Le gouvernement Harper et la Palestine : une politique des deux poids, deux mesures qui nous laisse honteux

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Jeudi, aux Nations Unies, le Canada ne s’est pas contenté de voter contre la reconnaissance de la Palestine comme État observateur non membre de l’ONU, il a cru nécessaire d’en faire plus qu’Israël ou les Etats-Unis en dépêchant son ministre des Affaires étrangères pour rabrouer publiquement les Palestiniens.

Selon le ministre John Baird, les résolutions adoptées au fil des ans par les Nations Unies appellent à une solution négociée et réprouvent les gestes unilatéraux. «Toute mesure unilatérale prise par l’une ou l’autre partie en dehors du cadre bilatéral décrit précédemment s’avère inutile», a déclaré le ministre, avant de conclure par une menace voilée. «À la suite de la décision très regrettable de cet organisme de renoncer entièrement aux principes et aux politiques, nous examinerons toutes les mesures possibles.»

Quand le vote a eu lieu, le Canada s’est retrouvé, avec huit autres pays, dans le tout petit camp des opposants. Et vendredi, il rappelait pour consultations ses envoyés en Israël, en Cisjordanie et aux Nations Unies (New York et Genève).

Le Canada est supposément persuadé que les gestes unilatéraux nuisent à la reprise des négociations. Pourtant, depuis qu’il est au pouvoir, ce gouvernement n’a jamais rappelé Israël à l’ordre pour ses gestes unilatéraux, des empiètements sur le territoire cisjordanien pour la construction de son fameux mur à la poursuite déterminée de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem.

Encore jeudi, le gouvernement israélien a donné le feu vert à la construction de 3000 nouvelles habitations à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, une politique contraire aux résolutions des Nations Unies que M. Baird récitait jeudi. Il n’a encore émis aucune déclaration dénonçant cette décision, contrairement à son homologue américaine Hilary Clinton qui a réagi dès vendredi. La France, de son côté, dénonce chaque expansion. (MISE À JOUR: en fin de semaine, le porte-parole de M. Harper a déclaré au Globe and Mail que «les gestes unilatéraux de l’une ou l’autre des parties ne font pas avancer le processus de paix». Rien de plus.)

La politique de colonisation est une politique unilatérale israélienne qui fait fi des frontières de 1967. Elle entraîne le morcellement du futur État palestinien, au point de mettre en doute sa viabilité. Cette politique est, de l’avis de tous, un des plus importants obstacles à la reprise des négociations de paix, mais Ottawa, sous Harper, n’y trouve rien à redire.

Aucun des communiqués mentionnant Israël émis par les Affaires étrangères depuis février 2006 (et qu’on peut retracer dans la banque de données du gouvernement) n’en fait mention. Ce même gouvernement prétend pourtant toujours soutenir la politique de deux États vivant côte à côte, en paix et en sécurité, sur la base des frontières d’avant 1967.

Le Canada a coupé les vivres à l’autorité palestinienne quand le Hamas a été élu car il disait ne pas vouloir soutenir une organisation terroriste qui préconise une solution violente. Or, depuis deux mois, il laisse planer la menace de représailles contre le gouvernement de Mahmoud Abbas si ce dernier va de l’avant avec sa démarche onusienne.

Ce gouvernement conservateur prétend respecter ses principes, mais lesquels? Par son opposition tonitruante et dénuée de respect, il dit aux Palestiniens que ce n’est pas le recours à la violence qu’il est prêt à sanctionner, mais toute tentative de relever la tête, de forcer le jeu et donc la main d’Israël. Il dit aux Palestiniens qu’ils n’ont pas droit à l’espoir d’une solution qui passe par des moyens de pression pacifiques.

Car c’est un des buts de la démarche d’Abbas. De nombreux Israéliens, qui rêvent de paix, l’ont compris et ont manifesté leur appui jeudi, y compris l’ancien premier ministre Ehud Olmert. «Je crois que la requête palestinienne aux Nations Unies est conforme au concept qui soutient la solution des deux États. Par conséquent, je ne vois aucune raison de s’y opposer», a-t-il déclaré à un journaliste israélien.

En prenant cette position intransigeante, le Canada s’est disqualifié comme intermédiaire crédible ou même simple participant à toute recherche de solution dans ce conflit. Les Palestiniens comptent d’ailleurs exiger que le Canada ne dirige plus le groupe de travail sur les réfugiés (qu’il préside depuis sa création en 1992). Ils ne lui font plus confiance et ils ont raison. Le gouvernement Harper a rompu avec la tradition canadienne .

S’il semble s’en ficher, bien des Canadiens en revanche en sont gênés, même honteux. Et il y a de quoi.

Pour mémoire, la Palestine a eu gain de cause en obtenant l’appui de 138 des 193 États membres, parmi eux de nombreux pays européens, dont la France, l’Espagne, l’Italie, les pays scandinaves. Neuf pays se sont opposés et 41 se sont abstenus, dont la Grande-Bretagne. Ce vote a eu lieu le jour même du 65e anniversaire de l’adoption de la résolution des Nations Unies divisant la Palestine pour créer l’État d’Israël.

16 commentaires à propos de “Le gouvernement Harper et la Palestine : une politique des deux poids, deux mesures qui nous laisse honteux

  1. Merci Mme Cornellier de cet excellent article. Oui c’est honteux d’avoir un gouvernement qui détruit jour après jour l’héritage de Lester B. Pearson à l’époque où le Canada était un ambassadeur de paix.

    Nous avons une politique étrangère de broche à foin guidée par je ne sais pas quels intérêts politiques ou éconiomiques. Moi qui travaille en innovation industrielle je peux vous affirmer que nos meilleurs industriels exportateurs ont de plus en plus de difficultés à percer les marchés étrangers et subissent des contraintes dans l’obtention de leurs visas surtout dans les pays du Golfe et au Moyen-Orient.

    On se tire dans le pied par une telle attitude irresponsable et on menace le bilan de notre balance commerciale.

    Quand finira cette folie à Ottawa et qu’un peu d’intelligence descendra sur le Parti Conservateur ?

    Luc Gravel

  2. Bonjour Mne Cornellier
    Contrairement à la plupart des chroniqueurs des médias populaires, vous avez le courage de nous donner un éclairage juste sur ce sujet nauséabond de la politique étrangère canadienne inqualifiable et provocatrice.

    Israël suspend le transfert des taxes à l’Autorité palestinienne
    En apprenant cet autre geste d’oppression contre les arabes, notre excécrable Ministre des affaires étrangères John Baird va être fou de joie.
    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/12/02/004-israel-taxes-palestine.shtml

  3. Un spécialiste en droit international est venu dire à Radio-Canada que la reconnaissance de la Palestine pouvait signifier son droit de poursuivre des israéliens comme Benyamin Nétanyahou pour crime de guerre.
    Intéressant…

  4. La politique d’appui inconditionnel à Israël, même dans ses pires excès criminels, est basée sur l’interprétation de la bible qu’en font les Conservateurs de M. harper. La croyance que L’Armaguedon, le retour du Christ en Palestine avant la fin du monde, explique l’inexplicable. Le Christ ne saurait renaître en territoire musulman. Eh! :-(

    Avec cette croyance infantile, les Conservateurs de M. Harper, comme les Américains qui soutiennent Israël, justifient toutes les exactions, tous les crimes de guerre commis par l’Israël sioniste. Ce n’est certes pas l’importance du lobby juif canadien qui effraie ce parti. Si c’était le cas, les Libéraux auraient adopté la même philosophie. Or cela n’a pas été le cas.

    Pour ce qui est du NPD, sa position déçoit. C’est celle de lâches.

  5. Sarkozy sur Netanyahou : « Je ne peux plus le voir, c’est un menteur »
    La conversation a porté sur Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien. Sûrs de ne pas être entendus, Barack Obama et Nicolas Sarkozy se sont lâchés, lors d’une conversation privée à Cannes qui ne l’est pas restée à cause d’un « accident ». « Je ne peux plus le voir, c’est un menteur », a lancé Sarkozy. « Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours ! », a rétorqué Obama, qui a ensuite demandé à Sarkozy d’essayer de convaincre les Palestiniens de mettre la pédale douce sur leur demande d’adhésion à l’ONU.

  6. Manon Cornellier: «Cette politique [de colonisation] est, de l’avis de tous, un des plus importants obstacles à la reprise des négociations de paix.»

