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Le paradoxe conservateur


20 Avril 2011

Heurté par l’affaire du rapport préliminaire de la vérificatrice générale et mis à mal par des sondages sur ses cinq années au pouvoir, Stephen Harper ne voit pas pour autant fléchir les intentions de vote à son égard.

Sondage : Le paradoxe conservateur
Photo : N. Denette / PC

La fuite d'une version préliminaire d'un rapport de la vérificatrice générale critiquant les dépenses engagées pour la tenue des sommets du G8 et du G20 a été très mal perçue par la population canadienne.

Dans ce document datant de janvier que s'est procuré la Presse Canadienne, Sheila Fraser arrive à la conclusion que les conservateurs de Stephen Harper ont obtenu sous de faux prétextes l'autorisation du Parlement de dépenser 50 millions de dollars dans le cadre du sommet du G8.

Devant le refus de la vérificatrice de publier la version définitive du rapport avant les élections, la population a manifesté une certaine méfiance envers le parti. D'après les résultats d'un sondage Web réalisé du 13 au 17 avril par le Groupe de recherche Innovative, 89 % des Québécois et 84 % des habitants du reste du Canada ayant entendu parler de cette affaire seraient moins enclins à voter pour le PC à la lumière de cette histoire.

D'une manière générale, l'efficacité de la campagne électorale des conservateurs est limitée. Seuls 23 % des Canadiens et 13 % des Québécois ont été séduits par l'information lue, vue ou entendue à leur propos, alors que respectivement 40 % et 53 % ont été influencés négativement.

Pourtant, Stephen Harper caracole en tête des intentions de vote (39 %, soit 11 points de mieux que son rival, Michael Ignatieff). Et ce, même si 43,6 % du pays a une moins bonne opinion du chef conservateur après ses cinq années au pouvoir.

Débats : pas de gagnant, mais un perdant

Les débats des chefs n'ont pas constitué un tournant de la campagne. Les intentions de vote sont restées sensiblement les mêmes qu'avant les joutes oratoires. Stephen Harper est en tête partout au pays, sauf au Québec - où Gilles Duceppe le devance largement (37 %), mais où il a rattrapé Michael Ignatieff, au deuxième rang (21 %) - et dans les provinces de l'Atlantique - où le chef libéral a pris une légère avance (38 % contre 37 % pour le conservateur).

À défaut de désigner un grand gagnant, les débats semblent avoir placé un candidat dans une position plus délicate qu'auparavant. Alors que tous les chefs - même celle du Parti vert, Elizabeth May, qui n'y a pas participé - ont vu leur crédibilité en tant qu'éventuel premier ministre augmenter, Michael Ignatieff a vu sa cote baisser. Dans les provinces de l'Atlantique, la chute du chef libéral (de 30 % à 21 % en l'espace de quelques jours) a profité à Jack Layton (de 12 % à 21 % pour la même période).

La question souverainiste

Le Groupe de recherche Innovative a demandé aux répondants quel parti fédéral serait le plus à même de gérer la question souverainiste si les péquistes accédaient au pouvoir aux prochaines élections provinciales.

Cette question divise les Québécois, dont les votes sont assez équitablement répartis entre le Bloc (22 %), le Parti libéral (19 %), le Nouveau parti démocratique (18 %) et le Parti conservateur (16 %). Ailleurs au Canada, les avis sont plus tranchés : le PC (35 %) et le PLC (30 %) obtiennent en majorité le soutien des sondés.

Signe de la montée en puissance des néo-démocrates au Québec, près d'un électeur bloquiste sur quatre ferait confiance au NPD pour administrer ce bouillant dossier.

 

* Ce sondage a été réalisé du 13 au 17 avril 2011 pour L'actualité et Maclean's auprès de 1 897 internautes, dont 438 au Québec, par le Groupe de recherche Innovative.

 

 

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Commentaires (4)

Partout au Canada, les

Partout au Canada, les libéraux sont associés avec la corruption et pas seulement à cause des commandites mais pour bien d'autres raisons (on n'a qu'à se rappeler des années Chrétien et Trudeau) et si les conservateurs commencent eux aussi à tomber dans la corruption, ils sont encore perçus comme « moins pires » que les libéraux. Ignatieff rappelle beaucoup la dialectique des chefs libéraux et il n'a pas su donner de l'élan à sa campagne et, surtout, se démarquer de ses prédécesseurs. Alors, la camisole « corruption » lui colle encore au corps!

