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Le plan Marois pour relancer le PQ


24 Août 2011

La crise qui secoue le Parti québécois met sa chef en colère. Mais Pauline Marois n’entend pas baisser les bras. Elle a livré à L’actualité son plan pour relancer le parti : proposer aux Québécois des changements majeurs, tout en disant à ceux qui sont pressés de faire la souveraineté qu’il faut prendre acte du contexte actuel.

Le plan Marois pour relancer le PQ
Photo : Mathieu Rivard

Les assemblées citoyennes que Pauline Marois entend mener dans les prochaines semaines (et qui ont commencé à Trois-Rivières mardi soir) ne sont que la pointe de l'iceberg. La chef du Parti québécois a un plan pour rallier les Québécois autour de son parti en vue des prochaines élections.

Mme Marois reconnaît que le contexte politique est particulier au Québec actuellement, alors que les sondages montrent une forte avance d'un parti qui n'existe pas, celui de François Legault, et une chute marquée du PQ, en crise depuis le mois de juin, lorsque cinq députés ont claqué la porte en quelques jours.

Ces départs fracassants, combinés à la cinglante défaite du Bloc québécois le 2 mai dernier et à la montée de la coalition Legault-Sirois « soulèvent de l'insécurité au sein du parti » et « ébranlent le mouvement souverainiste », avoue franchement Mme Marois, qui a accepté de donner à L'actualité sa seule grande entrevue sur le sujet.

Elle demande aux souverainistes plus pressés, notamment ceux du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ), de partir « de là où sont les Québécois ». « Il doit y avoir un changement de stratégie. On ne peut plus se comparer aux référendums de 1995 ou 1980. En 1995, il y avait l'échec de l'accord du Lac-Meech, la naissance du Bloc québécois. Les planètes étaient alignées. On n'en est pas là. Il faut s'engager tranquillement à préparer un référendum, mais aussi prendre acte du contexte politique actuel. Il n'y a pas un appétit délirant pour la souveraineté, même si dans les sondages, on est encore à 40-45 %. La nouveauté, c'est de ne pas attendre le référendum. »

Pour relancer son parti, elle souhaite miser sur la volonté de changement des Québécois. Et plutôt que de parler uniquement de stratégie entre souverainistes, Pauline Marois estime qu'il faut d'abord répondre à ce désir de changement si le PQ veut espérer prendre le pouvoir « et ensuite faire évoluer le projet de pays », dit-elle.

« Il faut être le plus à l'écoute possible de la population. Il faut proposer de véritables changements, pas seulement cosmétiques. Le PQ est un parti de gouvernement qui veut faire un pays. La population attend de ses partis politiques qu'ils proposent des changements. Certains vont prendre du courage », a-t-elle dit durant cette entrevue de plus d'une heure.

Mme Marois affirme qu'« il ne faut pas nécessairement changer le PQ », contrairement à ce que dit Bernard Drainville, mais plutôt « trouver des façons de faire de la politique qui nous différencie ». « J'ai une idée claire de ce qu'on peut faire dès maintenant pour faire avancer notre projet de pays. Plutôt que de discuter des moyens, parlons de l'objectif et présentons-le à la population. »

Parmi les nouveautés qu'elle propose, on note certaines plus audacieuses, comme celle de créer une Chambre des régions à l'Assemblée nationale. « Comment on peut mieux reconnaître les régions à l'Assemblée nationale, tout en respectant la démographie et le principe du "un citoyen, un vote" ? Plutôt que de rénover le Sénat à Ottawa, pourquoi ne pas l'abolir, demander de transférer les sommes au Québec et créer, chez nous, une Chambre des régions ? Mais je suis prudente, je n'ai pas encore discuté de cette possibilité avec mon caucus. »

Entreprendre des négociations avec Ottawa pour gérer l'assurance-emploi, élaborer une Constitution québécoise, proposer nouveau Plan Nord plus exigeant pour les compagnies minières et rénover les institutions démocratiques, notamment avec davantage de vote libre au Parlement (ainsi que limiter le mandat du premier ministre et des maires), sont aussi dans ses plans.

Mme Marois confie également avoir demandé de dépoussiérer certaines études sur la souveraineté, question de les remettre à jour. « On a des experts qui travaillent sur le sujet », dit-elle.

La chef du PQ affirme que sa « gouvernance souverainiste » est le seul moyen de faire avancer le Québec et le projet de pays en même temps, avec derrière elle la population. « Ce sont des gestes de gouvernement qui vont montrer que le Québec mérite d'avoir tous les outils pour s'épanouir », dit-elle.

En ce qui a trait à la crise du mois de juin, Pauline Marois avoue avoir été ébranlée. « Ça m'a blessé profondément », dit-elle.

