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La vraie facture de la mission canadienne en Libye


12 Octobre 2011

Le gouvernement Harper affirme que la mission militaire du Canada en Libye a coûté 60 millions de dollars jusqu’à maintenant. Or, des chiffres compilés par L’actualité montrent que la véritable facture frôlerait plutôt les 100 millions de dollars.

La vraie facture de la mission canadienne en Libye
Photo : Sean Kilpatrick / PC

Nous avons obtenu le nombre de toutes les heures de vol effectuées par les appareils canadiens entre le 19 mars - moment où le Canada a officiellement rejoint la mission aérienne de bombardement et de protection des civils contre le régime Kadhafi - et le 28 septembre ainsi que celui des bombes larguées par le Canada.

Nous avons également calculé le nombre de jours en mer des frégates NCSM Charlottetown et NCSM Vancouver. En recoupant cette information avec celle du Manuel des coûts 2010-2011 du ministère de la Défense nationale, qui détaille le coût horaire moyen d'exploitation des appareils, on voit apparaître la véritable facture de la mission. Et elle est salée.

Le colonel à la retraite Michel Drapeau affirme que le gouvernement sous-estime volontairement les coûts pour ne pas susciter de controverse politique.

« Ottawa met certains frais dans le budget ordinaire des Forces, ce qui donne l'impression que la mission coûte moins cher », dit celui qui été directeur du secrétariat au ministère de la Défense (1988-1993) et qui connaît bien la manière de comptabiliser de celui-ci. Il est aujourd'hui avocat et spécialiste en droit militaire.

Même réaction chez Philippe Lagassé, professeur et chercheur à l'Université d'Ottawa en matière de défense. « Une facture de 100 millions, ça paraît mal avec le déficit à Ottawa, alors on a trouvé une façon de diminuer les chiffres réels, a-t-il affirmé après que L'actualité lui a présenté de nouveaux détails. Les frais de fonctionnement et d'entretien de toutes ces unités déployées sont assez élevés. C'est certainement plus que les millions annoncés », dit-il.

Ainsi, les six chasseurs CF-18 actifs en Libye ont effectué 862 sorties entre le 19 mars et le 28 septembre, pour un total de 3 525 heures. Une heure de vol coûte 12 393 $ au gouvernement, ce qui inclut l'essence (4 419 litres par heure), l'entretien, les pièces de rechange, l'usure des pièces et les services d'inspection des ingénieurs. Cela exclut les frais fixes comme le salaire des pilotes et l'amortissement. Total : 43,7 millions de dollars.

Fait à noter, avec ses CF-18, le Canada a effectué 9,6 % de toutes les sorties offensives menées par les avions de l'OTAN. Il est le troisième plus important contributeur sur ce plan, derrière la Grande-Bretagne et la France.

Les deux avions de surveillance maritime CP-140 Aurora ont effectué 160 sorties, pour un total de 1 244 heures de vol, à un coût de 11 713 $ l'heure. Facture : 14,5 millions de dollars.

Les trois avions ravitailleurs (deux CC150T Polaris et un CC130T) ont volé 1 913 heures à une moyenne de 5 800 $ l'heure, ce qui revient à 11 millions de dollars.

À elle seule, l'utilisation des avions canadiens impliqués dans la mission a coûté 69,2 millions de dollars.

En entrevue, la porte-parole des Forces canadiennes, Laura McIntyre confirme que les coûts annoncés par le gouvernement n'incluent pas l'entretien des appareils, l'usure des pièces et les services de génie, notamment, puisque les avions doivent être entretenus, qu'il y ait une mission ou non, explique-t-elle.

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Commentaires (5)

Le coût des Challenger, le

Le coût des Challenger, le coût d'une mission et quoi d'autre encore! Bientôt, tous les pseudos experts médiatiques nous dirons qu'ils en savent plus que tous sur tout. Or, la réalité est toujours plus compliquée que ces rapports médiatiques de 500 mots. Coûts fixes, coûts variables etc. Avec la logique de M. Castonguay, il faudrait donc ajouter au coût de lecture de l'Actualité, les coûts fixes de la maison dans laquelle on lit le magazine. Voyons donc, soyons sérieux !

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RÉPONSE DE L'ACTUALITÉ
Merci pour votre commentaire. Cela permet de préciser que nous avons utilisé uniquement les coûts variables dans le calcul de la facture de la mission. Nous avons ensuite demandé aux Forces canadiennes si les coûts variables étaient les plus représentatifs, afin d’être certain que nous utilisions le bon chiffre. Ainsi, la facture horaire «variable» d’utilisation d’un CF-18 est de 12 393 $. Si nous avions ajouté les coûts fixes (salaires, support, etc.), le coût horaire serait de 24 643 $. Et si nous avions ajouté l’amortissement, cela grimpe à 44 600 $. Nous avons donc utilisé le plus bas coût horaire disponible.

Ça me fait bien rire ces

Ça me fait bien rire ces journalistes qui se croient spécialistes en défense. Simple petit détail: la GBU-12 Paveway II est une BOMBE à guidage laser et non un missile! Foutu différence!

Quelqu'un qui suit la politique et l'actualité devrait s'être rendu compte depuis longtemps que les journalistes ne se privent pas de déformer un les faits lorsque ça rend leur article plus intéressant !

Et si on calculait les dépense dans les programmes sociaux inutiles et mal ciblés la facture serait pas mal plus salée que les quelques 100 millions que cette mission aurait coûté!

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RÉPONSE DE L'ACTUALITÉ
Merci pour votre commentaire. Le Multi dictionnaire de la langue française affirme qu’un missile est «un projectile téléguidé», ce qui correspond à la définition de la bombe GBU-12 Paveway II. Par contre, le dictionnaire Robert parle d’un missile comme d’un objet «auto-propulsé», ce que la bombe GBU-12 Paveway II n’est pas. Donc, vous avez raison, pour éviter la confusion, nous aurions pu nous en tenir uniquement au terme «bombe». Nous avons donc corrigé le texte en conséquence.

Vous indiquez dans votre

Vous indiquez dans votre article... les forces canadiennes.
Un oubli de votre part, j'imagine.
On doit dire maintenant ... Forces canadiennes...
Royales!
Advenant que notre charmant monsieur harper lise vos propos, il va être dans une colère dite Royale
Qu'en pensez-vous?

Dans cette évaluation des

Dans cette évaluation des coûts de la mission, il y a 2 versions possibles. Dans l'une il y a tout, salaire des militaires, dépréciation des équipements, etc. Dans l'autre, ça coûte ce qui vient en addition au maintien d'une force armée; dépense en logement, ordonnance qu'on n'aurait pas utilisé, paye d'éloignement ou autre salaire additionnel. Pour ce qui est du salaire régulier, il serait dépensé, mission ou pas, ces avions doivent quand même être utilisés pour maintenir les qualification des pilotes et mécaniciens, on en fait un peu plus, ditto pout les bateau de la marines. Il y a une différence et la ligne est plutôt brumeuse.

100 millions! 60 mjillions

100 millions! 60 mjillions me semblent beaucoup. Il y en a sûrement qui ont garni leur portefeuille! Les Canadiens sont-ils naifs? NM

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