Science chinoise : de l’acupuncture au synchrotron

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Des scientifiques chinois ont commencé à scruter les points d’acupuncture à l’aide du synchrotron de Shanghai (voir ce billet à son sujet), annonçait récemment l’Académie chinoise des sciences.

Voilà un travail de recherche qui montre bien à quel point la montée en puissance de la science chinoise, dont je vous parlais hier, risque non seulement de bouleverser l’économie mondiale, mais aussi de faire progresser nos connaissances dans bien des domaines et de changer notre quotidien.

Dans les pays occidentaux, on classe l’acupuncture parmi les médecines douces. Même si on ne comprend pas bien les fondements scientifiques de cette approche, il est admis qu’elle peut donner des résultats positifs dans plusieurs cas, comme l’ont montré plusieurs chercheurs (voir ici et ici, par exemple)

Mais qui, en Occident, a la volonté de financer des recherches plus poussées sur l’acupuncture ?

Certainement pas les compagnies pharmaceutiques ou les fabricants de matériel médical de pointe !

Certainement pas non plus les gouvernements. Imaginez-vous le ministre Bolduc annonçant un investissement majeur dans la recherche en acupuncture ? Il se ferait tomber dessus à bras raccourcis.

En Chine, par contre, la nouvelle n’a fait sourciller personne, bien au contraire. Les Chinois sont très fiers de chercher, grâce à la science, à transformer une médecine traditionnelle en médecine du futur. Et ils ont bien raison.

Car imaginez que, grâce aux recherches chinoises, on comprenne enfin comment fonctionne l’acupuncture et qu’on trouve des moyens de la rendre plus performante, au point qu’elle devienne la solution première à certains problèmes de santé. Ce serait une révolution.

Imaginez que quelques séances d’acupuncture une fois par an puisse traiter pratiquement à coup sûr chaque personne aux prises avec des maux de dos qui ne cèdent aujourd’hui qu’à un usage longue durée de médicaments anti-inflammatoires non dénués d’effets secondaires.

Moins de médicaments, moins de visites médicales… que d’économies pour notre système de santé ! Et quel challenge pour les compagnies pharmaceutiques, qui pour continuer d’exister devraient nous vendre des médicaments moins chers et plus performants !

On peut toujours rêver. Mais en attendant, allez la science, en Chine ou ailleurs !

14 commentaires à propos de “Science chinoise : de l’acupuncture au synchrotron

  1. L’acupuncture n’est rien d’autre qu’une autre pseudo-science. Dans l’article auquel vous référez (German Acupuncture Trials (GERAC) for Chronic Low Back Pain), l’acupuncture n’a pas donné de résultats significativement différents de l’acupuncture placebo (« sham acupuncture »).

    « Verum acupuncture was not superior to sham acupuncture, with an observed difference of 3.4% (P = .39) »

    Les sceptiques du Québec ont d’ailleurs quelques articles sur l’acupuncture (http://www.sceptiques.qc.ca/system/recherche?searchquery=acupuncture)

    Provenant d’un blogue visant à promouvoir la science, je trouve ce texte très décevant

  2. L’acupuncture a comme objectif de rétablir les trajets des méridiens qui traverseraient notre corps et qui pour toutes sortes de raisons ont cessé de transmettre l’énergie qui passe par ces routes.
    C’est de la médecine antique, comme l’ayurveda. Libre à chacun d’y croire. De mon côté. je pratique des exercices de QiGong qui visent précisément le maintien de ces méridiens et des exercices de yoga qui correspondent aux 7 chakras(roue d’énergie). Je fais ces exercices pcq j’aime ça et le pire est de se casser la tête à savoir si tout est vrai ou non. L’important est de faire les exercices, ceci étant reconnu mondialement, mais de façon douce, sans rien forcer du corps, de telle sorte qu’on se sente toujours bien et en santé.

  3. L’avantage d’avoir un pays comme la Chine dans la recherche scientifique, c’est qu’il n’est obligé de rapporter gros à la fin. Contrairement aux recherches financées par les compagnies pharmaceutiques, qui voient les recherches comme des placements à risques.
    Heureusement, il n’y a pas que la Chine. Le Dr. Richard Béliveau a fait des recherches sur des aliments que l’on peut retrouver au supermarché.

    @ Valérie Borde
    Intéressant comme point de vue. Habituellement tout qui attrait à la Chine est diabolisé. Maintenant, je ne voit plus seulement le développement de la Chine comme une menace, mais peut-être comme un complément pour certains champs de compétence.

  4. Je vous lis occasionnellement et apprécie souvent vos points de vue intéressants. Je suis d’autant plus perplexe, un peu triste, de voir le crédit que vous semblez donner à ces pratiques qui, comme l’indique justement G. Gregoire, n’ont pas grand chose de commun avec la science.

    Par ailleurs, après une brève sur la montée en puissance du potentiel scientifique chinois, cet article crée la confusion. Oui, la Chine investit dans la recherche scientifique et obtient des résultats mais cela n’a rien à voir avec l’acupuncture et c’est presque caricatural de réduire la « science chinoise » à cela. C’est un peu comme si on se réjouissait de voir des la « science occidentale » investir dans des études astrologiques ou la quête du Graal…

    La science n’est pas « chinoise » ou occidentale, elle est universelle. Il y a naturellement une compétition entre les scientifiques du monde entier mais elle n’a pas grand chose à voir avec les pratiques culturelles propres à chaque pays.