A-t-elle pensé à démissionner? « Jamais. J'ai trouvé ça difficile. J'ai eu de la peine. Ça ma fâché. Mais j'ai une responsabilité. J'ai reçu l'appui des militants et je suis à la tête du seul parti souverainiste au Québec. Car je ne fais pas confiance à Québec solidaire, qui ne parle jamais de souveraineté, pour la réaliser .»

Pauline Marois avoue être en colère contre les démissionnaires, même si elle souhaite encore leur retour au bercail. « Ce sont des personnes intelligentes, qui connaissent l'action politique et savent très bien que malgré tous les mouvements et groupes de réflexion sur la souveraineté, c'est un parti politique qui doit prendre le pouvoir et réaliser la souveraineté. Là, on nuit à ce véhicule politique essentiel. »

Elle ajoute que le projet de loi 204 sur l'amphithéâtre était un prétexte : « C'était une contestation de mon leadership, même s'ils ne l'ont pas tous dit ouvertement. Pourtant, ils étaient là quand le programme a été adopté au congrès par une large majorité de militants. À l'exception de Mme Lapointe, qui a proposé des amendements, les autres ont voté pour le programme et ne m'ont jamais parlé d'un inconfort, même Jean-Martin Aussant. »

La chef du PQ reconnaît toutefois que son résultat de 93 % obtenu au congrès occulte une partie de la réalité. Que représente ce 93 %, alors ? Seulement le fait de bons organisateurs? « Non ! Il faut de bons organisateurs pour gagner des élections, mais c'est un appui réel. Dans certains cas, je suis consciente que c'est un appui stratégique, que certains ont voté pour moi afin de ne pas revivre un psychodrame interne. C'est choquant, parce que c'est arrivé quand même! Visiblement, certains n'ont jamais accepté mon leadership et ne l'ont pas dit. »

Pauline Marois affirme que le caucus est derrière elle, mais reconnaît que la tempête peut se remettre à souffler. « Je n'ai pas de crainte. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des personnes qui vont se manifester de nouveau », dit-elle.

 

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Commentaires (20)

Excellente entrevue, si nous

Excellente entrevue, si nous nous fions à ce résumé.

Bravo Mme Marois pour votre résilience et votre patience.

Bonne chance !

Contre le PLQ, un PQ plus

Contre le PLQ, un PQ plus audacieux sous Mme Marois peut l'emporter si l'esprit de groupe revient dans le caucus de 46 députés.
La grande majorité des Québécois étant hostiles ou indifférents aux souverainistes pressés.

Le problème c'est que la politique marketing qui favorise des nouveaux visages et des partis nouveaux se fait au détriment surtout du PQ tributaire que de l'électorat francophone. Le DÉFI majeur pour le PQ sous P.Marois étant de contrer les mirages de F.Legault. Or, étrangement, les députés démissionnaires ne font que le lit de F.Legault en ayant quitté le parti.

Pauline Marois devra regarder la possibilité de la démission si c'est la condition pour que le Québec ne s'enfonce pas dans le déni de sa condition politique à travers les libéraux ou la fausse coalition Legault.

Pour rehausser sa figure politique bien précaire, pourquoi Pauline Marois ne propose telle pas une réforme du mode de scrutin en introduisant seulement une dose de proportionnelle montrant ainsi l'ouverture du PQ à ne plus représenter seul les Québécois avec les libéraux. Un scrutin uninominal mixte voilà une réforme susceptible de prendre de court Pierre Curzi et les démissionnaires de même que de démontrer aux Québécois que P.Marois désire sortir le Québec d'un bipartisme qui contribue à salir le Parti Québécois lui même.

Mme Marois, pensez à la réforme du mode de scrutin c'est une point essentiel dans l'électorat de gauche de Québec Solidaire comme des députés partis. Songez y, y compris pour vos autres éléments dont linguistiques. Sinon le PQ sera marginalisé dans la prochaine élection.

Je trouve cette démarche

Je trouve cette démarche excellente, je suis contente de voir que Madame Marois, fait cette tournée du Québec, les Québécois-ses verront qu'elle est à l'écoute, accessible, cela fera taire peut-être tous ces "pisse-vinaigre"
Il ne faut pas oublier que Madame Marois a été appuyé par 93.08 % de ses militants au congrés. Je ne veux plus voir M.Charest au pouvoir.

