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Gilles Duceppe : les dernières heures d'un chef


29 Juin 2011

« Soit on en mange une maudite, soit on en mange une tabarnak. » C’est avec cette prédiction que le rédacteur de
discours de Gilles Duceppe accueillit son patron en début de soirée le 2 mai dernier. Un sondage interne prédisait trois sièges au Bloc québécois depuis plusieurs jours déjà ! Le chef l’ignorait…

Gilles Duceppe : les dernières heures d'un chef
Photo : PC

La tension était déjà palpable vers 18 h, le 2 mai, lorsque Gilles Duceppe, accompagné de sa famille élargie et de ses invités, a accueilli l'état-major du Bloc québécois dans une série de suites aux étages supérieurs de l'hôtel Delta, au centre-ville de Montréal.

Il y avait son chef de cabinet, François Leblanc, son fidèle complice Pierre-Paul Roy, ses proches adjoints Philippe Gagnon et Gilbert Gardner, de même que son rédacteur de discours, Stéphane Gobeil. C'est à celui-ci que Duceppe a demandé s'il était en mesure de faire une prédiction :

« Penses-tu qu'on va en manger une ?

- Soit on en mange une maudite, soit on en mange une tabarnak ! »

Le ton était donné. La soirée à attendre les résultats, qui défileraient sur trois téléviseurs réglés sur TVA, Radio-Canada et CBC à partir de 21 h 30, allait être longue. Et il faudrait mettre la dernière main au discours que le chef du parti adresserait en fin de soirée à ses militants et aux journalistes, réunis au Théâtre Telus, rue Saint-Denis.

Duceppe et son rédacteur n'avaient pas préparé trois ou quatre discours en fonction des différents résultats pos­sibles. Il n'y en avait qu'un, qui devait être adapté selon l'étendue de la défaite : Les conservateurs finiraient-ils mino­ritaires ou majoritaires ? Quelle serait la portée de la vague néo-démocrate au Québec ? Y aurait-il des dégâts dans Laurier-Sainte-Marie, le fief de Gilles Duceppe ?

Les premiers résultats dans Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine n'auguraient rien de bon. Au fur et à mesure que la soirée avançait, d'anciens bastions bloquistes passaient au NPD. Le Bloc était en train de perdre presque tout ce qu'il avait acquis à Ottawa depuis 1990. La carte électorale du Québec - colorée en orange vif - avait de quoi surprendre le chef du parti... Durant le sprint final de la campagne, son état-major l'avait délibérément tenu à l'écart des résultats des sondages internes. « Il ne fallait pas qu'il soit toujours là-dedans », raconte un conseiller bloquiste aux premières loges de ce scrutin historique.

Comme l'a appris L'actualité, l'état-major du Bloc avait compris avant tout le monde l'ampleur de la vague orange qui s'apprêtait à déferler sur le Québec. Avant le vote, le Bloc avait placé les chiffres de ses sondages internes dans un modèle élaboré par le sociologue et sondeur Pierre Drouilly. La prédiction était époustouflante : trois sièges. Une véritable hécatombe pour un parti qui en avait gagné 54 en 1993 et en 2004, et qui en avait encore 47 au moment de la dissolution du Parlement, à la fin mars.

Même les analystes et les sondeurs les plus pessimistes n'avaient pas osé prédire une telle éventualité dans les jours précédant le vote. L'analyste Jean Lapierre, qui n'a jamais hésité à critiquer le Bloc, donnait de 20 à 25 sièges au parti. Certaines projections donnaient même un avantage au Bloc aux dépens du NPD. C'était comme si les sondages ne pouvaient refléter la réalité, comme si le vote néo-démocrate ne pouvait jamais se matérialiser.

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Commentaires (6)

Félicitations très bien cet

Félicitations très bien cet article

Je ne suis pas souverainiste,

Je ne suis pas souverainiste, et pourtant, lorsque j'ai fait le jeu de Radio-Canada, les résultats révélèrent que le politicien avec lequel j'avais le plus d'affinité était M. Duceppe.

Ses propos si justes et si perspicaces feront beaucoup défaut à Ottawa.

«En gros, le Bloc aurait

«En gros, le Bloc aurait sous-estimé le courant de fatigue à son égard ou n'aurait pas réussi à faire quoi que ce soit pour le pallier»
Tout est là. Le même danger guette le PQ. A moins d'un changement radical de direction et de discours, le PQ s'en va dans le même mur.
Entre 25% des voix et 35%, la dégringolade sur la carte est considérable. Le PQ est maintenant rendu dans ce terrain glissant.

Les séparatistes sont dans le

Les séparatistes sont dans le déni. Ils espèrent que le vote à 25 % au Bloc est aussi bas parce que les Québécois veulent du changement. Ça me semble le contraire, les Québécois ne veulent pas du changement proposé par le Bloc à 75 %.

En vérité, confirmé par M. Jean-Marc Léger, le sondeur, 67 % des 40 % de souverainistes, veulent rester dans le Canada, ce qui fait qu'il reste seulement 13,4 % de séparatistes au Québec.

Faut juste que le PQ et que le Bloc en tiennent compte et qu'ils changent leur simple objectif de simple souveraineté sans l'association, ce qui donne la séparation, en un autre objectif plus rassembleur.

J'ai croisé l'auteur de

J'ai croisé l'auteur de l'article au marché de Québec deux jours avant le vote. Je lui ai dit que j'allais voter NPD juste pour battre le Bleu dans mon comté.
Deux jours avant le vote on savait que le Bloc allait en manger une maudite.

En temps de récréation

En temps de récréation récessionnelle politique,je voulais savoir s'il était
profitable pour le système québecois d'adopter les réformes en suivent l'
exemple du fédéral et de la démocratie grecque avant une nouvelle élection provinciale.Afin d'améliorer la société.

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