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Dons de sang, un peu de bon sens


5 Juin 2010

Le test de dépistage plus rapide du VIH ouvre aux homosexuels la voie au don de sang. Héma-Québec assouplirait-elle aussi ses règles pour d’autres catégories de donneurs potentiels ?

Le test de dépistage plus rapide du VIH ouvre aux homosexuels la voie au don de
photo : César Astudillo / CC3.0

Héma-Québec songe à permettre aux homosexuels de donner du sang, du moins à ceux dont le dernier contact sexuel remonte à cinq ans et plus. Actuellement, le questionnaire que doivent remplir l'ensemble des donneurs exclut d'emblée tout homme ayant eu une relation sexuelle, protégée ou non, avec un autre homme depuis 1977. Les femmes homosexuelles, elles, ne sont pas exclues.

Le ministère de la Santé du Canada, qui réglemente le système de santé canadien, justifie cette exclusion par le fait que la pré­valence du VIH est nettement plus importante chez les hommes ayant eu des rapports homosexuels que chez les hétérosexuels. Les critères d'admissibilité sont similaires presque partout en Amérique du Nord et en Europe. Celui qui exclut les hommes gais a été adopté en 1983, alors que ce groupe représentait plus de 80 % des nouveaux cas de VIH dans le monde.

Héma-Québec, qui est responsable de l'approvisionnement en produits sanguins au Québec, voudrait bien élargir le réservoir de donneurs. Sans compter que le maintien de l'interdiction permanente du don de sang des gais est désormais très difficile à défendre scientifiquement.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec estime qu'il y a plus de risques de mourir pendant un accouchement (environ une possibilité sur 30 000) ou frappé par la foudre (environ une possibilité sur 350 000) que d'être contaminé par une transfusion sanguine.

Héma-Québec soumet tous les dons de sang à une série de tests de dépistage (virus du Nil, VIH, hépatite, etc.). L'un d'eux, le test d'amplification des acides nucléiques, auquel l'organisation a recours depuis une dizaine d'années, permet de détecter le virus de l'immunodéficience humaine en moyenne 11 jours après l'infec­tion. Ne reste donc que ce qu'on appelle le « risque résiduel de con­ta­mination » (lorsqu'un donneur a été contaminé au cours des derniers jours). Ce risque est de une possibilité de contamination pour 12 millions d'unités. « Cela représente une unité infectée tous les 50 ans », explique le Dr Gilles Delage, vice-président aux affaires médicales en microbiologie d'Héma-Québec.

Au sein de la population, plusieurs groupes, dont la majorité défendent les droits des homosexuels, plaident en faveur d'une modification de la politique en vigueur. Selon eux, ce sont les relations sexuelles non protégées qui favorisent la transmission du VIH, pas l'orientation sexuelle. Ce sont donc ces pratiques qui doivent déterminer les restrictions au don de sang.

Le Dr Réjean Thomas, président fondateur de la Clinique médicale l'Actuel, juge préhistorique la politique actuelle d'Héma-Québec. « La majorité des cas de sida dans le monde touchent des hétérosexuels. Au Québec, entre 30 % et 40 % des victimes du sida sont hétérosexuelles ! » L'important, dit-il, est l'efficacité des tests de dépistage.

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Commentaires (2)

Vous cherchez de nouveaux

Vous cherchez de nouveaux donneurs potentiels? Comment expliquez-vous que Héma-Québec refuse mon sang à cause des médicaments que je prends (pour l'épilepsie) mais que je peux donner mes organes sans problème? Ne pourrait-on pas "nettoyer" le sang des médicaments qu'il contient?

Et bien moi j'ai donné du

Et bien moi j'ai donné du sang 2 fois avant d'être diagnostiquée épileptique. Mes médicaments ne sont pas dans la liste. Ça fait plus de 3 ans que je n'ai pas eu de crise et on me refuse quand même de donner du sang! Héma-Québec pourrait obtenir beaucoup plus de sang s'il assouplissait des critères de sélection des donneurs, comme l'orientation sexuelle.

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