Le Mouvement pour une

Le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) travaille depuis 1999 afin qu'un mode de scrutin à finalité proportionnelle soit implanté au Québec. Le Parti Québécois a récemment causé une grande déception en retirant de son programme l'engagement de remplacer le
mode de scrutin.
Le MDN a mis une proposition sur la table dans le cadre de la campagne "Solution démocratique".
Cette proposition, un mode de scrutin mixte véritablement compensatoire, donc proportionnel, intégrant des mécanismes pour améliorer la représentation sous toutes ses facettes. Cette proposition est issue des consensus maintes fois exprimés ces dernières années et elle est
actuellement endossée par des personnes et des organisations, réunissant ensemble un million de
personnes. Pour la signer, il faut se rendre sur www.democratie-nouvelle.qc.ca/actions

D'accord et insistons sur

D'accord et insistons sur l'optimisation de la nouveauté et de la liberté du vote, et ce, dans la cohésion de la politique générale du PQ et de la collaboration entre les députés et la Cheffe.

La nécessité fait

La nécessité fait loi.

L’impression qui se dégage du résumé de l'entrevue rapporté ici est qu'elle consent à quelques changements cosmétiques, sans plus. Je ne crois pas que ce soit suffisant pour rétablir la confiance entre son parti et les nationalistes du Québec. Ceux-ci sont déjà rendus ailleurs. En effet, les élections fédérales du 2 mai ont fait prendre conscience que le système fédéral n’offre plus la représentativité démocratique minimale pour promouvoir les intérêts supérieurs de la nation québécoise dans la fédération. Les québécois vivent très mal cette réalité. Si le NPD échouait à proposer une entente mutuellement acceptable pour le Québec et pour le ROC, l’impasse serait totale et les québécois souhaiteraient, dans cette éventualité, se réserver une porte de sortie. Le PQ semble dépassé et sa démarche inappropriée aux nouveaux défis que la nouvelle donne politique nous impose collectivement. Les québécois ne veulent plus de négociations stériles à l’intérieur des limites d’un système où le rapport de force nous est nettement défavorable. Visiblement, la lecture que Mme Marois fait de l’humeur de l’électorat n’est pas adéquate. Les consultations citoyennes qu’elle a entreprises dernièrement apparaissent comme improvisées, organisées dans la panique.
La confiance s’évalue aussi à la capacité d’un chef à rassembler toutes les tendances et les forces antagonistes qui interagissent à l’intérieur d’une organisation. Or, régner en bannissant comme elle l’a fait les tendances les plus progressistes du parti n’est pas sans risques sur la crédibilité de Pauline Marois. Elle se dit peiné d’une situation qu’elle a pourtant elle-même créer. Enfin, il est curieux qu’elle mette de l’avant à ce moment-ci le projet de pays alors qu’en d’autres circonstances elle ait mis un embargo sur le sujet notamment à l’occasion de la dernière élection. Il est difficile de comprendre pourquoi le PQ a tellement négligé de promouvoir l’idée de l’indépendance. Bref, l’impression que Mme Marois donne est qu’elle est probablement plus compétente à administrer une province qu’à réalise l’indépendance. Pas étonnant que nous en soyons réduit à assister impuissant à ce déchirement fraternel. Ce n’est pas exactement ce qui est de susceptible d’inspirer confiance en ce Parti.

La première étape pour

La première étape pour résoudre un problème n'est-elle pas de le reconnaître? Qu'est-ce qu'on reproche tant à madame Marois? Qu'elle soit une femme? J'ose croire que non... Qu'elle ait l'air bourgeoise, qu'elle ait de l'argent? Ca, j'ai tendance à le croire... Avouons que ca fait dur! Cette femme a du charisme, des convictions, elle revendique notre québécitude et nous mènerait à la victoire si les québécois étaient moins aveugles... On ne peut certes pas reprocher à cette femme de manquer de transparence ou d'être une girouette... Tenez votre bout madame Marois!

Pour son grand malheur, Mme

Pour son grand malheur, Mme Marois, pour le grand public, n'incarne aucunement le changement.
Elle est du PQ depuis tellement longtemps, elle est à l'Assemblée nationale depuis tellement d'années, qu'en général, on la perçoit comme une incrustée aux vieilles idées. Tellement, qu'on ne l'écoute même pas. Même si elle propose des changements majeurs.
Et ces derniers mois, son image a perdu tellement de son lustre que même Jean Charest paraît une étoile à ses côtés. Pourra-t-elle renverser la vapeur? J'en doute.Et je le regrette.

Si un quelconque politique

Si un quelconque politique masculin avait proposé cette même démarche que madame Marois propose, on aurait dit: "Tiens, voilà un plan réaliste et le renouveau tant attendu par la population!"
Cessons de nous leurrer, de chipoter avec de grandes analyses profondément insignifiantes et de trouver mille prétextes aussi creux les uns que les autres pour contester la direction ou "l'image" de la chef du parti québécois, seul parti souverainiste capable de gouverner le Québec et de le mener à la souveraineté:
Si madame Marois (la plus compétente et la plus expérimentée de tous les élus du Québec) avait été un homme, elle serait déjà première ministre!

Absolument d'accord avec

Absolument d'accord avec vous, M. Thivierge.

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