Universités : pour avancer dans la guerre des chiffres

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La CRÉPUQ a publié hier une nouvelle étude sur le sous-financement des universités, à deux jours de la troisième rencontre préparatoire au Sommet sur l’enseignement supérieur, qui se tiendra vendredi à Sherbrooke et portera justement sur la gouvernance et le financement des universités.

Sa conclusion : les universités du Québec souffrent d’un sous-financement croissant, passé de 325 millions de dollars en 2002 à 850 millions en 2009-2010.

Même si sa méthodologie a été validée par le directeur du CIRANO, un centre de recherche réputé, l’étude est déjà critiquée par la FEUQ.

Le ministre Pierre Duchesne s’est quant à lui seulement réjoui qu’une nouvelle étude soit publiée et puisse être analysée par les fonctionnaires.

Tous les analystes s’entendent pour dire qu’il n’est pas facile de s’y retrouver dans ces chiffres.

Comme elle l’avait déjà fait en 2002 et en 2010, la CRÉPUQ tente avec cette étude de mesurer l’écart entre le financement reçu par les universités au Québec et celui dont disposent les universités du reste du Canada.

l s’agit donc d’un sous-financement non pas dans l’absolu, mais par rapport à ce lui se fait ailleurs au pays.

Ce qui devrait logiquement impliquer quelques questions:

- Est-ce que le degré de financement des universités dans le reste du Canada est plus adéquat qu’au Québec ? Plus n’est en effet pas synonyme de mieux…

- Y a-t-il une raison précise qui nous fait comparer le Québec au reste du Canada et pas aux États-Unis ou à la France, par exemple, sachant que la compétition entre les universités est mondiale ?

- le Québec et le reste du Canada sont-ils d’ailleurs dans des situations réellement comparables, même si les savants calculs de la CRÉPUQ tiennent compte du fait que le système des cégeps qui n’existe qu’au Québec peut biaiser les calculs? L’Ontario est probablement très comparable au Québec à plusieurs titres. Mais quid du reste du pays, de l’Alberta ou de la Colombie-britannique, qui vivent des situations économiques et démographiques bien différentes de celles du Québec ?

Malheureusement, l’étude de la CRÉPUQ ne répond à aucune de ces questions, considérant comme implicite qu’un financement inférieur au Québec est forcément mauvais.

Elle gagnerait nettement en crédibilité à mieux expliquer ce point de vue.

Les associations étudiantes, quant à elles, reprochent à la CRÉPUQ d’utiliser les chiffres qui l’arrangent pour mener ses études.

Ceux-ci viennent pourtant de sources réputées fiables, et rien n’empêche Québec ou les étudiants de les utiliser pour mener leurs propres analyses.

Il s’agit d’une part du Système d’information sur les étudiants postesecondaires de Statistiques Canada.

Et d’autre part du rapport annuel Information financière des universités et collèges, qui est réalisé chaque année par Statistiques Canada à l’intention de l’Association canadienne du personnel administratif universitaire (ACPAU) et disponible gratuitement en pdf.

Si le gouvernement et les étudiants veulent faire avancer le débat, ils devraient analyser ces mêmee données et publier leurs résultats en intégralité.

Ou sinon, nous expliquer clairement pourquoi ils ne font pas confiance à ces chiffres, plutôt que de se contenter d’accuser la CRÉPUQ de parti pris.

Ils y gagneraient nettement en crédibilité.

Les monceaux de données disponibles ne demandent qu’à parler.

Un exemple. Quand on analyse les revenus de placements des universités dans les rapports de l’ACPAU, on constate que les universités québécoises s’en tirent nettement moins bien que les autres.

Entre 2005 et 2011, leurs revenus de placements ont diminué de 20 à 17 millions de dollars, alors qu’ils ont augmenté partout ailleurs au pays : de 92 à 166 millions en Ontario, de 25 à 48 millions en Alberta tout comme en Colombie-Britannique.

La conjoncture boursière est pourtant assez semblable d’un océan à l’autre. Est-ce à dire que les recteurs et principaux du Québec ont moins bien géré leur bas de laine, ce qui pourrait, en partie, expliquer pourquoi l’écart de financement avec le reste du Canada a augmenté ?

La CRÉPUQ évoque cette question dans son rapport, mais n’en donne aucune explication. Un autre avis SVP!

5 commentaires à propos de “Universités : pour avancer dans la guerre des chiffres

  1. (1)

    « Ou sinon, nous expliquer clairement pourquoi ils ne font pas confiance à ces chiffres, plutôt que de se contenter d’accuser la CRÉPUQ de parti pris.
    Ils y gagneraient nettement en crédibilité. »

    Je vais passe outre les petites pique ici et la ….

    Il me semble qu’en particulier Martine Desjardin sur plusieurs tribunes explique clairement les problemes avec la methodologie de la CREPUQ (essentiellement la meme que lorsqu’on evoque 320 millions)

    (a) Les universites font une simple comparaison et en prenant certains fonds seulement.

