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Visa le noir, tua le blanc


25 Février 2011

En préconisant l'abrogation de la loi 101 et le retour au libre choix en matière de langue d’enseignement, l’ex-ministre conservateur Maxime Bernier avance une fausse solution à un vrai problème.

Chronique de Chantal Hébert : Visa le noir, tua le blanc
Photo : J. Boissinot / PC

Dans un article publié dans son blogue le 6 février dernier, il écrit : « Pourquoi les parents francophones ne pourraient-ils pas envoyer leurs enfants faire une partie de leurs études dans des écoles anglaises ou bilingues, de façon à ce qu'ils maîtrisent parfaitement les deux langues ? L'anglais est la langue de 350 millions de personnes autour de nous. C'est également la plus importante langue internationale partout dans le monde. La maîtriser est un atout incontournable. »

Peu de Québécois mettent en doute la deuxième moitié de l'énoncé du député de Beauce. La vaste majorité des parents souhaitent que leurs enfants maîtrisent l'anglais. Et beaucoup jugent que la qualité actuelle de l'enseignement de l'anglais laisse à désirer.

Mais ce n'est pas parce qu'il ne croit pas que la loi 101 ait des mérites que le ministre Christian Paradis a installé sa famille à Ottawa et inscrit ses enfants à des classes en anglais, mais plutôt parce que, dans bien des régions du Québec, l'enseignement de la langue seconde n'est pas adéquat.

Dans les faits, l'équation que fait Maxime Bernier entre loi 101 et apprentissage de l'autre langue officielle est bancale. D'ailleurs, le mal qu'il diagnostique n'est pas québécois, mais plutôt pancanadien.

Au Canada, le droit de choisir d'étudier dans une langue officielle autre que sa langue maternelle n'est absolu nulle part, et le concept du libre choix est surtout théorique.

Chaque année, des cen­taines de parents anglophones se disputent ainsi un nombre limité de places dans les classes d'immersion en français. L'an dernier, des parents de la région de York, en banlieue de Toronto, ont passé une partie de la nuit devant leur école de quartier pour assurer une place en immersion à leurs enfants. En début de matinée, la liste des inscriptions était déjà complète.

Même situation en Colombie-Britannique, où le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, James Moore, raconte que le tour de force logistique pour inscrire ses quatre nièces en immersion a nécessité une véritable mobilisation familiale.

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Commentaires (3)

Pas pire comme analyse.

Pas pire comme analyse.

Je viens d'apprendre quelque

Je viens d'apprendre quelque chose dont je n'avais jamais pris conscience :

«Dans le reste du Canada comme au Québec, le seul vrai droit en matière de langue d'enseignement est celui d'être instruit et de faire instruire ses enfants dans la langue officielle qui correspond à sa langue maternelle.».

C'est bon à savoir merci madame hébert

Je suis surpris qu'AUCUN

Je suis surpris qu'AUCUN autre journaliste québécois n'est abordé la question sous cet angle.

Il me semble que ça serait relativement simple de jumeler chaque école francophone du Québec avec une école anglophone de taille similaire du reste du Canada. Avec Internet, les possibilités d'échanges seraient illimitées.

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