Stephen Harper n’est pas le premier premier ministre fédéral à confier les communications de son cabinet à un responsable qui ne parle pas français.

Paul Martin l'avait fait avant lui. La différence, c'est que le choix du premier ministre actuel survient alors qu'il a déjà fait le vide autour de son gouvernement au Québec.
La nomination à la fin de l'été d'Angelo Persichilli au poste névralgique de directeur des communications au sein de la garde rapprochée du premier ministre s'inscrit dans la logique de la stratégie conservatrice de séduction des communautés culturelles. Le jour de sa nomination, le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, le décrivait comme « l'éminence grise des médias ethniques canadiens ».
Mais son arrivée a pour effet secondaire d'amplifier l'absence déjà criante du Québec au sein du gouvernement Harper. Car le très visible Dimitri Soudas, auquel succède Angelo Persichilli, était également le principal conseiller québécois de Stephen Harper. Il jouissait auprès de son patron d'un accès inégalé parmi les Québécois qui gravitent autour du gouvernement conservateur.
Au total, le Québec n'a jamais occupé aussi peu de place qu'actuellement dans les lieux de pouvoir de la capitale fédérale.
Voici quelques chiffres :
Dans le gouvernement de Stephen Harper, le Québec, avec 5 députés, arrive au 7e rang des provinces pour la place qu'il occupe dans le caucus conservateur, juste devant la Nouvelle-Écosse (4), Terre-Neuve-et-Labrador (1) et l'Île-du-Prince-Édouard (1).
L'Ontario (73) compte 14 fois plus de députés bleus que le Québec. Quant au Manitoba (11) et à la Saskatchewan (13), elles ont ensemble un poids presque cinq fois supérieur au sien.
Par comparaison, en plein scandale des commandites, en 2004, le caucus québécois de Paul Martin, avec 21 députés, était le second en importance sur les bancs du gouvernement - derrière l'Ontario.
La faiblesse de la voix québécoise au sein du gouvernement ne se traduit pas par un gain proportionnel d'influence sur les destinées de l'opposition fédéraliste.
Aux Communes, les députés néo-démocrates du Québec comptent pour la majorité de leur formation. Leur présence est à l'origine de la montée en grade du NPD, passé de tiers parti à opposition officielle.
Mais dans la foulée du décès de Jack Layton, les 59 élus québécois ont rapidement découvert que, dans la bataille de la succession, ils risquaient d'être davantage des spectateurs que des acteurs de première ligne.





