Un an après sa démission fracassante du poste de lieutenant québécois du Parti libéral du Canada, le député Denis Coderre revient dans la mêlée. Il ne ferme pas la porte à l’idée de diriger le PLC un jour… et même la ville de Montréal !

Denis Coderre ne s'en cache pas : il a de grandes ambitions. Homme politique bouillant qui n'hésite pas à dire qu'il fera ce métier toute sa vie, il se verrait bien un jour diriger le Parti libéral du Canada (PLC) ou même la ville de Montréal ! « Je veux faire une différence », dit-il dans son français coloré, parfois mâtiné de ces anglicismes que les politiciens parlant les deux langues officielles peinent à éviter.
Depuis septembre dernier, « Kid Kodak » - comme le surnomment parfois ses détracteurs - se fait discret. Et se tient loin des projecteurs. « J'ai pris un peu de recul, dit-il. J'en avais besoin. »
Il y aura bientôt un an, Denis Coderre démissionnait avec fracas de son poste de lieutenant québécois de Michael Ignatieff. Il avait vertement critiqué la garde rapprochée du chef, issue de Toronto, qui voulait, disait-il, contrôler le Québec. « C'était une décision de principe. » N'empêche, ce coup de sang lui a valu un long froid avec son chef.
Ce bagarreur, dont le tempérament rappelle davantage l'instinctif Jean Chrétien que l'aristocrate Michael Ignatieff, siège à Ottawa depuis 1997. Il a été, entre autres, ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, président du Conseil privé de la Reine, ministre responsable de la Francophonie et secrétaire d'État au Sport amateur. Pour bien cadrer avec cette dernière fonction, le rondelet député de Bourassa avait maigri de plus de 20 kilos (50 lb) !
Denis Coderre n'aime pas ce qu'il voit en politique. Les électeurs ont raison d'être désabusés, dit-il tout en proposant un antidote : « On doit chercher le respect avant la popularité. Et pour l'obtenir, il faut être authentique. »
Les interprètes du Parlement ont parfois de la difficulté à traduire en anglais certaines de ses expressions populaires, comme « ce sont des enculages de mouche ! », qu'il n'hésite pas à lancer à ses adversaires. Mais Coderre persiste et signe. Authentique il sera !
Ce qui ne l'empêche pas de râler certains jours contre le « manque de classe » des politiciens. Même si à la fin juillet, commentant la fermeture de la raffinerie Shell de Montréal, Denis Coderre déclarait pourtant sans ambages - et sans grande élégance, il est vrai : « J'ai l'impression qu'on se fait fourrer aujourd'hui ! »
L'actualité l'a rencontré à son bureau de Montréal-Nord.
***
Vous avez démissionné de votre poste de lieutenant québécois du PLC parce que l'entourage du chef a tenté d'imposer des candidats contre votre volonté. Avez-vous des regrets ?
- Pas du tout. Je vais toujours défendre l'autonomie organisationnelle et politique du Québec dans le parti. Le poste de lieutenant, ce n'est pas Denis Coderre, c'est une institution. Le trait d'union entre le chef et le Québec. Si le lieutenant prend une décision et que les conseillers du chef défont ce qui a été promis, ça ne mène nulle part. Une fois qu'on remet en question votre autorité, vous avez le choix : abdiquer ou dire que c'est inacceptable et partir. Je ne pouvais pas rester






