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Robert Bourassa : bâtisseur ou tricheur ?


15 Février 2012

Vingt ans après l’échec de l’accord de Charlottetown, le fantôme de Robert Bourassa revient hanter les librairies. Qu’est-ce que l’histoire doit retenir de cet ancien premier ministre ?

Bourassa : bâtisseur ou tricheur ?
Steve Libs/Time & Life Images/Getty

Pour l'un, Robert Bourassa était un « bâtisseur » et un « grand homme politique », fondamentalement bon et honnête. Pour l'autre, il était un « tricheur », qui, à coups de mensonges, a « trahi l'ensemble des Québécois ».

Dans deux livres publiés ces jours-ci, Georges-Hébert Germain et Jean-François Lisée offrent une vision diamétralement opposée du parcours de l'ancien premier ministre, mort en 1996 d'un cancer de la peau.

Après avoir tracé le portrait d'une chanteuse (Céline Dion), d'un sportif (Guy Lafleur) et d'une criminelle (Monica la Mitraille), Georges-Hébert Germain souhaitait « découvrir le monde de la politique ». Il s'en est ouvert à un proche de Bou­rassa, rencontré par hasard dans un dîner privé. Quelque temps plus tard, il recevait un appel du représentant de la Fiducie de commémoration de la mémoire de Robert Bourassa, financée par la famille Bourassa. Celui-ci lui offrait de « faciliter ses entrevues » et d'appuyer ses recherches à l'aide d'une « contribution minime » (que la Fiducie ne divulguera pas).

C'est ainsi que l'auteur s'est mis sur la piste de l'ancien chef libéral. « En toute liberté », insiste-t-il, et en son « âme et conscience ». Lui qui n'avait jamais particulièrement apprécié Bourassa ni voté pour lui a découvert, après une multitude d'entrevues avec des proches et des adversaires, « un homme d'une grande tolérance, avec des qualités humaines rares de bonté et de paix ».

« Il restait un être machiavélique, qui pratiquait la politique en virtuose, dit Germain. Mais c'est le seul politicien de sa géné­ration qui a réussi sa carrière politique. René Lévesque était attirant, aimé, charismatique, mais il a échoué son grand projet. »

Bourassa, lui, a lancé les grands chantiers hydroélectriques de la Baie-James, créé l'assurance maladie et fait du français la langue officielle du Québec, rappelle-t-il.

Contrairement aux prétentions du PQ, qui se présente « de façon irritante comme l'unique propriétaire du nationalisme québécois, dit-il, Bourassa était aussi un nationaliste et il aimait profondément le Québec ». Il était toutefois mal-aimé des Québécois, ce qu'il regrettait amèrement à la fin de sa vie, note Georges-Hébert Germain. Avec son « portrait de proximité » (il refuse de parler de biographie), il espère « réhabiliter la mémoire de Bourassa ».

Jean-François Lisée ne s'en cache pas : c'est précisément pour contrer ce qu'il nomme une « opération de blanchiment politique » menée par les « amis de Bourassa » qu'il publie Le petit tricheur (Québec Amérique). Il caressait déjà l'idée de souligner le 20e anniversaire de l'échec de l'accord de Charlottetown en faisant paraître une version condensée et « plus digeste » de ses deux best-sellers sortis en 1994, Le tricheur et Le naufra­geur (Boréal). Il a accéléré sa démarche pour faire coïncider la parution avec celle du livre de Georges-Hébert Germain.

« Face à l'histoire, il faut dire le vrai visage de Robert Bourassa, soutient Lisée. Or, plus on s'éloigne, plus le portrait est accablant. »

Selon cet ancien conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, on ne peut comprendre l'impasse politique actuelle sans revenir à Bourassa. « Après l'échec de l'accord du lac Meech, il a gaspillé, par ses positions personnelles et secrètes, toutes les chances d'élargir les pouvoirs du Québec. »

Avec le recul, dit-il, on sait qu'il s'agissait d'une période cruciale, historique, où il était encore possible de renégocier le pacte canadien. « Bourassa a interdit à la famille fédéraliste d'essayer d'obtenir plus de pouvoirs pour le Québec et à la famille souverainiste d'obtenir une souveraineté consensuelle, à une époque où les sondages étaient favorables. Il a trahi tous les Québécois. Les faits sont là et n'ont jamais été démentis. »

Un homme. Deux livres. Deux visions. Irréconciliables.

Le biographe de Bourassa et l'honnêteté

J’attendais avec impatience l’opus positif de mon ancien collègue de L’actualité et avait hâte de comparer nos notes, côte à côte, ici et là dans les salons du livre. Jusqu’à ce qu’Antoine Robitaille, du Devoir, dépositaire du manuscrit de Georges-Hébert, me demande de commenter le passage du livre me concernant.

