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Le Québec destination monde


15 Septembre 2010

Si le Québec a réussi à entrouvrir une porte sur l’étranger dès 1960, son action sur la scène mondiale demeure aujourd’hui encore trop limitée, croit Louise Beaudoin, qui a été déléguée générale du Québec à Paris et ministre des Relations internationales.

Le Québec destination monde
Illustration : Sophie Casson

C'est dès l'an 1 de la Révolution tranquille, en 1960, que le vice-premier ministre du Québec, Georges-Émile Lapalme, en mission en France pour examiner ce qu'est un ministère des Affaires culturelles, concocte avec André Malraux, ministre de la Culture, le projet d'établir à Paris une Maison du Québec. L'affaire est menée tambour battant.

L'année suivante, l'organisme, qui deviendra ultérieurement la Délégation générale du Québec, dotée de quasiment tous les pouvoirs d'une ambassade, est inauguré en grande pompe par Jean Lesage et le général de Gaulle. Ottawa fut presque totalement écarté du dossier. Soucieux de consolider ses relations avec la France et l'Europe, le premier ministre fédéral, Lester B. Pearson, avait accepté la demande du général d'autoriser l'établissement de cette délégation. Il ne se doutait pas qu'il venait de laisser s'entrou­vrir une porte que ses successeurs ne cesseront, à un degré ou à un autre, de vouloir refermer.

Louise-Beaudoin

Les relations internationales sont donc, dès le début, au cœur de la Révolution tranquille.

Les années qui suivirent furent marquées par un étonnant bouillonnement d'ententes bilatérales - parfois des quasi-traités - entre la France et le Québec, et même d'activités multilatérales, notamment avec des pays africains. Ces initiatives furent conclues avec le consentement plus ou moins forcé d'Ottawa, qui se trouvait à l'occasion placé devant un fait accompli. En 1965, le ministre de l'Éducation et vice-premier ministre, Paul Gérin-Lajoie, invente une armature juridique, lumineuse pour l'époque, justifiant ces actions : 1. la Constitution canadienne est muette en matière de politique étrangère ; 2. le Canada ne peut mettre en œuvre les traités qu'il signe dans des domaines de compétence provinciale, comme l'éducation ; 3. il revient donc au Québec de négocier et de signer des ententes dans ces domaines. Ainsi naît ce que l'on appellera la doctrine Gérin-Lajoie : le prolongement externe des compétences internes. Doctrine jamais reconnue par le gouvernement canadien.

Cinquante ans après la Révolution tranquille, où en est le Québec en matière de relations internationales ?

Photo : François Mori / PC

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Commentaires (7)

Vive le Québec libre!!!!

Vive le Québec libre!!!!

Merci Mme Beaudoin pour cet

Merci Mme Beaudoin pour cet éclairage !
La confiance et la fierté qui animait les actions collectives de la Révolution tranquille au Québec, il nous faut les retrouver "au plus sacrant" (!) sous peine de disparaïtre dans le tzunami de la mondialisation anglicisante.

Le joyeux retraité de "La Perla del Pacífico", Mexique

Comme homme d'affaire

Comme homme d'affaire parcourant le monde depuis plus de vingt ans, j'avoue que j'ai rarement eu l'occasion de lire un tel collage de vieux clichés recyclée sur les présumés embûches de la politique étrangère du Canada qui selon Madame Beaudoin se font présument au frais de la province. En fait, les propos tenus sont effectivement un fidèle reflet des mythes de conspiration fédéral que seule Madame dans sa langue de bois habituel, a le don de nous entretenir.
Reconnus pour son mépris systématique de l'état canadien, cette relique des tirades diplomatiques d'un temps révolu, n'a toujours pas saisie la nouvelle réalité économique qui manifestement favorise les grands ensembles.
En vérité la rupture de notre fédération serait bien mal vue par nos plus importants partenaires économiques, notamment européens qui s'efforce depuis l'après guerre de s'unir.
En bref, son pamphlet aurait mieux servi lors d'une haute messe indépendantiste que dans un mensuel qui se dit éducateur et sérieux. Vos lecteurs méritent mieux.

Bravo m. Dupont, Oh! Combien

Bravo m. Dupont,
Oh! Combien je partage votre point de vue!

Ma réaction en lisant cet article: je me suis demandée comment ce texte à la saveur d'un prospectus de parti politique s'était retrouvé dans l'actualité?... C'est vraiment un ouvrage monochrome en un seul point de vue. mmmm.......

Je suis assez satisfait avec

Je suis assez satisfait avec Ottawa comme mon représentant sur la scène internationale avec un voix à Québec seulement sur les dossiers purement culturels, éducatifs ou similaire.

On a 75 sièges aux Communes, une quarantaine de celles-ci sont reservées à des députés qui ne veulent pas participer au sein du cabinet. Une quarantaine de voix peut facilement changer le gouvernment d'un parti anti-environnement à un parti pro, par exemple. Mais, au lieu d'utiliser notre poids politique, on la gaspille.

Ha! Les vieux clichés? Comme

Ha! Les vieux clichés? Comme celui qui veut que tous profitent également de la dilapidation de nos biens publics dans des mains privées? La droite d'affaire a son lot de clichés pénibles (et faux) pour faire élire des politiciens sans scrupules qui facilitent le mouvement de capitaux ... en leur faveur. On ne fait pas un pays avec de pareilles mesures, même si le PIB est à l'honneur - on fait un beau grand troupeau de gens ignorants qui ne travaillent pas pour le bien collectif mais pour le bien privé d'une petite clique. Oui monsieur, les québécois travaillent pour gonfler votre compte en banque. Et vous, travaillez-vous pour les québécois? Leur souhaiter d’être maîtres, même partiellement, de leur destinée est il me semble, la moindre des choses.

Le Canada sert très bien les

Le Canada sert très bien les intérêts du Québec. Si les souverainistes demandaient la transformation de notre fédération en confédération, cela serait encore mieux au lieu de jouer aux créateurs de fontières.
Comment donner crédit aux souverainistes qui disent vouloir s'ouvrir sur le monde et accepter toutes les cultures alors qu'ils ne sont même pas capable de discuter avec nos voisins ontariens ? Et ils veulent parler au monde ?!
Oubliez moi pour vous donner ma voix. Commencez par être réaliste et ouvrez-vous au Canada avant de regarder le monde.

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