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Peut-on encore se fier aux sondages ?


29 Juin 2011

On ne sonde plus l’opinion publique comme avant. Les volontaires sont recrutés sur le Web et payés pour répondre aux questions. La marge d’erreur ? Disparue !

Peut-on encore se fier aux sondages ?
Photo : Andrew Vaughan/PC

L'histoire d'amour entre Jack Layton et les Québécois a sans doute débuté le 3 avril, par un coup de foudre lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle.

De sondage en sondage, le cœur des Québécois s'est emballé, jusqu'à la déclaration d'amour du 20 avril, par la voix d'une enquête CROP montrant que le Nouveau Parti démocratique venait de passer premier dans les intentions de vote au Québec. Un sondage mené dans Internet, comme plusieurs autres publiés au cours de la dernière campagne électorale.

La question qui tue : peut-on faire confiance à ces sondages en ligne ? « Théoriquement, non », répond Claire Durand, professeure au Département de sociologie de l'Université de Montréal et vice-présidente de l'Association internationale de méthodologie sociologique.

Tous les moyens semblent bons pour recruter des volontaires sur le Web : invitation par courriel, bandeau publicitaire en ligne, promesse de rémunération... Aucune de ces méthodes ne permet pourtant de sélectionner des répondants au hasard, comme l'exige la théorie des probabilités.

« Un sondage dans Internet, c'est la pire des méthodes », soutient le sociologue Richard Brousse, membre de l'Observatoire des sondages, regrou­pement d'experts en méthodologie et sciences politiques situé à Bordeaux.

La France s'apprête d'ailleurs à mettre les sondeurs au pas en interdisant la publication de toute enquête d'opinion dont les volontaires ont été gratifiés, même s'il ne s'agit que de sommes symboliques ou de chèques-cadeaux. Un projet de loi en ce sens a été déposé à l'Assemblée nationale en février dernier par le Sénat.

Les mêmes techniques de recrutement sont utilisées par les maisons de sondage canadiennes. Opinion publique Angus Reid, par exemple, verse de un à cinq dollars par sondage aux membres de son forum Web. De nombreux experts en méthodologie s'interrogent sur la représentativité des internautes qui s'enrôlent dans ces panels.

Un chercheur allemand de l'Université de Bonn, Jörg Blasius, a démontré que les échantillons Web contenaient plus de célibataires et de personnes sans enfant et moins de personnes fréquentant l'église que la population en général.

Une autre étude, menée l'an dernier par le Bureau du recensement des États-Unis auprès de citoyens interrogés, par téléphone ou en ligne, au sujet de leur intention de remplir le formulaire de recensement, laisse songeur. Les réponses variaient de 13 points selon la méthode !

Dans une campagne électorale, ces différences ne sont pas sans conséquence. Claire Durand a calculé que les sondages faits dans Internet en avril dernier ont sous-estimé le vote conservateur de 1,5 point en moyenne par comparaison avec les sondages téléphoniques. « On peut penser que certaines personnes ayant tendance à voter conservateur, comme les personnes plus âgées, sont moins présentes dans les panels d'internautes », analyse-t-elle.

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Commentaires (4)

Je trouve très inquiétantes

Je trouve très inquiétantes les conclusions de l'article. Si comme le soumet madame Durand les sondages peuvent effectivement influencer les décisions politiques voire même le vote, cela veut dire que qui peut investir efficacement dans ces activités prends le contrôle de la situation.

Je pense que si on tombe là-dedans, on s'éloigne dangereusement de la démocratie. Et de la réflexion et du débat rationnel qui doivent être les ingrédients de la démocratie.

Je suis surpris que ces questions restent relativement dans l'ombre.

Merci pour cet excellent article madame Dubé. Je pense que je vais mettre quelques sites s'intéressant à ces questions dans mes favoris.

La réponse selon moi est non.

La réponse selon moi est non. Surtout quand on voit des gars comme Jean Marc Léger de Léger Marketing siégé sur le conseil d'administration de Quebecor.

les sondages ne sont qu'un

les sondages ne sont qu'un outil supplémentaire dans la manipulation des masses par les medias. Et dire qu'il y a encore des naïfs pour croire que nous choisissons nos élus et vivons dans un grand pays démocratique. Un vote aux quatre ans pour choisir la prochaine marionnette manipulée par l'aristocratie financière. Voilà la triste réalité!

Très intéressant.

Très intéressant. Malheureusement la démocratie protège nos droits,nous assure une certaine sécurité mais elle est aussi pernicieuse.
Mais le problème c'est qu'on peut tout faire,tout dire,tout justifier,ce qui fait que la vérité est étiolée,et que même si les arguments sont fallacieux et que les conclusions sont probables,ils peuvent être surfaits et mis en valeur de manière éhontée.
Propagande et manipulation sont bien connus
Il y avait un article qui abonde dans le même sens je crois dans le journal local de M. Nestor Turcotte sur les gouvernances.
Moi je dis que les formes totalitaires se retrouvent subtilement dans la démocratie,il n'y a rien de parfait en ce monde. Conclusion,il faut se servir de son jugement et ne pas toujours suivre le courant...Votre article est vmt pertinent!

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