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Thomas Mulcair : l'homme fort d'Outremont


19 Mai 2011

Thomas Mulcair a gardé de ses ancêtres irlandais le tempérament bagarreur qui fait de lui un politicien redoutable... et que beaucoup voient comme le dauphin du chef du NPD, Jack Layton.

Thomas Mulcair : l'homme fort d'Outremont
Photos : Olivier Hanigan

Le sourire de la serveuse au St-Hubert illumine le restaurant lorsqu'elle aperçoit les larges épaules de Thomas Mulcair qui franchissent la porte en ce midi frisquet de février. « Encore vous ! Ça fait deux fois cette semaine ! »

Le politicien éclate d'un grand rire, avant de tendre les deux mains pour envelopper celle de la dame. En chemin vers la table, il fait de petits signes de la tête pour saluer ceux qui le regardent.

La campagne électorale fédérale n'a pas encore démarré, mais Thomas Mulcair, 56 ans, arpente Outremont sans relâche. Quand il ne serre pas des mains lors d'un dîner au St-Hubert du chemin de la Côte-des-Neiges, au cœur de sa circonscription, il rencontre des étudiants de l'Université de Montréal, discute avec des entrepreneurs locaux ou apporte des fleurs à une famille pakistanaise influente de son quartier qui pleure la mort d'un enfant. « Je m'occupe de mon comté comme un député provincial. Je suis près des gens. C'est rare au fédéral », dit le seul député NPD à avoir été élu au Québec dans une élection générale.

Si le parti de Jack Layton peut aujourd'hui rêver à d'autres gains au Québec, notamment dans les circonscriptions outaouaises de Gatineau et de Hull-Aylmer, c'est grâce à Thomas Mulcair. « Il nous a apporté de la visibilité et de la crédibilité, ce qui aide à convaincre de bons candidats », explique un organisateur néo-démocrate, qui estime que les résultats dans les récents sondages - qui placent le parti à près de 20 % dans les intentions de vote au Québec - sont en grande partie attribuables à la présence de Mulcair.

 

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Thomas Mulcair célèbre avec Jack Layton sa
victoire dans Outremont, forteresse libérale
qu'il a défaite en septembre 2007.

Photo : Ryan Remiorz / PC

 

Thomas Mulcair est vu par beaucoup comme le dauphin du chef, Jack Layton. Une popularité qui attire même l'attention à Québec, où certains libéraux laissent entendre qu'il serait un candidat potentiel à la succession de Jean Charest.

Mais le député néo-démocrate, élu en 2007 dans le bastion libéral d'Outremont, doit d'abord assurer sa survie. À la prochaine élection, il se frottera à Martin Cauchon, ancien ministre du gouvernement Chrétien, qui tentera de reprendre le fief qui était sien de 1993 à 2004. Ce sera certainement l'une des luttes les plus serrées du Québec, Martin Cauchon se présentant aux électeurs comme un chef libéral en attente.

Rien pour intimider Thomas Mulcair. « J'ai battu leurs deux précédentes vedettes et je vais battre Cauchon aussi. Il n'a pas fait de campagne depuis 2000 et la circonscription a beaucoup changé. Il n'est plus aussi connu qu'il le pense. » Outremont, au fédéral, est un grand territoire, qui englobe notamment le secteur à forte immigration de Côte-des-Neiges ainsi que les abords de l'Université de Montréal, où les étudiants vont et viennent.

Martin Cauchon affirme qu'il affronte un « bon adversaire », mais évite d'aller plus loin, préférant se concentrer sur sa campagne. En coulisse, les libéraux s'attendent à ce que la bataille soit sans pitié. « Mulcair va nous balancer toute la bouette qu'il peut et tenter d'associer Martin Cauchon au scandale des commandites. Ça va jouer dur », prédit un organisateur libéral.

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Commentaires (2)

« Thomas Mulcair a gardé de

« Thomas Mulcair a gardé de ses ancêtres irlandais le tempérament ... »

Contrairement à ce que prétendent les théories racistes fondées sur des notions comme descent, bloodlines, heritage, lineage ou autres ancestry (que l'antifasciste de la droie libérale G. A. Borgese appelait avec raison "les superstitions biologiques"), le fait d'être irlandais n'a jamais rien eu d'ancestral. Il s'agit au contraire d'un fait culturel, c'est-à-dire transmis et ACQUIS du vivant de chaque individu et non quelque chose que l'on serait à la naissance comme le cheptel.

Le 'tempérament', les 'mentalités' (irlandais par exemple) sont des faits de civilisation et non des faits de "race".

Vous avez oublié un détail,

Vous avez oublié un détail, et pas le moindre: Mulcair est français. Et au Canada, si on se rappelle l'arrivée de la GG française, on n'aime pas un chef qui a une autre nationalité que la plus-meilleure-au-monde.

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