    Bien sûr. C’est exact. La dite « colonisation » a pour principal but de faire constamment bouger les frontières, afin de rendre tout traité impraticable. Pourtant – un peu à l’image de notre petit problème local du nationalisme québécois et du faux antinationalisme canadien qui est en réalité un nationalisme – ça reste toujours seulement la moitié du problème.

    La fameuse revendication du « droit au retour », pour prendre un autre exemple, a toujours été mise de l’avant pour exactement la même raison que les « colonies » du côté israélien : car vu qu’elle est à l’évidence inacceptable par le camp d’en face, elle garantit la poursuite de la guerre.

    Le but véritable des dirigeants palestiniens et israéliens a toujours été la guerre. Le mot « paix » dans leur bouche respective a toujours été un leurre destiné à abuser l’opinion internationale – avec le succès que l’on sait.

    Israéliens comme Palestiniens, Palestiniens comme Israéliens n’ont jamais voulu la paix, ils n’ont toujours voulu que la victoire.

    Plus précisément, la victoire contre « ces gens-là », pour reprendre l’expression que j’entends couramment, ici même, dans la bouche des uns et des autres.

    Je tombe régulièrement sur des Québécois juifs, des Québécois arabes qui, sans ostentation ni forfanterie – et parfois même sans le petit complexe de supériorité si typique de tous les peuples – sont de si efficaces ambassadeurs de leur culture ou civilisation respective. Parlez-leur cinq minutes et vous aurez aussitôt envie de vous précipiter séance tenante à la bibliothèque pour vous immerger enfin dans Maïmonide ou L’Averroès, pour zyeuter enfin de vieux films avec Daliah Lavi ou Kerima.

    Mais parlez-leur plus de cinq minutes, disons de dix à quinze minutes, et voilà que ça recommence, voilà que repart de plus belle l’éternel périple de leur doigt autour du même œuf: ils se mettent à vous parler de « ces gens-là ».

    Ah, mon bon monsieur, ces gens-là, ah ces gens-là, ces gens-là… !

    Étant d’intelligence plutôt médiocre, j’ai mis un temps fou à faire le lien, pourtant évident, entre le discours d’ici et la boucherie de là-bas.

    Mais additionnez deux plus deux, et vous verrez que c’est l’existence même des Israéliens (« ces gens-là »), c’est l’existence même des Palestiniens (« ces gens-là ») qui est le fond du problème aux yeux respectifs des Palestiniens et des Israéliens. Quand on décortique les deux vulgates sans se faire d’illusions naïves à la sauce québéco-canadienne, on se rend compte que le peuple d’en face n’est même pas censé exister.

    «Israël doit être rejeté à la mer», répètent les uns. «Les soi-disant Palestiniens n’étaient pas là en 1948», répètent les autres. Ça fait des décennies qu’on en est exactement au même point.

    C’est le fait même d’être Israélien qui est un crime aux yeux des Palestiniens. C’est le fait même d’être Palestinien qui est un crime aux yeux des Israéliens.

    D’où l’inhumaine facilité avec laquelle paramilitaires palestiniens et militaires israéliens assassinent autant de civils, en reprenant parfois de l’armée américaine l’immonde euphémisme « dommages collatéraux ».

    En réalité, il n’y a pas, il n’y a jamais eu de civils aux yeux des militaires israéliens et des paramilitaires palestiniens, seulement « ces gens-là », dont l’existence même est une insulte. Les seuls civils qui ont jamais existé à des yeux israéliens sont israéliens ; les seuls civils qui ont jamais existé à des yeux palestiniens sont palestiniens.

    Dans les deux cas, on veut éliminer jusqu’à l’existence même du peuple ennemi, vu qu’il n’est pas censé être là.

    Qu’est-ce qui explique la popularité du Hamas ? C’est qu’il promet plus de meurtres de Juifs. Qu’est-ce qui explique la popularité de Nétanyahou ? C’est qu’il promet plus de meurtres d’Arabes. Les uns et les autres sont populaires parce qu’ils assouvissent les plus bas instincts de leurs populations respectives, révoltées par le fait que « ces gens-là » aient l’audace inqualifiable d’exister alors qu’ils ne sont même pas censés être là.

