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Des idées pour sauver le médecin de famille


5 Octobre 2009

Un Québécois sur quatre n’en a pas. Et ça ne va pas s’arranger, car les étudiants en médecine préfèrent de plus en plus la vie de spécialiste. Et pas que pour le salaire, nous apprend notre enquête !

Photo : Mathieu Rivard

Omnipraticien à la Polyclinique médicale Concorde, à Laval, le Dr Claude Saucier cache souvent une ou deux bonnes bouteilles de vin dans le tiroir de son bureau. Pendant la saison de la chasse, il range dans le frigo de la clinique des steaks d'orignal. Parfois, des truites fraîchement pêchées. « Ce sont mes patients qui me font des cadeaux », rigole le médecin de 58 ans à la chevelure grisonnante. « Ils me traitent aux petits oignons. Ils ont tellement peur que je prenne ma retraite ! »

Que ses patients se rassurent, le Dr Saucier ne songe pas à raccrocher son stéthoscope de sitôt. Mais entre les consultations à son bureau et celles à la clinique sans rendez-vous - qui se vide souvent vers 23 h, même si elle ferme à 20 h -, entre les soins aux urgences et aux étages de la Cité de la Santé de Laval, il rêve de ralentir un peu. De prendre plus de deux semaines de vacances d'affilée. Un luxe qu'il ne s'est pas permis depuis 1976.

Ce ne sera pas pour demain. À quelques kilomètres de la polyclinique, le Centre médical Pont-Viau fermera bientôt ses portes. Deux de ses médecins remiseront leur blouse blanche pour de bon. On ne peut pas les blâmer. Ils ont soufflé 73 bougies cette année ! Chacun laissera un peu plus de 1 500 patients orphelins, souvent âgés et vulnérables. « Beaucoup se retrou­ve­ront chez nous, à la clinique sans rendez-vous, craint le Dr Saucier. C'est une vraie catastrophe qui s'annonce. »

Certes, la Polyclinique médicale Con­cor­de a réussi à attirer un jeune omnipraticien cette année. Mais pas plus. « Les nouveaux, on se les arrache aux quatre coins de la province », soupire le médecin.

Le quart des Québécois n'ont actuelle­ment pas de médecin de famille. Sans port d'attache, ils voguent d'une clinique sans rendez-vous à l'autre quand ils ont besoin de renouveler leur ordonnance d'anovulants ou quand ils se décident à consulter pour leur mal de dos. La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) estime qu'il faudrait 800 nouveaux généralistes pour guérir le bobo.

Le Québec a beau ouvrir les portes de ses facultés de médecine - les inscriptions ont presque doublé au cours des 10 dernières années -, la relève se fait rare ! Car les étudiants sont peu nombreux à vouloir suivre les traces du bon Dr Welby, vedette du petit écran dans les années 1970. Aujourd'hui, ils rêvent d'effec­tuer un triple pontage d'urgence, comme les médecins de la série américaine ER, ou de dépister des maladies rarissimes, à la façon du Dr House, héros de la série du même nom.

Un sondage mené cette année par la Fédération médicale étudiante du Québec auprès de 1 300 étudiants en médecine révèle que seulement 25 % d'entre eux ont l'intention d'opter pour la médecine familiale. Selon la FMOQ, un rapport de 50-50 entre les omnipraticiens et les spécialistes serait souhaitable pour assurer les soins de première ligne. « On se contenterait de 45-55, mais on est loin du compte », note le Dr Louis Godin, président de la Fédération.

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Commentaires (1)

La crise de la médecine

La crise de la médecine familiale

Bravo à Dominique Forget pour son superbe reportage (<< Comment sauver le médecin de famille ? >>,1 er nov. 2009). Il est vrai que plusieurs personnes n’ont jamais eu un médecin de famille et encore moins les jeunes gens, car nous sommes habitués aux hôpitaux. Les personnes qui doivent passer des suivis ou simplement pour avoir un bilan de santé régulier sont à risque de ne pas avoir un médecin de famille .Les médecins de famille ont un salaire largement inférieur à celui des médecins spécialistes, et les journées sont surchargées de travail, bien sûr parce qu’il manque de relève. Il y aurait peut être plus des jeunes médecins de famille si l’Office des professions du Québec et le ministre des Finances corrigeraient leurs différences de salaires et de tâches.

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