Politique »

Pauline Marois riposte


16 Septembre 2011

Elle a de nouvelles idées pour le Québec et un plan pour rallier les troupes souverainistes. Peut-elle encore convaincre ?

Pauline Marois riposte
Photo : M. Rivard

Fin juillet, Pauline Marois a fait ses valises pour aller le plus loin possible. Direction : la Russie. Sur la place Rouge, à Moscou, elle a laissé passer l'orage soulevé par la crise majeure du mois de juin, lorsque cinq députés ont claqué la porte.

« Ça m'a blessée. Je me suis dit que ça ferait du bien de faire une coupure », a confié à L'actualité la chef du Parti québécois, lors de sa seule grande entrevue sur le sujet. A-t-elle pensé démissionner ? « Jamais. J'ai une responsabilité comme leader du seul parti souverainiste capable de réaliser l'indépendance. »

Pauline Marois est aussi en colère. Le PQ s'est enfoncé dans une nouvelle crise au moment où il trônait en tête des sondages. « Visiblement, certains n'ont jamais accepté mon leadership et ne l'ont pas dit. » Elle affirme malgré tout souhaiter encore « le retour au bercail » des démissionnaires.

Ces départs, combinés à la défaite du Bloc québécois et à la montée de la coalition de François Legault, « soulèvent de l'insécurité au sein du parti » et « ébranlent le mouvement souverainiste », avoue Pauline Marois. L'absence d'appétit pour l'indépendance dans la population la force à un numéro d'équilibriste, dit-elle. « Il faut prendre acte du contexte politique actuel. »

Elle est toutefois décidée à se battre et a un plan pour relancer son parti d'ici les prochaines élections. « On va proposer des changements majeurs aux Québécois », précise-t-elle. Une fois au pouvoir, elle souhaite créer une Chambre des régions à l'Assemblée nationale, entreprendre des négociations avec Ottawa pour gérer l'assurance-emploi, élaborer une Constitution québécoise et rénover les institutions démocratiques.

****

Les vacances vous ont-elles permis de réfléchir sur les événements qui ont secoué votre parti ?

Quitter le Québec m'a permis de prendre du recul. Je n'avais pas vu venir cette crise. Dans le passé, on a voté sans controverse des lois tout à fait comparables au projet de loi 204 sur le Colisée de Québec, qui visait à empêcher la contestation de l'entente entre la Ville de Québec et Quebecor. Comme celle de Bombardier-Alstom pour la construction des wagons du métro, qui empêchait les contestations au niveau international.

La crise n'a pas été provoquée uniquement par le projet de loi 204...

C'est vrai, c'était une contestation de mon leadership, même si tous ne l'ont pas dit ouvertement. Le projet de loi 204 a été un prétexte.

Avez-vous pensé démissionner ?

Jamais. J'ai trouvé ça difficile. J'ai eu de la peine. Ça m'a fâchée. Les tirs amis font toujours plus mal que les tirs de ses adversaires. Mais j'ai une responsabilité. J'ai reçu l'appui des militants et je suis à la tête du seul parti souverainiste au Québec. Car pour réaliser la souveraineté, je ne fais pas confiance à Québec solidaire, qui n'en parle jamais.

Bookmark and Share

Évaluez cet article

Moyenne : 5 (2 votes)

Commentaires (1)

Souverainisme : Vif ou

Souverainisme : Vif ou défunt?

J’en profite pour vous féliciter pour l’interview réalisée avec Pauline Marois, (Marois Riposte, 15 septembre 2011). Au sujet de la capacité de Mme. Marois et du Parti québécois (PQ) de convaincre et convertir les Québécois au souverainisme, je voudrais vous dire combien j’ai apprécié vos questions au sujet de l’avenir du PQ et de Pauline Marois au sein de ce parti, ainsi que les questions concernant les changements qu’elle propose pour le Québec. On ne peut nier que ces questions sont extrêmement importantes, cependant j’ai été profondément déçu par l’absence d’une question d’essentielle : le souverainisme est-il en fait la meilleure solution pour le Québec dans cette époque de mondialisation au XXIe siècle? En d’autres mots, le souverainisme n’est-il pas une politique rétrograde et poussiéreuse qui sème la discorde? Par ailleurs, alors que vous avez posé des questions spécifiques, Mme. Marois n’a pas répondu entièrement aux questions posées. Certes, l’interview doit continuer, mais qui qu’elle soit, vous avez le devoir de lui demander si elle peut répliquer avec clarté en abordant les questions au complet. Donc, il est navrant que vous n’ayez pas réagi à son esquive ambiguë. Par exemple, elle a prétendu que plutôt que de discuter des moyens (pour faire la souveraineté), qu’il fallait parler de l’objectif et le présenter à la population. Néanmoins ne considérez-vous pas qu’il est inestimable de lui demander pourquoi on ne peut pas parler des moyens? Bien sûr, les moyens sont quand même cruciaux dans la réalisation d’un projet. Ne serait-il pas préférable d’analyser d’un œil critique tout ce que les politiciens disent?

Galiatzo Flores Montoya

Envoyer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage