Ozone au dessus de l’Arctique: un trou inquiétant

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Pour la première fois, un «trou» dans la couche d’ozone au dessus de l’Arctique a atteint une taille comparable à ce que l’on observe en Antarctique, selon une étude publiée cette semaine dans Nature.

Cette nouvelle est inquiétante à plusieurs égards.

D’une part, parce que l’apauvrissement de l’ozone au dessus de l’Arctique expose une bonne partie des populations nordiques à un plus haut niveau de rayonnement UV qui, s’il persiste, risque d’accroître le nombre de cancers de la peau.

L’augmentation des UV a aussi de nombreux impacts sur d’autres espèces animales et végétales qu’on ne comprend pas bien encore.

Sous l’effet des températures dans la stratosphère arctique plus basses qu’à l’habitude au cours de l’hiver dernier, 80 % de l’ozone a disparu sur une vaste superficie qui s’étend jusqu’à nord de la Russie et de la Mongolie, selon les chercheurs.

Le phénomène est temporaire et la couche d’ozone a repris du mieux depuis, comme c’est le cas à chaque année dans l’Antarctique. Mais il n’en reste pas moins très préoccupant.

D’autre part, parce que les scientifiques sont incapables de prédire si la situation va empirer ou rester stable au cours des prochaines années.

Cet épisode montre en effet que l’ozone peut être détruite dans l’Arctique à des températures bien plus élevées que dans l’Antarctique, sans que l’on sache pourquoi.

Que de tels phénomènes puissent prendre les scientifiques par surprise montre à quel point la recherche peine à modéliser des perturbations atmosphériques de grande échelle induites par les activités humaines, qui risquent pourtant de bouleverser la vie sur Terre à plus ou moins brève échéance.

L’apauvrissement de la couche d’ozone est, encore aujourd’hui, due en bonne partie à l’émission massive des CFC avant la signature du Protocole de Montréal qui en a banni la production… il y a 22 ans.

Mais alors que cette étude vient nous rappeler de manière brutale la nécessité de mieux comprendre les conséquences à long terme des activités humaines sur la planète, de les réglementer sans traîner et d’en suivre les impacts, le gouvernement fédéral abolit des centaines de postes à Environnement Canada. Dont ceux de chercheurs qui travaillaient justement sur l’ozone!

300 postes seront supprimés sur les 775 que compte Environnement Canada, en raison du «contexte budgétaire serré», selon le ministre Peter Kent.

Deux trous dans la couche d’ozone n’ont pas réussi à le faire changer d’avis, pas plus que la réaction ulcérée des scientifiques qui ne croient pas un seul instant que ces coupures n’auront aucune conséquence sur leur travail.

Rendus là, c’est à ce demander s’il ne faudrait pas envisager des sanctions internationales contre des décisions aussi irresponsables!

Une chouette vidéo pour finir, sur l’histoire de la science de l’ozone au dessus de l’Antarctique.

7 commentaires à propos de “Ozone au dessus de l’Arctique: un trou inquiétant

  1. Je relève une contradiction dans le phénomène observé au dessus de l’Arctique: une fois il s’agit de températures anormalement basses, et plus loin de températures plus élevées qu’en Antarctique.
    Ensuite que la diminution de l’ozone stratosphérique concerne le nord de la Russie et de la Mongolie. Or ce dernier territoire est séparé de l’Océan Arctique par toute la largeur de la Sibérie. Le cercle polaire passe loin de sa frontière Nord
    Enfin, à l’intérieur du cercle polaire, en hiver, aucune lumière n’atteint le sol. Le risque d’atteinte par les UV de populations clairsemées et vêtues en conséquence des températures, est forcément très faible, sinon nul.

  2. Bon article et merci pour le vidéo qui explique très bien la situation de la couche d’ozone, les gaz à effet de serre et nôtre rôle par rapport au climat.

    M. Leclercq, je crois que vous avez oublié de visionner le documentaire, très intéressant, lié.

  3. Il ne faut pas oublier que des preuves scientifique suite à l’analyse des champs magnétiques de la terre commencent à démontrer que nous sommes à l’aube d’un renversement des pôles magnétiques. Phénomène encore un peu mystérieux. Certaines traces de mélange des positifs et négatifs qui commence à se mélanger à l’échelle mondiale. Les observations tendent à démontrer que lorsque ce phénomène se produit, la planète fait un renversement. C’est arrivé plusieurs fois dans le passé. Merci aux pierres volcaniques qui sont un excellent enregistreur de la diretion des pôles magnétique. Ça peut être une explication, en partie, du fait que les pôles ont de la difficulté à garder leur stabilité pour l’ozone. Étant donné que le mouvement des failles magnétiques est en mouvement, ça peut expliquer en partie pouquoi les trous d’ozone sont plus ou moins stable. Moins d’ozone explique aussi un réchauffement global de la planète. Tout cela s’est déjà produit avant… Ça se produira donc encore. J’aimerais bien le voir de mon vivant.

  4. @Mélanie
    J’ai regardé cette video puisque vous m’y invitiez. Je n’ignorais pas le rôle des CFC dans la formation du trou d’ozone. Mais comment expliquer que cette destruction ne concerne que La surface de la région polaire sud pendant l’hiver austral? Parce qu’ailleurs l’ozone est en permanence synthétisée par les UV solaires. Au dessus du continent antarctique il fait très froid, plus froid qu’au dessus de l’océan Arctique, et en hiver, les rayons solaires sont rasants. La destruction par les molécules de CFC n’est pas compensée par une synthèse.
    La surface de la terre incluse dans le cercle polaire n’est pas éclairée pendant plusieurs mois. Quand le soleil réapparait, il est au ras de l’horizon. Il ne s’élève jamais beaucoup et fait le tour de l’horizon en été. Sa lumière ne peut avoir la dangerosité d’une zone de montagne où l’air est raréfié.
    Les scientifiques qui s’expriment dans la video font des prévisions météorologiques à vingt ou trente ans, à coups de « je pense » ou « je crois ». Ce n’est pas sérieux!
    L’hiver dernier, c’est l’Océan Arctique qui a été surmonté par un trou d’ozone. L’explication? Un froid plus intense que d’habitude.
    Mais, chut, ça se réchauffe, vous-dis-je!
    Si je félicite les scientifiques d’avoir fait interdire les CFC, pour les autres hypothèses catastrophistes, je suis nettement plus réservé.

  5. Vous auriez intérêt à vous informer un peu mieux et à des sources fiables. La destruction de l’ozone se fait sur les cristaux de glace de nuages stratosphériques polaires sur lesquels s’accumule les molécules chlorées provenant des CFC. Ces dernières s’accumulent pendant l’hiver et provoquent la destruction de l’ozone au printemps alors que le Soleil se lève et que les nuages stratosphériques polaires sont encore présents.

    Ce qui se passe dans l’Arctique est que la température de la basse atmosphère augmente alors que celle de la stratosphère diminue. Ce changement est provoqué par l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre.

    Il y a aussi un autre phénomène qui lui est lié est c’est l’augmentation du vortex polaire. En Antarctique, il se forme facilement car, il n’y a pas de continent pour perturber le mouvement des l’air. C’est différent dans l’Arctique. Ce vortex, isole l’atmosphère du reste de la planète ce qui lui permet de se refroidir plus encore.

    Dans l’hémisphère sud, il y a des signes de récupération de la couche d’ozone car la concentration de CFC diminue. Cependant, dans l’hémisphère nord, l’effet des changement climatique est plus puissant que la réduction de la concentration des CFC.

  6. Rétrolien: Réchauffement médiatique » Blog Archive » Ozone en Arctique: l’actualité et le trou