Isotopes médicaux : les cyclotrons fonctionnent !

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Le Canada devrait pouvoir produire suffisamment d’isotopes médicaux grâce à ses cyclotrons avant la fermeture du réacteur nucléaire de Chalk River, prévue pour 2016, selon les chercheurs du consortium universitaire Triumf, qui ont présenté hier matin un bilan de leurs travaux au congrès de l’AAAS à Vancouver.

Selon Paul Schaffer, chef de la division de médecine nucléaire de Triumf, deux cyclotrons, un en Colombie-Britannique, l’autre en Ontario, ont déjà réussi à produire du technetium-99m en quantité commerciale.

Ce radio-isotope sert dans pour plus de 80% des examens d’imagerie nucléaire au Canada.

Il ne semble y avoir aucun obstacle technique à ce que les 14 autres cyclotrons canadiens, dont ceux de Montréal et Sherbrooke, puissent bientôt en faire autant.

Aujourd’hui, le technetium-99m est fabriqué à partir de molybdène produit dans le réacteur nucléaire vieillissant de Chalk River, qui avait dû interrompre sa production à deux reprises en 2007 et 2009, provoquant une pénurie mondiale.

Les cyclotrons sont de petits accélérateurs de particules (de la taille d’une cuisine environ). Il en faudra plusieurs dizaines (voire centaines) à travers le monde pour produire autant qu’un seul réacteur nucléaire, d’autant plus que la demi-vie du technetium-99m n’est que de 6 heures (il doit donc être produit près de là où il est utilisé).

Les scientifiques de Triumf réclamaient depuis plusieurs années des fonds au gouvernement fédéral pour avancer dans leurs recherches, de manière à pouvoir anticiper la fermeture de Chalk River. Ils ont finalement été entendus lors de la dernière crise.

Selon François Bénard, médecin chercheur à la BC Cancer Agency qui participe au projet, il reste à obtenir les autorisations de Santé Canada, ce qui ne devrait pas poser de problème.

Sept nouveaux cyclotrons sont en construction ou planifiés au Canada. Chacun coûte environ 5 millions de dollars.

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