    Les soi-disant « négociations de paix » qu’évoque naïvement la citoyenne Cornellier n’ont toujours été qu’un habile trucage rhétorique utilisé par les Palestiniens et les Israéliens pour leurrer l’opinion internationale sur leur véritable but: la guerre à finir contre « ces gens-là ».

    Les mots « paix » et « civils » ont toujours été pour les leaders des deux patries l’instrument d’une tromperie monumentale, le seul mystère étant de savoir si oui ou non ils s’abusaient eux-mêmes avant d’abuser les autres.

    C’est rêver en couleurs que de croire une seconde à la bonne volonté, et encore moins à la bonne foi des Palestiniens et des Israéliens. Les négociations de paix auxquelles les uns et les autres se sont parfois prêtés de mauvaise grâce étaient à leurs yeux des trucs stratégiques pour atteindre la victoire, et non la paix. Tout l’art des diplomates Israéliens et Palestiniens engagés dans de prétendues « négociations de paix » a toujours consisté à manœuvrer pour faire habilement porter sur le camp d’en face tout l’odieux de l’échec des négociations. Et ça marche!

    Et si jamais, d’aventure, un leader palestinien ou israélien fait une minuscule ouverture vers la paix véritable, son vis-à-vis israélien ou palestinien se frotte les mains devant cet évident signe de faiblesse, indiquant que le moment d’attaquer est venu !

    Et si jamais un leader du monde arabe, comme Sadate, ou un leader du monde juif, comme Rabin, commet l’erreur fatale de faire un pas de trop vers une paix véritable, il est aussitôt assassiné, bien entendu, par de fiers patriotes. L’assassin de Rabin, l’assassin de Sadate avaient EXACTEMENT le même but: empêcher la paix à tout prix. Et c’est cette mentalité qui prédomine aujourd’hui dans l’une comme dans l’autre patrie: celle des assassins de Rabin, celle des assassins de Sadate.

    Si on attend la paix de ces gens-là (ah, ces gens-là !), on va attendre longtemps en citron. Moi, je n’attends plus.

    Pour Manon Cornellier, il est clair que les négociations de paix doivent absolument reprendre.

    Bien sûr, évidemment, sauf que ce n’est vraiment pas avec les vœux pieux, avec une mentalité cucul-la-praline à la sauce Passe-Partout qu’elles vont reprendre, ces négociations, mais uniquement avec des pressions impitoyables à exercer également (il est crucial que ce soit également) sur les deux belligérants et leur amour immodéré de la boucherie.

    Brocardé au Parlement par les futurs fascistes du Parti nationaliste qui, désireux d’une guerre « to forge the Nation », dénonçaient le traité de Rapallo (1920) avec la Yougoslavie, traité réglant une très épineuse et complexe querelle de frontières, et dont il avait été le principal architecte du côté italien, le ministre des Affaires étrangères d’Italie, Carlo Sforza, répliqua:

    «Je me suis simplement efforcé de faire en sorte que les motifs d’insatisfaction soient également répartis de part et d’autre.»

    Promoteur du principe immortel de L’INTERDÉPENDANCE DES PEUPLES, mon maître à penser le comte Sforza, fameux antifasciste libéral de la première heure, incluait dans ce principe…

    « …l’élimination du plus vieux des droits souverains: celui de faire la guerre». (*)

    Et c’est cela que je propose: d’enlever aux deux belligérants le droit de faire la guerre et de leur enfoncer dans la gorge ce dont ils n’ont en réalité jamais voulu: une paix véritable, conçue comme le traité de Rapallo «afin que les motifs d’insatisfaction soient également répartis de part et d’autre».

    Il faut que les motifs d’insatisfaction (pas de satisfaction, on s’entend) soient également répartis de part et d’autre, mais surtout, prendre les moyens pour qu’ils le soient. Il faut enfoncer la paix dans la gorge de « ces gens-là », car Palestiniens et Israéliens sont d’abord et avant tout d’excellents tueurs. En matière de traités, par contre, ce sont des incompétents.

