
Le NPD est comme un pissenlit. Une fois qu'il a poussé quelque part, il a tendance à s'enraciner pour de bon et à se propager. Cette observation d'un organisateur libéral de longue date consterné par la percée de Jack Layton au Québec, le printemps dernier, m'est revenue à l'esprit tandis que je contemplais le bilan de l'automne électoral dans les provinces canadiennes.
Sans qu'on puisse parler d'une deuxième vague orange, à l'image de celle qui a déferlé sur le Québec au scrutin fédéral, on constate que le NPD a fait des gains en 2011, tandis que les libéraux, tous paliers confondus, ont subi des reculs en série. Au total, le NPD a gagné 81 sièges au fédéral et au provincial, alors que les libéraux en ont perdu 60 aux deux échelons de gouvernement. Cela inclut l'Ontario et l'Île-du-Prince-Édouard, où ils ont perdu des plumes même s'ils ont été réélus.
Ces résultats reflètent une tendance lourde qui s'amplifie d'un scrutin à l'autre. Depuis 10 ans, le NPD gagne du terrain sur les libéraux d'un bout à l'autre du pays. La plupart du temps, les conservateurs tirent profit de la guerre d'attrition qui se déroule sur leur gauche.
Dans les Prairies, où le NPD a vu le jour, la bannière libérale est tout simplement en voie de disparition. Sur les 254 sièges fédéraux et provinciaux du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta, seulement 12 sont libéraux (dont 9 à Edmonton).
Ce n'est pas la campagne en cours en Saskatchewan qui changera ce portrait. La lutte s'y fait surtout entre le Saskatchewan Party, du premier ministre conservateur Brad Wall - que les sondages donnent favori pour l'emporter le 7 novembre -, et le NPD. Les libéraux n'avaient aucun siège à l'Assemblée législative de Regina au déclenchement des élections.
Au Manitoba, le chef néo-démocrate Greg Selinger est le seul premier ministre à avoir été reporté au pouvoir cet automne sans perdre une partie de ses députés en cours de route. Les libéraux ont de nouveau dû se contenter d'un seul siège à l'Assemblée législative de Winnipeg.
Au Yukon, le NPD vient de rafler aux libéraux le titre d'opposition officielle. En Ontario, le parti est passé de 10 à 17 sièges, tandis que les libéraux de Dalton McGuinty perdaient leur majorité à Queen's Park.
Les néo-démocrates étaient quasi absents de la région de l'Atlantique il y a encore une dizaine d'années. Aujourd'hui, ils talonnent les libéraux pour le titre d'opposition officielle à Terre-Neuve-et-Labrador. Un gouvernement néo-démocrate est au pouvoir en Nouvelle-Écosse depuis 2009.





