François Legault veut « dégraisser la bureaucratie » dans les agences de la santé et « rouvrir les conventions collectives des médecins ». Sa Coalition pour l’avenir du Québec prône un « changement de culture ». Flammèches en vue.

Les Québécois « n'aiment pas la chicane », dit François Legault. Mais de son propre aveu, ça pourrait barder si sa Coalition pour l'avenir du Québec se transformait en parti et accédait au pouvoir !
En matière de santé, l'ancien ministre péquiste ne promet rien de moins qu'un « changement de culture complet ». En plus de « dégraisser la bureaucratie » et de donner plus de pouvoir aux pharmaciens, il rouvrirait les conventions collectives des médecins, évaluerait la « performance » de ces derniers et militerait pour qu'Ottawa abolisse sa Loi sur la santé.
Avant même son lancement officiel, en février dernier, le mouvement de François Legault, qui met de côté la question nationale, caracolait en tête des intentions de vote au Québec, loin devant le PQ et les libéraux. Mais ses propositions sur l'éducation - notamment une importante hausse de salaire aux enseignants en échange du renoncement à leur sécurité d'emploi - ont été taillées en pièces par les syndicats. Les idées de Legault sur la santé risquent de créer autant, sinon plus, de remous. Les Québécois sont-ils prêts à appuyer un virage aussi majeur ? « Ça reste à voir ; ce ne sera pas facile », admet le chef de la Coalition.
L'actualité l'a rencontré dans ses bureaux de Montréal.
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Votre Coalition a fait de l'éducation sa « priorité absolue ». La santé dévore toutefois près de la moitié du budget du Québec. Comment comptez-vous dompter la bête ?
- Il faudra réduire les sommes consacrées à la bureaucratie de même que le nombre de cadres. Dans les centres de santé et de services sociaux, dans les agences de la santé et au Ministère, trop de gens font des rapports à d'autres gens qui font des rapports.
Mais ce dont le Québec a le plus besoin, c'est de conclure un nouveau pacte avec les médecins, surtout avec les 8 200 omnipraticiens, pour les convaincre de prendre en charge plus de patients. Chacun des huit millions de Québécois devrait avoir un médecin de famille. C'est possible d'y arriver, avec le nombre d'omnipraticiens déjà en place. Dans plusieurs autres pays, dont la Grande-Bretagne, un médecin peut prendre en charge de 1 500 à 1 600 patients. Même en tenant compte du temps qu'ils passent dans les hôpitaux, les omnipraticiens devraient pouvoir couvrir l'ensemble de la population.





