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Le « new » Canada


24 Février 2012

Réfléchissant à voix haute aux tendances lourdes de la démographie canadienne, l’ancien chef réformiste Preston Manning s’est récemment demandé si le jour n’approchait pas où le sentiment d’exclusion de provinces comme le Québec des centres de décisions fédéraux n’allait pas devenir le grand défi politique du Canada.

Chronique de Chantal Hébert : Le « new » Canada
Photo : iStock

Celui qui s'est fait le porteur du slogan « The West wants in », au milieu des années 1980, constatait avec une pointe d'inquiétude certains des effets pervers du succès de sa mission sur la place de plus en plus effacée du Canada atlantique et du Québec dans l'espace fédéral.

Le pouvoir a bel et bien changé de camp au cours des 25 années qui se sont écoulées depuis que Manning a pris le bâton de pèlerin pour forcer les portes des temples du pouvoir fédéral.

Aujourd'hui, le premier ministre du Canada est un élu de l'Alberta et les premiers ministres des quatre provinces de l'Ouest sont plus susceptibles d'être entendus, et surtout écoutés, à Ottawa que celui de l'Onta­rio ou du Québec.

Aux Communes, le Québec et l'Alberta ont inversé leurs rôles. Dans le passé, l'Alberta a été plus souvent dans l'opposition qu'au pouvoir. À l'avenir, le contraire pourrait devenir la règle. La faiblesse chronique des deux autres grands partis fédéralistes sur des pans complets du territoire électoral de l'Ouest est une condition gagnante pour les conservateurs de Stephen Harper.

Il y a à peine une douzaine d'années, un chef libéral comme Jean Chrétien pouvait se dispenser de faire campagne en Alberta sans risquer de ne pas être réélu avec une majorité.

De nos jours, l'absence du Parti libéral du paysage politique des Prairies est un problème aussi criant pour son avenir que l'a été l'incapacité des conservateurs ou du NPD de se tailler une place au Québec. Le Parti conservateur, par contre, peut fort bien se passer de l'électorat québécois.

Les premières données du dernier recensement publiées au début de février par Statistique Canada permettent de croire que la nouvelle ère qui règne depuis six ans à Ottawa n'est pas passagère. Jusqu'à nouvel ordre, le 21e siècle appartient à l'Ouest.

Pas étonnant que la diminution lente mais progressive du poids politique du Québec dans la fédération fasse partie du portrait. Mais le mal de vivre économique de l'Ontario accélère le mouvement de balancier de l'est vers l'ouest.

De 2006 à 2011, ce sont les populations et les économies des provinces à l'ouest de l'Ontario qui ont enregistré les plus hauts taux de croissance. La population de l'Alberta a augmenté presque deux fois plus vite que celle de l'Ontario.

Contrairement au Québec, l'Ontario est une pièce maîtresse de l'édifice électoral de Stephen Harper. Ce dernier a intérêt à l'entretenir. Chaque mois, les pressions se font plus fortes pour qu'une partie de l'argent fédéral que reçoit le Québec grâce à la péré­quation aille à l'Ontario.

Longtemps agacé par la préférence ontarienne pour un gouvernement central fort, Québec pourrait même finir par s'ennuyer de l'époque où Queen's Park pouvait imposer sa vision des choses à Ottawa.

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Commentaires (8)

Vision franchement

Vision franchement intéressante qui devrait nous faire réagir.

Nous faire réagir....Mais

Nous faire réagir....Mais surtout réfléchir!

Pour le reste du Canada nous

Pour le reste du Canada nous ne sommes plus un des deux peuples fondateur, mais une province qui doit prendre son trou comme la Louisianne. La prochaine question référendaire devrait être " Voulez vous disparaître" oui ou non, sûrement que le troisième non serait le bon.

@ Gilles, et pour compléter

@ Gilles, et pour compléter la ronde du prochain référendum,
après que notre génération sera disparue de la
carte, peut-être que la question à nos enfants sera : "Voulez-
vous continuer de vous excuser d'être encore là " ? ...
Oui ou Non !

«Si le Québec décidait, dans

«Si le Québec décidait, dans 10, 20 ou 30 ans, de quitter la fédération, le reste du Canada serait sans doute moins enclin à le retenir qu'en 1995 ou en 1980.»

Voilà un argument que le mouvement souverainiste devrait mettre dans son programme pour assommer l'argument fédéraliste du "on nous aime".

Faudrait faire des sondages là-dessus genre: si le québec vote majoritairement pour l'indépendance, pensez-vous que le gouvernement canadien devrait l'en empêcher?

Bien que ce ne soit qu'un

Bien que ce ne soit qu'un argument plutôt faible,je trouve que l'Ouest canadien sauf la CB devrait se souvenir qu'il y a 4 générations à peine , c'est le Canada central qui leur a permis de survivre aux grandes sécheresses des années 30...pour le meilleur et pour le pire!

Le New Canada s'appelle

Le New Canada s'appelle maintenant Harperland Mme Hébert et il est en route pour une dictature de droite grâce à la passivité des citoyens Canadians.La dernière fraude électorale démontre bien jusqu'où les conservharpers sont prêts à aller.

Il n'y a pas eu encore de

Il n'y a pas eu encore de commentaires pour dénoncer la faible économie du québec.

Les nationaleux, et indépendantistes ne font toujours pas le lien entre force économique, pouvoir politique et indépendance. tout ce qu'ils souhaitent c'est une étampe dans un passeport.

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