Et me consternant. Car je m’attendais à de l’honnêteté de la part d’un homme de la trempe de Georges-Hébert Germain. Mais voici ce que j’ai lu...

LA SUITE SUR LE BLOGUE DE JEAN-FRANÇOIS LISÉE  >>

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Commentaires (13)

Bâtisseur ou tricheur, je ne

Bâtisseur ou tricheur, je ne sais pas mais je demeure toujours étonné lorsqu'on qualifie Bourrassa de père de la Baie James. D'abord il faut savoir que le projet qu'il a annoncé en grande pompe ne s'est pas réalisé (le complexe NBR). Ensuite la SDBJ qu'il a créé a été en fait une coquille presque vide. Enfin, il est ridicule de penser qu'un PM doit inciter Hydro à bâtir des barrages puisque son département d'équipement ne pense qu'à ça. En fait le vrai rôle d'un PM est de s'assurer qu'Hydro ne consruit pas trop rapidement. Le vrai boss était le financier et président d'HQ Roland Giroux qui a enlevé le projet des mains de Bourrassa pour le confier à la SEBJ, une filiale d'Hydro.

Bonjour, Le nationalisme

Bonjour,

Le nationalisme aveugle toujours son homme. Nul ne peut se prétendre un intellectuel tout en étant nationaliste. L'intellectuel se doit d'avoir une distance objective pour traiter d'un sujet quelconque. Et non pas en étant dévoré par des émotions nationales qui faussent carrément la perception. Un nationaliste voit tout au travers du prisme de son nationalisme aveugle. Pas du tout d'objectivité ni de perspective pour relativiser. Bien sûr, tous les libéraux se voient obligés de jouer la carte nationaliste car ceux ci n'auraient pas de VOTES dans ce Québec pétrifié par son nationalisme étroit et revanchard. Faudrait il écrire le Tricheur No 2 au sujet de Monsieur Jean Charest qui joue lui aussi à fond la caisse le rôle d'un nationaliste québécois ? Serait ce aussi un naufrageur ?

Et moi qui croyais Bob

Et moi qui croyais Bob Bourassa inintéressant!
Fallait juste gratter sous le masque finalement...

Les séparatistes sont des

Les séparatistes sont des débatisseurs du Québec qui se servent de mensonges pour nous séparer de notre pays le Canada. Vous ne mérités pas d'habiter le Quiébec.

Vous n'avez qu'à déménager!

Vous n'avez qu'à déménager! 9 provinces peuvent vous accueillir mister Sharpe...

Je ne mérite pas d'habiter

Je ne mérite pas d'habiter l'endroit où je suis né? Et en raison de mes opinions politiques légitimes? Quel petit discours méprisant. Merci beaucoup de me rappeler pourquoi je désire que le Québec devienne souverain: parce que je ne veux pas habiter dans un Canada intolérant peuplé de gens qui méprisent les opinions politiques des autres.

Bonjour. S.V.P. ne me parler

Bonjour.
S.V.P. ne me parler pas de Jean-Francois Lisée.
Le tricheur a été à mon humble avis Parizeau, qui a étatiser les mines d'amiantes.
Je considère M.Bourassa un des grands bâtisseurs du Québec
Bonne journée.
.

Oui, d'accord Bourrassa fût

Oui, d'accord Bourrassa fût un grand bâtisseur, si l'on compare a celui qui ce prétend l'être ce jour. Notre P.M actuel. Cependant il a été un grand tricheur, lorsqu'en 1990 il a crée la commission Bélanger-Campeau. Suite a sa grande déclaration solennelle,QUOIQUE QUE L'ON DISE.....où a l'époque il a eu l'unanimité à l'assemblé nationale. Tout le monde attendait qu'il aiile plus loin, j'étais un de ceux-là. Les conclusions nous amenaient à la Souveraineté. Jacques Parizeau l'avait interpelé et appuyé en le nomment MON PREMIER MINISTRE., J'essais d'imaginer ce que serait le Québec d'aujourd'hui si Bourrassa au lieu d'être qu'un gestionnaire de l'étât avait été un Chef d'étât. J'en pleure.
Il nous a fait manquer le tournant que le Québec devait prendre, pcq nous étions rendu-là. MAINTENANT TOUT EST À REFAIRE. Nous y arriverons un jour, l'histoire nous servira. Parfois le coeur parle et se manifeste, Justin Trudeau cette semaine. C'est peut-être une erreur politique pour lui, mais c'est quand même la vérité.

Les 2, un bâtisseur et un

Les 2, un bâtisseur et un tricheur. L'un n'empêche pas l'autre.

Surtout TRICHEUR et pas de

Surtout TRICHEUR et pas de couilles....il s'est fait traiter de mangeux d'hot dog par Trudeau et il a continué à lui lécher les bottes haaa

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