertés.

(…) de l’avis du Barreau du Québec, l’obligation de divulguer à l’avance «le lieu exact et l’itinéraire» d’une manifestation peut constituer, en certaines circonstances, une restriction trop importante à la liberté de réunion pacifique garantie par les articles 2c) de la Charte canadienne et 3 de la Chartes québécoise.

Et le Barreau de citer même un arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme :

Pour la Cour, dans des circonstances particulières où pourrait se justifier une réaction immédiate à un événement politique, laquelle prendrait la forme d’une manifestation pacifique, disperser celle-ci au seul motif que l’obligation de déclaration préalable n’a pas été respectée et sans que les participants se soient comportés d’une manière contraire à la loi constitue une restriction disproportionnée à la liberté de réunion pacifique.

Quant à l’interdiction dictée par le P-6 de porter un foulard, un masque ou une cagoule «sans motif raisonnable», le Barreau en questionnait aussi le caractère discrétionnaire de même que sa «portée excessive».

Il était donc écrit dans le ciel que ce Règlement P-6 amendé serait contesté devant les tribunaux. Cette contestation fut d’ailleurs lancée par le professeur de philosophie que l’on retrouve dans le fameux costume d’Anarchopanda. Tenez, par hasard, le même qui, le 22 mars dernier, se retrouvait pris en souricière par les policiers.

Et pourtant…

Malgré tout cela, le gouvernement Marois approuve maintenant le P-6. Et ce, même si son libellé risque fort d’aller à l’encontre des chartes des droits, incluant celle du Québec. Et même si son application par le SPVM apparaît comme abusive au point de servir dorénavant de prétexte pour faire avorter certaines manifs pacifiques dès les premières minutes.

La première ministre juge néanmoins le tout fort «raisonnable». Son ministre responsable de la région de Montréal et très proche conseiller, Jean-François Lisée, le considère même bon pour la «protection» des manifestants.

Cet appui inconsidéré et incohérent au P-6 et à l’usage qu’en fait le SPVM, les élus péquistes l’accordent envers et contre toute analyse la moindrement sérieuse de ce règlement, du contexte politique dans lequel il fut adopté et des circonstances dans lesquelles la police entend s’en servir dorénavant.

Cet appui, ils le donnent malgré:

- les contestations devant les tribunaux;

- plusieurs avis éclairés de juristes s’inquiétant depuis des mois des effets négatifs possibles du P-6;

- l’appel, entre autres, de Québec solidaire, de l‘Association des juristes progressistes et de la clinique Juripop réclamant son abrogation;

- la pétition réclamant son abrogation «pure et simple;

- et enfin, malgré qu’il permette au SPVM d’en prendre prétexte pour élargir ses propres pouvoirs discrétionnaires de manière à empêcher des citoyens de se prévaloir de leurs libertés fondamentales d’expression et de réunion pacifique – un porte-parole du SPVM allant même jusqu’à nier l’existence de cette dernière dans les chartes.

Force est donc de poser la question: où est le leadership du gouvernement Marois sur une matière aussi essentielle à l’exercice de la démocratie que le respect des libertés fondamentales?

Plutôt que de réduire cette problématique complexe et inquiétante à une question d’«itinéraire», pourquoi reste-t-il silencieux au moment même où à Montréal, on empêche la tenue de manifestations pacifiques en prenant des participants en souricière et en prétextant de l’application du P-6?

***

Bref, jusqu’à preuve du contraire, il y a quelque chose de vraiment troublant au royaume des libertés fondamentales au Québec.

L’an dernier, le gouvernement du Parti libéral – père de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne de 1975 – en brisait néanmoins la lettre et l’esprit avec sa «loi spéciale» dénoncée à travers le Québec de même que par des organismes internationaux.

Cette année, le gouvernement du Parti québécois – fondé quant à lui sur le principe de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes -, ferme pourtant les yeux devant la restriction de la liberté de réunion pacifique à laquelle se livre des forces policières sous prétexte d’un règlement municipal amendé en pleine crise sociale à des fins strictement politiques par une administration déjà amplement discréditée.

Ce faisant, le gouvernement cautionne le réflexe répressif du SPVM.

C’est pourquoi cette question transcende toutes les causes et toutes les allégeances. Dans «liberté de réunion pacifique», chaque mot compte. Le respect de cette liberté fondamentale par les lois, les gouvernements, les tribunaux et les forces policières, n’est pas à géométrie variable selon que l’on appuie ou non telle ou telle cause.