    Pour obtenir une paix véritable, une paix qui tienne la route et ne soit pas un énième sabotage orchestré par la racaille belliciste de part et d’autre, pour obtenir un tracé de frontière simple et intelligent, monolinéaire, conçu comme le moins pire des tracés et non comme un piège habile pour avoir le dessus sur « ces gens-là », il est évident que ni les Israéliens, ni les Palestiniens ne doivent avoir le dernier mot dans les prochaines négociations – de vraies négociations cette fois. Il est également évident que ni les pays musulmans d’une part, ni les États-Unis et le Canada d’autre part, ne peuvent être décisionnels dans le processus, car les uns et les autres ont décidé de se ranger quoi qu’il arrive, crois ou meurs, derrière soit l’un, soit l’autre des deux deux belligérants, devenant par conséquent leurs complices aux mains immaculées.

    Plusieurs patries de bonne volonté – le Japon? le Danemark ? l’Inde ? l’Italie ? le Brésil ? la Tchéquie ? l’Afrique du Sud ? la Corée du Sud ? la Bulgarie ? – doivent, d’une façon ou d’une autre sous l’égide d’une ONU ayant enfin tiré les conclusions de ses erreurs rwandaises et ex-yougoslaves, tout reprendre da capo, en étant conscient que ce qu’on appelle naïvement « le processus de paix » a toujours été miné par d’habiles manœuvres israéliennes et palestiniennes destinées à multiplier méandres et atermoiements afin que la boucherie se poursuive.

    Les vœux pieux à la sauce gnangnan-Walt-Disney (« Pourquoi vous voulez pas être des n’amis ?» «Vous savez pas que c’est pas beau la violence?»), voilà la mentalité même qui a envoyé en ex-Yougoslavie et au Rwanda des forces de paix eunuques qui ont assisté en spectatrices aux ravages génocidaires d’une nouvelle variante du fascisme biologique à la cervelle déconstruite. Cette mentalité nulle et non avenue doit céder la place à une opération internationale anti-guerre, menée toutefois dans un esprit plus antifasciste que pacifiste (mais alors l’antifascisme véritable, bien sûr, celui de la génération du 8 septembre 1943, et non l’ignare antifascisme en peau de lapin de la génération mai 68).

    Cette opération internationale consiste à installer sur place, de façon permanente et non temporaire, pour plus d’un siècle s’il le faut, une zone-tampon bourrée jusqu’à la gueule de militaires aguerris de tous pays – sauf les pays musulmans d’une part et les USA et le Canada d’autre part – formant une force d’interposition patibulaire et armée jusqu’aux dents dont les armes sont également pointées en permanence vers les Israéliens et les Palestiniens. Le mot d’ordre est de tirer à vue sur quiconque fait mine de rompre le cessez-le-feu, et de déloger sans merci tout ce qui s’appelle snipers, lance-roquettes, fanatiques religieux du Hamas en extase judéocide, généraux à moitié fous de Tsahal en extase arabocide, sympathique vieille dame s’apprêtant à lancer ne serait-ce qu’un minuscule caillou en direction de « ces gens-là ».

    Ça va faire des morts aussi, bien sûr, mais surtout parmi la racaille belliciste de part et d’autre.

    Autrement dit, Israéliens et Palestiniens doivent enfin se rendre et donner le champ libre à une communauté internationale fermement décidée à s’interposer entre les belligérants.

    En relisant mon message je me rends compte que je vais un peu loin, avec mes histoires de boucherie et de peuples ivres de sang, mais au fond c’est normal. C’est que je suis deux fois pire que le pire des Israéliens, deux fois pire que le pire des Palestiniens, étant donné que les Palestiniens et les Israéliens sont rongés, eux, seulement par la haine du peuple d’en face, tandis que moi je suis rongé par une haine rigoureusement égale des deux peuples : Israéliens juifs et non juifs (nationalité), juifs et non juifs (religion), Palestiniens arabes et non arabes, musulmans et non musulmans.

    En essayant de comprendre ce qui a pu m’arriver, cette haine rigoureusement égale des deux peuples qui m’habite s’explique fort probablement par le fait que, ayant voulu m’embarquer dans une histoire trop grande pour moi, j’ai compris à l’envers les principes immortels de Giuseppe Mazzini: « L’égalité de tous les peuples » et « J’aime ma patrie parce que j’aime toutes les patries ».

    Voilà. Et puisqu’il s’agit de répartir également les motifs d’insatisfaction, je dis: ni colonies, ni droit au retour ! Et ce n’est qu’un début.