  5. C’est lamentable. Une conspiration des entreprises pharmaceutiques contre l’acupuncture? Ben voyons!

  6. Je trouve le commentaire précédent injuste et prétentieux. Le NICE au UK a recommandé l’acupuncture pour certains traitements. Je suis une journaliste/rédactrice scientifique (virologue de formation) spécialisée dans la vaccination, et j’apprécie particulièrement cette ouverture de Valérie Borde, d’autant plus qu’il n’y a rien de dogmatique dans ce qu’elle écrit: l’acunpuncture ne bénéficie effectivement pas du même soutien financier que la promotion de la vaccination (qui est en outre un puissant outil de santé publique) et peu d’études y sont consacrées, aucun lobbying dans nos pays. Il ne faut pas oublier que l’aspirine a été découvert empiriquement et ne pas mépriser certaines sciences, sous prétexte que leur développement a été empirique. L »evidence-based medecine » a aussi ses limites comme les montrent les travaux récents sur les biais et y croire aveuglement, c’est plonger dans la croyance (avec pour risque une régression obscurantiste): ce n’est pas une attitude éclairée. Par ailleurs, les sciences « dures » ne détiennent pas à elles seules la clé de l’humain. Des philosophes comme Georges Ganguilhem ou des anthropologues comme David Le Breton nous en apprennent autant sur la médecine que les études cliniques!

  7. Si la méthode scientifique est utilisée de façon rigoureuse, qu’on découvre certains bienfaits, et qu’on en comprenne le mécanisme, pourquoi pas? Les études sur le sujet sont peu nombreuses, mais il y a certains indices qui laissent penser que dans certains cas très précis, il pourrait y avoir un bénéfice. Il n’y a rien de mal à répéter des études, au contraire, c’est à la base de la démarche scientifique. Si ces conclusions s’avèrent fausses, on le saura. Autrement, il faudra tenter de comprendre.

  8. Nooooooooooon!!!

    Mais c’est un cauchemar?!?

    Ma blogueuse favorite, que j’appréciais pour son scepticisme scientifique, tombe dans le panneau des pseudosciences!!! Trop triste!

    Mme Borde: l’acupuncture, c’est de la merde. Ça ne bat pas l’effet placebo. Faites vos recherches, vous allez voir.

    Bon, je vais aller pleurer seul dans mon coin … :)

  9. Mme Borde,

    Merci de m’apprendre qu’enfin science et acpunture vont finir par se rencontrer. Je suis une scientifique convaincue et plutôt spectique de nature. Pendant plusieurs années j’ai soufferts d’ulcères chroniques et j’étais condamnée à avaler une dispendieuse pilule par jour jusqu’à jamais. En deux traitements d’acupunture les ulcères ont disparu et mon rétablissement a été confirmé par un gastro-entérologue qui n’y comprenait rien.

    Aujourd’hui, lorsque je suis malade, je consulte mon acupuncteur et toujours avec d’aussi bons résultats.

    Dans mon cas, l’essayer c’Est l’adopter

  10. @isascience: vous avez raison mais, il apparait qu’il y a déjà eu des études scientifiques sur le sujet et que rien n’a été démontré concernant des bienfaits de l’acupuncture autres que l’effet placebo (qui n’est jamais à négliger, surtout dans ce cas : j’imagine que l’attention soutenue, portée à un patient traité suivant ces méthodes, doit jouer pour beaucoup dans le soulagement ressenti).

    Du coup, je ne vois pas trop l’intérêt d’utiliser un synchrotron pour « scruter » les points d’acupuncture. C’est un peu comme si on envoyait un sonde spatiale vers la constellation du Capricorne pour « scruter » son influence astrologique…

  11. @Jacques

    Je ne crois pas qu’il y ait eu assez d’études pour confirmer encore. Le problème, c’est que dans certaines études, on a aussi démontré qu’un positionnement aléatoire des aiguilles (souvent utilisé comme placebo dans les études sur l’acupuncture) fonctionnait mieux qu’un autre placebo! Est-ce que ce n’est pas tant l’acupuncture qui fonctionne (et toute sa mythologie), mais l’utilisation d’aiguilles sur la peau, peu importe la position? Il y a encore beaucoup de questions!

    « Disclaimer », comme on dit en anglais: je n’ai jamais eu recours à l’acupuncture. :)

  12. Chère madame Bordé, en rédigeant votre article, vous avez malheureusement oublié d’insérer ces balises : .

    Il serait vital pour vos lecteurs de connaître le vrai fond de votre pensée sur le sujet, soit en faisant un ajout à votre entrée, soit en écrivant un nouvel article.

  13. Les balises dont je parle sont ceux de l’ironie, début et fin.

  14. Il faut des preuves. les organismes de sceptiques dénoncent la complaisance envers les ‘médecines douces’ qui sont acceptées sans preuves médicales, pour des raisons peut-être comme un relativisme post-moderniste qui aime bien ‘blaster’ la science ‘officielle’. Et le conspirationisme ambiant.