Mais consacrera-t-on à cette question importante ne serait-ce qu’une fraction de l’énergie et du temps engouffrés par le nettement plus trivial pastagate?…

Quant aux casseurs, que ce soit dans une manifestation politique ou un défilé de la Coupe Stanley, les lois et les pouvoirs policiers existant bien avant les amendements apportés au Règlement P-6, suffisaient, suffisent et suffiront amplement pour s’en occuper.

Cette question transcende toutes les allégeances et causes parce qu’elle frappe au cœur même de la démocratie, soit l’exercice de la liberté d’expression, autant individuelle que collective et politique.

Mais qui, au gouvernement, se lèvera pour le dire?

À moins qu’avec son sommet sur l’Enseignement supérieur derrière lui et de toute évidence tenté de courtiser l’électorat caquiste, il ne préfère troquer le souvenir même lointain de son carré rouge pour un appui ouvert à l’élargissement des pouvoirs discrétionnaires de la police.

Or, si tel est son choix, qu’il ait au moins le bon goût de ne pas dire aux manifestants que c’est pour leur propre «protection» qu’il trouve fort «raisonnable» le règlement permettant ce même élargissement.

***

Et cette enquête publique indépendante?

Ce qui, on ne s’en sort pas, ramène sur le tapis une autre revendication restée lettre morte auprès du nouveau gouvernement : une enquête publique indépendante sur la répression policière documentée tout au long de la grève étudiante.

S’il faut saluer la décision du ministre de la Sécurité publique de vouloir créer, enfin, un bureau d’enquête indépendant sur les «incidents impliquant des policiers», son refus de mettre sur pied une enquête publique sur les abus policiers se comprend moins.

En octobre, j’en écrivais ceci:

Si la Matricule 728 a maintenant droit, in extremis, à une enquête accélérée, c’est essentiellement pour cause de diffusion publique des événements troublants du 2 octobre entourant l’arrestation violente et dégradante de citoyens pacifiques par la policière Trudeau.

Or, les manifs de ce printemps ont donné lieu à d’autres cas d’abus d’autorité et de violence policière trempés dans le même préjugé anti-carré rouge dont j’analysais les origines dans mon billet précédent.

C’est pourquoi les demandes d’enquête publique sur ces événements se multiplient depuis plusieurs mois.

Dès mai dernier, même Amnistie Internationale, section Canada francophone, en demandait une…

Faisant état de plus de 3 000 arrestations pendant la grève étudiante, de nombreux témoignages rapportant des sévices et des violences physiques et verbales, une pétition formule aussi cette même demande pour une enquête publique au nouveau ministre de la Sécurité publique du gouvernement Marois, Stéphane Bergeron.

Parmi ces témoignages, des vidéos troublantes ont également circulé, dont celle-ci (également ici).

(À titre de comparaison, lors du sommet du G20 tenu à Toronto en 2010, il y avait eu 1, 200 arrestations. Une enquête indépendante fut pourtant tenue par le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police de l’Ontario. Son rapport déposé cette année blâmait sévèrement les corps policiers pour avoir usé d’une force excessive et de préjugés contre les manifestants de même que pour des arrestations massives et illégales. Ce rapport final contenait également 42 recommandations pour améliorer le travail des policiers en situation de conflit.)

Un collectif de professeurs demandent également une enquête publique sur la répression policière de ce printemps.

Bref, si de toute évidence, le «cas» de Matricule 728 n’est pas généralisé, cela n’en fait pas pour autant un cas isolé.

***

Ce jeudi soir, l’émissionEnquête fera justement quant à elle un «retour sur la violente manifestation de Victoriaville, le printemps dernier, qui a fait trois blessés graves et des images révélatrices de l’opération policière».

La première ministre et ses ministres seront-ils à l’écoute?