En fait ça risque de prendre pas mal de temps avant que les libéraux se débarrassent de cette odeur nauséabonde de corruption et un changement de garde s'impose pour redonner confiance aux électeurs. En plus, le NPD a un bien meilleur dossier en terme de corruption, n'ayant pas été au pouvoir au fédéral et il constitue une bonne alternative à ceux qui ne peuvent et ne veulent voter conservateur mais cherchent un parti qui a un programme qui ressemble un peu à celui des libéraux. On peut penser que dans cette optique, les deux partis vont peut-être finir par faire cause commune dans un parti démocrate...

Le NDP est un tiers parti,

Le NDP est un tiers parti, qui n'a aucume chance d'accéder au pouvoir, est strictement fédéraliste,
pancanadien, et est donc étranger par définition aux aspirations nationales et aux intérêts des Québécois.

Surtout, une division des votes entre le NDP et le Bloc québécois aurait pour résultat quasi certain de faire élire des conservateurs. ce qui est la pire chose à envisager, étant donné le bilan désastreux du gouvernement Harper sur le plan des pratiques de gouvernance..

Dans ces conditions, il est extraordinaire que des électeurs bloquistes puissent penser à voter NDP, se laissant ainsi prendre au miroir aux alouettes d'un «tout beau tout nouveau dirigé par un chef bien gentil».. Un tel vote serait complètement perdu, fantaisiste et dénué de toute réflexion ou conscience des conséquences.

Ce serait au fond un vote pour le parti conservateur.
Ett en même temps, une approbation de ses prisons supplémentaires, de ses dépenses de nouveaux avions militaires, de ses extravagantes réductions d'impôts aux grosses banques, aux pétrolières de l'Alberta ou d'ailleurs, et aux plus riches parmi les riches.
Il n'y a pas d'autre solution stratégique que de voter pour le Bloc.

,

M. Orsini Essayez-vous de

M. Orsini

Essayez-vous de nous convaincre qu'il faut absolument voter pour le Blioc? Si oui, votre logique ne tient pas. Duceppe et sa troupe ne pourront jamais, eux aussi, accéder au pouvoir. Le NPD présente des candidats dans toutes les circonscriptions canadiennes et a effectivement le droit d'aspirer au pouvoir. En passant, il y a eu des gouvernements néo-démocrates au Canada (Saskatchewan, Manitoba, Ontario et Colombie-Britannique) ce qui leur procure une base électorale et des partisans.

M. April, D'abord, il serait

M. April,

D'abord, il serait de bon ton de ne pas estropier le nom d'un correspondant, «Orsini» n'étant pas le mien.

Ensuite, pour ce qui est de votre question, je suis un Québécois, assurément indépendantiste, et surtout, extrêmement préoccupé des intérêts fondamentaux du Québec. Et après 40 ans d'observation des indignités qui ont sans cesse été infligées au Québec par le fédéralisme, ses partis politiques de toutes eaux et ses séides, sans oublier la Cour suprême, je suis effectivement d’avis «qu’il faut absolument voter pour le Bloc» dans les présentes élections».

En ce qui concerne votre observation que le Bloc n’accédera pas plus au pouvoir que le NPD, elle me paraît sans pertinence visible, étant donné qu'il n'en a jamais été question pour le Bloc, et que les objectifs de ces deux partis sont si différents qu’ils sont en fait sans aucun rapport entre eux. En effet :

* Pour ce qui est du NPD, son but déclaré, qui est d’un optimisme plus que forcé, comme chacun le reconnaît, est d’arriver au pouvoir à Ottawa le 2 mai 2011, pour gouverner alors l’ensemble du Canada, c'est-à-dire avant tout le Canada anglais..