    Marc Provencher

    (*) Cité dans SFORZA, Carlo. ‘L’Italie contemporaine: ses origines intellectuelles et morales’, Paris, 1948.

  7. Malheureusement, il y a longtemps que je ne commente plus les gestes stupides de ce gouvernement.

  8. A la veille d’un voyage a l’étranger, j’avoue ne pas être fière du tout d’être Canadienne. C’est pathétique…

  9. Le parti de Harper se comporte de plus en plus comme un parti facisant et autoritaire.Quand on regarde son parcours des deux dernières années surtout,il est indéniable que ce parti a adopté un cheminement qui fait abstraction des principes démocratiques tels que définis par l’histoire récente du Canada.
    Honte!

  10. Moi ce qui me rend honteux c’est de voir à quel point il y a beaucoup de gens au Québec et au Canda pour supporter les terroristes du Hamas.

    Bravo à John Baird qui ne s’est pas laissé intimider par les médias, il a fait ce qui était juste.

  11. Qu’est-ce qui se passe avec vous Canada? vous étiez cool dans le temps?!

  12. Roger Lapointe: « Le parti de Harper se comporte de plus en plus comme un parti fascisant. »

    Oh-oh. « Fascisant », voilà une accusation de la plus haute gravité.

    Étant donné que l’espace ne manque vraiment pas sur ce forum – voir mon message précédent ! – ne doutons pas que le citoyen Lapointe est prêt à nous démontrer de manière bien informée en quoi le Parti conservateur remplit les conditions du minimum fasciste. Je suis persuadé que mon concitoyen ne pose pas à la légère un diagnostic aussi alarmant.

    Allez-y, citoyen Lapointe, lâchez-vous lousse. Une belle démonstration de fascisme clé en main.

    Car comme l’écrivait le poète Lauro De Bosis – dirigeant avec Mario Vincinguerra de l’Alliance, mouvement antifasciste de la droite monarchiste-constitutionnelle – dans sa lettre d’adieu ‘Histoire de ma mort’, qu’il rédigea avant de s’envoler depuis Marseille le soir du 3 octobre 1931 pour aller jeter du haut de son avion 400 000 tracts antifascistes sur la Ville éternelle :

    « Comme du pain sur une cité affamée, les livres d’histoire doivent être jetés sur Rome ! »

  13. Ce qui laisse pantois dans ce conflit asymétrique où il n’y a aucun équilibre des forces en présence c’est que ce sont les « civils » (ceux qui ne tirent pas des roquettes ou qui ne sont pas combattants) qui paient le prix le plus fort. Chacun des protagonistes n’a pas besoin de plus d’alliés pour essayer de détruire l’autre, il y en a déjà bien assez. Les civils palestiniens et israéliens ont juste besoin de paix de du droit de vivre – ce sont des droits fondamentaux protégés par le droit international et les conventions. Sous la gouverne Harper, le Canada devient comme la mouche du coche ou la grenouille qui se prend pour un boeuf alors que ces positions conservatrices sont d’une insignifiance incommensurable. Le Canada est devenu avec Harper et sa clique partie du problème et non de sa solution.

  14. C’est dans ces situations que je suis content que le Canada ne soit pas une force militaire égal aux États-Unis. Notre président Harper serait dangereux pour l’humanité .

  15. Les gouvernements arabes ne vivent pas dans un monde de nuances.
    Une vision d’Israel en noir uniquement ,en «méchants». Le mal incarné.
    Leur but: détruire Israel, quitte à empecher leurs frères arabes palestiniens d’immigrer dans leur pays, préférant les obliger à rester dans des zones restreintes.
    Il ne faut pas oublier que les arabes Jordaniens ont abattu des centaines de miliers d’arabes palestiniens lors du fameux septembre noir en 1970.
    Mais n’insistons pas sur ces faits politiquement incorrectes.
    Contentons-nous de rappeler que les arabes autres que palestiniens ont refusé la proposition de l’ONU en 1947 de créer un état palestinien !!
    Malheureusement pour eux, les palestiniens ont été écarté de cette décision et ils en souffrent depuis.

  16. Et que fait le Monde pour dénoncer les gestes unilatéraux quotidiens des Palos, à savoir le bombardement de la population civile israélienne ?

    Ignorante.