***

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8 commentaires à propos de “Liberté de réunion pacifique: leadership politique recherché

  1. PARADOXE! On dirait bien que quand la « gauche » prend le pouvoir et c’est un peu la même chose en France, elle se voit contrainte à appliquer des politiques de droite que le gouvernement précédent n’osait pas faire. Elle crée ainsi énormément de désillusions dans l’opinion publique. Le fait-elle parce qu’elle n’a pas le choix ? Si oui cela montre bien qu’elle se sent tout aussi tributaire que la droite des pressions économiques actuelles. L’atteinte du déficit zéro à tout prix, en est un bon exemple. Pire, elle se croit obliger de couper dans certains programmes sociaux pour se donner ainsi une image d’un gouvernement responsable aux yeux des marchés financiers. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les coupures qui ont fait le plus mal l’ont été sous un gouvernement Bouchard et malheureusement le gouvernement Marois semble vouloir emprunter cette même voie. Paradoxal aussi de voir sous un gouvernement péquiste tolérance zéro de la SPVM. Alors comment s’étonner aujourd’hui d’une désillusion croissante d’une bonne partie de la population. Je crois qu’il faut changer le tir et rapidement sinon…

  2. Le PQ est en mode « autodestruction » depuis 16 ans, il est sur le respirateur artificiel depuis ce temps. Le 4 septembre dernier ce parti « gagnait » des élections malgré sa grande impopularité chez les deux tiers de l’électorat, seule l’impopularité encore plus grande de John James a fait changer le régime républicobananier Liberull alors en place. Pauline Marois aura obtenu ce qu’elle ambitionnait, i.e. une note de bas de page dans nos livres d’histoire, Note: 2013-09-04 Première femme à occuper les fonctions d’Intendante à la gouvernance coloniale de la Province of Kwibek.
    Vivement la nécessité d’une nouvelle bataille électorale pour que le Québec reprenne le cours normal de son Histoire, celui de son affranchissement comme pays !!!

  3. Mme Legault, vous manquez de rigueur.

    Quand vous citez l’avis du Barreau du Québec, vous soulignez ce qui fait votre affaire en minimisant l’importance de ce qui, à mon avis , mériterait d’être souligné: … » de l’avis du Barreau du Québec, l’obligation de divulguer à l’avance «le lieu exact et l’itinéraire» d’une manifestation peut constituer, en certaines circonstances, une restriction trop importante à la liberté de réunion pacifique garantie par … » Les mots « peut » et « en certaines circonstances » ne sont pas banals.

    De même, dans l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme cité par le Barreau, vous prenez bien garde de ne pas souligner les mots suivants: « dans des circonstances particulières où pourrait se justifier une réaction immédiate à un événement politique, laquelle prendrait la forme d’une manifestation pacifique ». Pouvez-vous admettre que cela change la donne? Que je sache, les différentes manifestatations qui ont eu lieu depuis un an à Montréal et ailleurs au Québec et qui ont encore lieu de façon sporadique n’ont pas ce caractère de réaction immédiate à un événement politique.

    Les textes juridiques, c’est un peu comme les statistiques: on peut toujours leur faire dire ce que l’on veut.

    • On peut vous reprocher à vous aussi votre manque de rigueur. De toute évidence, vous n’avez pas lu l’avis du Barreau et encore moins le règlement dont le Barreau fait la critique.

      Le Barreau reproche au règlement P6 (art 2.1) d’avoir une portée trop général et ambigu. Cet article ne désigne même pas qui a l’obligation de fournir l’itinéraire, ce que questionne le Barreau. Le Barreau reproche aussi à ce règlement de ne pas permettre les manifestations spontanées garanties par nos chartes. Le Barreau conclue en ajoutant : « D’autre part, cette obligation fait en sorte de limiter, voire d’empêcher la formation de manifestations spontanées dans le cadre de conflits de tout ordre, dont les conflits de travail, ce qui porte entrave au droit à la liberté d’expression et d’association. Finalement, en plus de judiciariser les participants à des manifestations spontanées ou sans itinéraire approuvé, cette disposition aura un effet dissuasif en amont sur certaines personnes ou groupes qui pourraient choisir de ne pas manifester dans ces contraintes, ce qui entrave encore une fois la liberté d’expression. »

      Juger un règlement seulement en fonction des grèves étudiantes est une erreur de votre part, il fallait analyser ce règlement avec toute sa portée comme l’a démontré le Barreau du Québec.