* Pour ce qui est du Bloc (et ce que vous appelez «sa troupe» - 47 députés sur les 75 que compte le Québec, donc pas grand-chose…), ses buts ne sont évidemment pas d’accéder au pouvoir fédéral, et il n’y a donc même pas à le mentionner. Ces buts sont a/ de détenir une importante partie de la «balance du pouvoir» à Ottawa, de façon à y imposer la présence du Québec, ceci pour pouvoir être en mesure de contrer les affronts dont le Québec continuera immanquablement d’être la cible; et b/ de contribuer à la dénonciation des multiples pratiques coupables qui y ont cours, qui sont des moqueries de la démocratie, et dont le Québec aussi fait les frais.. .

Et pour en revenur au NPD (et à sa «troupe» de 36 députés pour tout le Canada), les raisons que je vois pour ne pas se fourvoyer dans un vote à son profit sont triples :

1 - D’abord, le NPD n’est en rien un allié du Québec, tout au contraire. Ainsi, ce parti a été un complice agissant de la loi anti-québécoise sur la clarté référendaire de Stéphane Dion. Il a soutenu la loi de 1982 sur le rapatriement de la Constitution et son application au Québec, ceci contre la volonté unanime de l’Assemblée nationale du Québec. Il a contribué à l’imposition au Québec du bilinguisme et du multiculturalisme, qui ne sont en rien des valeurs québécoises. Un nombre considérable de néodémocrates ont fait dérailler plusieurs alliances qui auraient pu être favorables au Québec. Et en définitive, le NPD s’est révélé un facteur fédéral dans la banalisation du statut du Québec. Sa position, eu égard du Québec, est donc objectivement intenable. Et vous voudriez que des Québécois aillent chercher fortune dans un pareil cul-de-sac ?

2 - Ensuite, le fait qu’il y a eu des gouvernements NPD ailleurs au Canada ne saurait présenter ni intérêt ni pertinence pour les Québécois, lesquels vont voter ici même, au Québec, qui est notre pays, notre vrai pays, et non pas en Saskatchewan. En quoi faudrait-il donc voter ici pour le NPD, ici même, sous l’étrange prétexte que, infiniment loin d’ici, il existe pour le NPD une base électorale, et qu'on y a voté pour ce parti, et ce, pour des gouvernements provinciaux ?

3 - On peut bien avoir des réserves sur tel ou tel aspect de l’action du Bloc (ce qui est peut-être mon cas), ou ne pas être informé ou conscient de l’action négative passée du NPD, ou ne pas voir combien il est éloigné des mentalités, des valeurs et de la culture du Québec.
Mais comme je l’ai mentionné, ce dont il est vraiment question ici, c’est de recommander un vote stratégique.. En clair, il s’agit de tout faire pour éviter que nous nous retrouvions sous la coupe d’un gouvernement conservateur majoritaire. Mais la marge est très mince (de 3 ou 4 sièges) et cela correspond justement aux quelques sièges en jeu dans les comtés où le Bloc et le NDP se font face.
Or si les votes devaient se diviser entre eux deux, le résultat risquerait fort d’être que ni l’un ni l’autre n’obtiendrait ces 3-4 sièges, ni même le parti libéral, et que ces sièges tomberait dans l’escarcelle de M. Harper. Ce serait brillant comme résultat !

Dernière remarque : : Le NDP a le droit, dites-vous, d’aspirer au pouvoir. Fort bien, mais personne ne conteste aucunement ce droit. :Le NPD peut bien «aspirer» tant qu’il voudra, et même sans égard à ses inexistantes possibilités de parvenir à ce pouvoir. Ce même droit peut aussi être consenti sans réserves au Parti de la loi naturelle, à celui des Témoins de Jéhovah (s’il en existe un), ou à un quelconque parti marxiste-léniniste. Je ne dis donc pas que le NDP n’a pas le droit d’ «aspirer». Je dis simplement que je ne vois pas pourquoi on s’enticherait du NPD, et qu’il n’a pas sa place au Québec dans le cadre de la présente élection.

Ce qui précède sera sans doute mon dernier essai de contribution au débat électoral. Je suis en effet conscient qu’il n’y a que du temps à perdre à lutter contre des voies de garage bien ancrées. Et du temps, j’en ai déjà perdu assez comme ça. Alors, bon et fructueux vote pour le NPD....

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