    (b) Elles ne font pas d’evaluation de leur besoin. On a bien compris la gamique … les universites attendent de voir combien elles vont avoir pour definir leur besoin en fonction …

    Je me rappelle une entrevue epique au 98,5 entre le recteur de l’UdM et Martine Desjardin ou le recteur a aucun moment a ete capable de chiffrer ses besoins.

    (c)

    http://fr.canoe.ca/archives/infos/quebeccanada/politiqueprovinciale/2013/01/20130116-212024.html

    « Pour deux raisons, a-t-il dit: d’abord les universités québécoises sous-estiment leurs revenus et dépenses de fonctionnement, ce qui a pour effet «d’agrandir artificiellement les revenus de fonctionnement entre le Québec et le reste du Canada».
    L’autre raison provient de l’écart entre le coût de la vie au Québec et ailleurs au Canada, a poursuivi M. Fortin. »

    (d) Concernant les fonds … meme aujourd’hui on parle de flin flan …

    http://www.journaldemontreal.com/2013/01/10/faux-deficits

    http://www.ledevoir.com/societe/education/368586/universites-des-transferts-de-fonds-inquietants

    entre different fond …

    (e) Et puis il y a toute la question de la gestion que la FEUQ evoque.

    N’importe qui connait le milieu universitaire sait que de l’argent il s’en pompe … club prive au recteur … chambre d’hotel ici ou la … ben oui c’est sur faut vivre pis pas coucher a terre … pis on veut pas des tout nu comme recteur …

    Et puis le recteur de l’universite en outaouais qui dit a rdi qu’un recteur doit gagne 3 x le salaire d’un professeur pour attire les meilleurs candidats …

    les candidats pour l’essentiel viennent de l’interne … doyen, vice recteur, directeur de department, professeur, ….

    Et puis question a 5 piasse … le recteur de l’universite du quebec en outaouais s’exilerait-il pour le rectorat d’une universite dans l’Idaho … Iowa … wisconsin … s’il etait mecontent de son salaire …

    tse tant qu’a rire du monde …

    (6)

    Je vais etre franc je lis votre texte et en particulier ….

    « Les associations étudiantes, quant à elles, reprochent à la CRÉPUQ d’utiliser les chiffres qui l’arrangent pour mener ses études.
    Ceux-ci viennent pourtant de sources réputées fiables, et rien n’empêche Québec ou les étudiants de les utiliser pour mener leurs propres analyses.
     »

    « Même si sa méthodologie a été validée par le directeur du CIRANO, un centre de recherche réputé, l’étude est déjà critiquée par la FEUQ. »

    je pense etre dans autre chose que le journalisme scientifique … a-t-on une dent contre la FEUQ ?

    Vous revenez meme pas sur les differents problemes souleve par la FEUQ …

  2. (3)

    Pour les etudes … vous aimez ca …

    Je pense que certains groupes dont le cirano font des etudes qui a mon sens ont de nombreux problemes on peut penser a ceci

    http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2007RB-01.pdf

    (a)

    Exemple : Tableau 5 … ou sont les sciences ? ou est physique

    Ca evite les paradoxe de ce que l’on veut demontrer.

    (b)

    Ca evite de poser la question que fait-on avec des disciplines qui sont couteuse mais ou le salaire moyen n’est pas extravagant.

    (c) On reflechit meme pas sur ce que l’on met dans le cout de formation … pas evident parfois a dire …

    (d) On evite des questions comme pourquoi tenir compte du salaire moyen probable futur plutot que l’impot qui lui est sur le salaire reel …

    (e) ou meme la question de la pression eventuelle sur les choix des etudiants car pour un meme diplome plusieurs carrieres sont possibles certaines moins payante mais bien utile …,

    les etudes superieurs sont a peine evoque egalement

    (f)

    On evoque meme a un endroit du rapport cirano et sans demonstraiton que les moins nantis financent les etudiants de milieu plus fortune.

    Alors que les memes gens … tiennent le discours que les riches paient beaucoup d’impot.

    si on paye beaucoup d’impot on finance beaucoup l’education … enfin …

    (p.22 premier paragraphe)

    (4)

    Et puis pour d’autres faiseurs d’etudes desmaque …

    http://voir.ca/pierre-yves-mcsween/2013/01/10/l%e2%80%99art-de-dire-n%e2%80%99importe-quoi/

  3. 17 millions c’est des peanuts dans une industrie de 3 milliards!

  4. Jack2: En effet, 17 millions de dollars, sur un total de 3 milliards, ce n’est pas grand-chose en soi.

    Mais je crois que le fait que le rectorat universitaire québécois est le seul au Canada dont les placements ont perdu de la valeur est un symptôme. Celui d’une très mauvaise gestion.

    Ce fait me paraît indiquer que ces bonnes gens ne font strictement rien pour mériter leurs salaires de pacha, et pour cette raison je crois que les étudiants ont tout à fait raison d’exiger davantage de transparence et avaient tout à fait raison de s’opposer à la hausse proposée des frais de scolarité l’an dernier.

    J’espère que notre actuel Ministre de l’éducation exigera plus de transparence lui aussi. A défaut de quoi, je pense qu’une commission d’enquête s’imposerait: je suis sûr que c’est en centaines de millions de dollars que se chiffrerait aujourd’hui le gaspillage dans le système…