  4. Bonjour,

    Bien évidemment que le Québec avec son conservatisme outrancier et son nationalisme dans le siècle dernier ne fut jamais un exemple à suivre en ce qui a trait aux droits humains et aux libertés civiles…… Et qui plus est, il n’y a pas si longtemps que la très grande majorité des travailleurs québécois avaient les salaires les plus bas au Canada alors que tous les corps policiers du Québec pouvaient se targuer d’avoir les plus haut salaires au Canada. Et que dire de la répression, des amendes astronomiques chargées et payées dans la province de Québec qui surpassent de très loin les frais assumés dans les autres provinces du Canada….. Au plaisir, John Bull.

  5. M. Sauvageau
    Je n’ai fait que souligner ce que Mme Legault a omis de souligner

  6. La gauche, la droite, les péquistes, les libéraux, le SPVM… !!! Allo !!! Le règlement P6 qu’applique le SPVM ne fait que ceci : 1. demander qu’un responsable d’un groupe qui veut tenir une manifestation donne l’itinéraire et le moment de cette manifestation. 2. On manifeste, mais pas le visage couvert. Rien de bien illégal ou qui vise à empêcher la tenue de MANIFESTATIONS PACIFIQUES. Pourquoi ce règlement ? D’une part pour assurer à chacun des citoyens leur droit d’aller et de circuler au sein de la ville ou, encore, d’y exploiter un commerce, en étant ou en étant pas dans la manifestation. Également, pour PROTÉGER LES MANIFESTANTS : quand le trajet est donné aux policiers, ceux-ci escortent et protègent les manifestants contre des actes illégaux pouvant les viser (lancement d’objets, menace de violence, tentative d’agression avec des véhicules, etc.). Car autant LES MANIFESTANTS que les NON MANIFESTANTS méritent d’être protégés ! Quant à la volonté d’interdire les masques utilisés, je pense que quiconque a eu l’occasion de PARTICIPER à ce genre d’événements, pourra témoigner que la majorité (pas tous, mais la majorité) des faits illégaux et souvent empreints de violence — encore là, dans certains cas, sans aucun lien avec une MANIFESTATION qui se voulait PACIFIQUE — posés et qui méritent qu’on arrête ou qu’on interdise ce genre de manifestations, viennent d’individus masqués et «armés» de façon illégale et dangeureuse (balles de golf, points américains, systèmes de lance-flamme ou pour créer des incendies, bâtons de tout type, etc., sans oublier les éléments qu’ils finissent par ramasser sur les CHANTIERS et autres éléments des rues dont parle le règlement, ou ce qu’ils VOLENT dans les commerces durant le trajet et que les policiers n’ont pu protéger, si le trajet n’a pas été donné !!!) pour les NON MANIFESTANTS, pour les COMMERÇANTS, pour les SPECTATEURS, pour les MANIFESTANTS et, malheureusement pour vous, aussi pour les POLICIERS qui doivent intervenir durant ces événements. Et quand je parle des policiers, je parle de la grande majorité des policiers (donc j’élimine la matricule 728 qui a été d’une grande gêne pour le SPVM et pour tous ses agents et cadres) qui sont des individus normaux et qui croient eux aussi aux MANIFESTATIONS PACIFIQUES, méritant d’être tenues et d’être également protégées. OUF !!! Vraiment inconcevable que l’on doive expliquer ceci. Et surtout que Montréal et le SPVM doivent venir qu’à créer et à appliquer un tel règlement, ce qu’ils n’ont eu d’autres choix que de faire en désespoir de cause, suite à l’illogisme des MANIFESTATIONS NON PACIFIQUES et VISANT À TOUT CASSER qui se tenaient, souvent à l’intérieur d’une MANIFESTATION pourtant PACIFIQUE au départ !

  7. Vendredi dernier, le 5 avril, il y a eu une manifestation pour protester contre le règlement P6. Voici les propos d’une marcheuse, tels que rapportés par Véronique Chagnon dans le Devoir du lendemain:  »je peux comprendre les raisons pour lesquelles ils nous demandent de révéler l’itinéraire, mais je ne comprends pas pourquoi la manif devient automatiquement illégale quand on ne le fait pas ».
    Ça aussi c’est troublant. Je crois comprendre qu’un certain nombre de manifestants ne savent pas trop pourquoi ils vont manifester. Ils savent fort bien qu’ils contreviennent au règlement,et ensuite ils s’étonnent du fait que les forces de l’ordre ( oui, je dis bien  »forces », puisqu’il y en a qui ne comprennent que par la force) s’emploient à faire respecter un règlement qu’ils jugent eux-mêmes raisonnable. Bonjour la logique!