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Génération constitution !


2 Juillet 2010

L’accord du lac Meech avait créé une véritable « industrie de la Constitution ». Qu’en reste-t-il ?

Génération constitution !
Photo : Paul Chiasson/PC

Eugénie Brouillet se souvient avec émotion de ses cours de droit constitutionnel, au début des années 1990. « C'était passionnant ! Mon professeur avait divisé la classe en groupes et je présidais le camp du Non au référendum de Charlottetown », dit cette constitutionnaliste de 38 ans qui enseigne à l'Université Laval.

À l'époque, le pays entier était plongé dans de grandes manœuvres constitutionnelles. Les experts de la « loi fondamentale » étaient des stars. Ils conseillaient les premiers ministres, les étudiants affluaient dans leurs salles de cours et les médias s'arrachaient leurs analyses. « Meech avait créé une véritable industrie de la Constitution, nourrie par l'intérêt des médias, qui avaient besoin de beaucoup de contenu », raconte Daniel Turp, président de la commission politique du Parti québécois et professeur de droit constitutionnel à l'Université de Montréal.

Vingt ans plus tard, que reste-t-il de cette effervescence ? Dans les facultés de droit, la fièvre est retombée. « Le droit constitutionnel est beaucoup moins populaire qu'il ne l'a déjà été, dit Daniel Turp. Tout le monde veut maintenant faire du droit international. »

L'ancien ministre Benoît Pelletier observe la même tendance à l'Université d'Ottawa, où il est retourné enseigner le droit constitutionnel en 2008, après un séjour de 10 ans en politique québécoise.

Signe des temps, le droit international exerce aussi une grande force d'attraction sur les étudiants de l'Université Laval, dit Eugénie Brouillet. Bon an, mal an, plusieurs passionnés de Constitution décident tout de même de faire des études de maîtrise et de doctorat sous sa gouverne. « Il est vrai que l'époque actuelle est moins stimulante que les années 1980 et 1990, mais l'actualité regorge d'événements qui soulèvent des questions constitutionnelles », dit-elle. Elle cite en exemple les débats sur les accommodements raisonnables, le processus de nomination des juges à la Cour suprême, la contestation de la loi sur l'accès à l'école anglaise (dite loi 104) au Québec, le rapatriement de Guantánamo du prisonnier Omar Khadr et les crises soulevées ces deux derniers hivers par la décision du gouvernement Harper de suspendre les travaux de la Chambre des communes.

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Commentaires (1)

Une Constitution québécoise

Une Constitution québécoise inclurait quoi justement? Une vraie constitution est un document fondateur d'un état. La Constitution du Québec demeure les Lois constitutionnelles de 1867 à 1982 (mais surtout 1867). La loi de 1982 ne porte que sur la Charte, quelques droits indiennes et les formules de modification. La loi de 1867 a créé les institutions des états fédéral et provinciaux - leurs exécutif, législatif et judiciaire - ainsi que de leur donner le pouvoir de légiferer dans les domaines préscrites.

Si le Québec adopte une constitution, il ne pourait pas diverger de la vraie constitution de 1867 - c-a-dire avoir un Lieutenant-gouverneur, avoir une Assemblée législative, les élections au moins chaque 5 ans, etc.

Ainsi les seuls portés d'un projet de constitution provincial serait de clarifier la common law sur le pouvoir de l'exécutif (comme la fait la Colombie-britannique avec la Constitution Act là-bas, voire http://www.bclaws.ca/EPLibraries/bclaws_new/document/ID/freeside/00_9606...) ou glorifier la Charte québécoise et la Loi 101 en les incorporant dans un seul document.

C'est une pratique américaine d'incorporer le Bill of Rights ou une charte de droit dans la constitution d'un état. De mon point de vue, une charte ne ``constitue`` pas l'état. Ainsi une constitution québécoise, qui ne pourrait constituer nul état (car l'état québécois est déjà constitué par la Loi constituionnelle de 1867), prêterait à confusion.

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