Vous voulez vraiment vous faire peur avec des virus?

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couvPlutôt que d’anticiper l’apocalypse avec la grippe porcine, lisez «L’histoire secrète des guerres biologiques, mensonges et crimes d’État», écrit par le microbiologiste français Patrick Berche et publié ce printemps chez Robert Laffont. Passionnant… et horrifiant!

De l’invraisemblable collection de pathogènes étudiés et produits dans l’Anthrax Tower de Fort Detrick, dans le Maryland, aux expériences sauvages réalisées sur des cobayes humains par l’Unité 731 de l’armée japonaise en passant par les armes biologiques ethniques de l’Apartheid, les mystérieuses épidémies de la guerre de Corée  et les essais de dispersion de virus inoffensifs sur des populations civiles,  Patrick Berche dresse un portrait détaillé des stratégies et gestes posés par des États, des organisations terroristes et des sectes pour mener leurs combats biologiques. Ça se lit comme un polar… sauf que tout est soigneusement documenté.

Peste, choléra, variole, grippe aviaire et porcine, charbon, encéphaliste, salmonellose… les scientifiques militaires ont tout essayé! Et fort heureusement, ils ont essuyé plusieurs déconvenues, car il n’est pas si facile que ça de transformer un virus ou une bactérie pathogène en une arme efficace.

La raison d’État a justifié bien des mensonges et des recherches pas du tout éthiques menées partout sur la planète. Pour un aperçu, lisez ici l’histoire d’un des pires monstre de l’histoire, le Dr Ishii, médecin militaire japonais. Âmes sensibles s’abstenir.

Le Canada n’est pas en reste. Saviez-vous que jusqu’en 1944, on a produit des bacilles du charbon sur Grosse-île?  Que dans les années 1950, on a simulé une attaque par le charbon en URSS en répandant des germes inoffensifs dans les rues de Winnipeg?

Comme le rappelle Patrick Berche, l’idée de la guerre biologique est vieille comme le monde. Au Néolithique, on utilisait déjà des plantes ou des animaux toxiques pour tuer l’ennemi. Et dans l’Antiquité, les soldats grecs trempaient leurs pointes de flèche dans des cadavres en décomposition… Seuls les moyens technologiques ont changé!

4 commentaires à propos de “Vous voulez vraiment vous faire peur avec des virus?

  1. Êtes-vous sure que l’exemple de Winnipeg ne visait pas plutôt à se préparer en cas d’attaque biologique ? Votre phrase n’est pas très claire.

    En tout cas, un exercice défensif ne saurait justifier de placer le Canada sur le même pied que le Japon.

    Un attentat a d’ailleurs été simulé par les États-Unis en 1953 sur Winnipeg, avec de la poudre de sulfure de zinc et de cadmium. Je me demande s’il ne s’agit pas de la même chose. J’irai vérifier dans le livre, si je le trouve en bibliothèque.

    Dans vos exemples historiques vous pourriez rajouter celui des couvertures infestées de variole qui ont été données aux Autochtones par les Anglais peu après la Conquête.

  2. Les armes biologiques ont été employées au Québec pendant la guerre avec les Anglais.

    La bombe biologique était fabriquée avec une ‘canisse » en tôle genre boîte à biscuits. On mélangeait des excréments de gens très malades de la peste ou autre avec du verre concassé. Dans un deuxième temps emplissait la boîte à biscuits de ce verre souillé avec au centre une bombe.

    Cette boîte était introduite dans le canon pour la tirer sur le bateau. Quand le coup était réussi, les occupants du bateau recevaient des éclats de verre qui transperçaient leur peau les contaminants à coup sûr.

    Le bateau étant un espace restreint tous devenaient contaminés.

    Ce devait être horrible. Le navire devenait un un fantôme.

    J’ai appris le tout en faisant du tourisme autour des fortifications de la ville de Québec.

  3. Cette histoire de « couvertures infestées de variole » données aux autochtones sur l’ordre de Lord Amherst date du 18e siècle et semble un fait avéré.
    Pourtant, n’est pas suite aux travaux de Pasteur, au 19e siècle, que ce mode de transmissibilité fut établi? Les Anglais savaient-ils quelque chose que les Français ignoraient?

  4. Justement j’entendais monsieur Berche interviewé par Michel Desautels ce soir qui disait que la situation l’inquiète.

    Faisant un parallèle avec la fameuse grippe espagnole, il rappelait les diverses phases d’extension du virus, suivent les saisons. C’est ce qui s’est passé à l’époque.

    Je suis d’avis que les autorités (parce que compétentes) s’inquiètent grandement de l’évolution de la situation. Et si j’en crois ce que disait monsieur Berche, il pourrait y avoir une acalmie mais qui ne serait que passagère. La vraie explosion du virus viendra plus tard, peut-être avec l’arrivée annuelle de nos grippes hivernales habituelles.

    Quant au livre merci de la référence, ça semble intéressant.