L’actualité médicale présente les réflexions de quelques-uns des experts interrogés pour son dossier sur les soins aux bébés prématurés à la limite de la viabilité.

Dr Keith J. Barrington, chef de service de néonatalogie, centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, Montréal
Les médias parlent beaucoup d'acharnement thérapeutique et les parents arrivent parfois avec l'idée qu'on s'acharne sur leur enfant. Personnellement, je ne me suis jamais acharné sur un enfant. Je donne les soins appropriés et il arrive que les parents me poussent à faire plus que ce que je pense être raisonnable. Les parents ont des droits, et c'est rare qu'ils demandent des choses vraiment hors de proportion. En 25 ans de carrière, il est arrivé très rarement où je n'ai pas été capable d'en venir à un accord avec les parents. On met vraiment trop l'accent là-dessus. Il y a deux ans, par exemple, j'ai soigné un bébé dans un autre hôpital. Il en était à sa troisième méningococcémie, était vraiment très malade et toutes les infirmières me disaient que je faisais de l'acharnement thérapeutique. Moi, je disais qu'il y avait toujours une possibilité que ce bébé survive et, deux jours plus tard, il a commencé à récupérer. C'est un bébé qui va très bien maintenant. L'acharnement thérapeutique est un terme que je n'aime pas, parce qu'il donne l'impression que l'on fait des choses que l'on sait ne pas être correctes. La réalité, c'est que j'aime m'impliquer dans les soins qui donnent une bonne chance aux bébés d'avoir un bel avenir.





