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Gare au cocktail de jus et de médicaments !


17 Septembre 2008

Si le mélange médicaments et alcool désole, l’effet des médicaments et celui du jus s’excluent… Boire du jus d’orange, de pomme ou de pamplemousse réduirait presque à néant l’efficacité de nombreux antibiotiques et médicaments, comme ceux pour traiter l’hypertension, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Ce sont les conclusions auxquelles sont parvenus des chercheurs de l’Université de Western Ontario, à London. Selon leurs expériences, la narangine, substance à l’origine de l’amertume de certains fruits, empêcherait certaines molécules médicamenteuses de filtrer vers le système sanguin. Mieux vaudrait donc attendre quatre heures après avoir pris un médicament avant de boire un verre de jus.

Pour un meilleur vaccin contre la grippe

Le vaccin contre la grippe saisonnière a eu des ratés en Amérique du Nord l’hiver dernier. Alors que le taux de protection du vaccin se situe habituellement entre 70 % et 90 %, il n’a été que d’environ 44 %, et les hôpitaux ont accueilli un nombre record de patients grippés qui avaient pourtant été inoculés. C’est qu’une souche du virus avait été mal choisie, et le vaccin ne pouvait lutter contre cette forme de grippe. Afin de mieux protéger la population, des chercheurs réclament donc que le processus de décision relatif à la composition du vaccin soit revu.

Chaque année, on retrouve dans le vaccin trois des grandes familles du virus de la grippe — H3N2, H1N1 et influenza B —, des souches qui évoluent constamment et subissent régulièrement des modifications génétiques. Chaque année, un groupe restreint d’experts — composé des membres des centres de surveillance de la grippe de l’OMS, des représentants des fabricants du vaccin et des organismes nationaux de réglementation des médicaments — se réunit donc pour déterminer les souches grippales qui entreront dans la composition du vaccin pour la saison à venir. Une rencontre a lieu en février pour l’hémisphère Nord et en septembre pour l’hémisphère Sud. Pourquoi si tôt ? Parce qu’il faut six mois pour cultiver les substances immunisantes.

Mais cette réunion se tient à huis clos. Et c’est ce manque de transparence que le bio-informaticien Steven Salzberg reproche à l’OMS dans une critique qu’il a récemment publiée dans Nature. En ouvrant la discussion à l’ensemble du milieu scientifique, au lieu de réserver le débat aux quelques participants invités, les chercheurs pourraient profiter de l’expertise internationale de généticiens, d’épidémiologistes et d’autres spécialistes, et ainsi éviter le désastre de la dernière année. Il suggère aussi de rendre publics les éléments présentés lors des discussions — y compris les données d’expériences effectuées en laboratoire et les fragments du code génétique des différentes souches de grippe. Ces derniers restent confidentiels, bien qu’ils constituent une des plus importantes sources d’information pour l’avancement de la recherche. Bref, dans ce cas comme partout en science, l’heure est à la collaboration et au partage des données, et non à une culture du secret désuète.

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