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Santé : le temps du courage


6 Août 2010

Victime de son succès, le système de santé québécois ne répond plus à la demande. C’est le père de l’assurance maladie, Claude Castonguay, qui l’affirme ! Il propose ici des solutions audacieuses pour le remettre sur pied.

Victime de son succès, le système de santé québécois ne répond plus à la demande
Ill : Alain Pilon

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(3e d'une série de 5)

C'est en pleine période de crise, en octobre 1970, alors que les sol­dats de l'armée canadienne sillonnaient les rues de Montréal et que les médecins spécialistes menaient une dure grève, qu'a été lancé le programme d'assurance maladie du Québec. « Robert Bourassa n'avait été élu qu'en avril. Il aurait pu me lâcher », raconte Claude Castonguay, qui était alors un jeune ministre de la Santé plein d'idéal.

Lorsque les libéraux avaient pris le pouvoir, la mise en place d'un système de santé démocratique était à l'état de projet depuis une dizaine d'années déjà. L'élection des libéraux de Jean Lesage, en 1960, avait été le déclencheur de ce projet, mais c'est sous le gouvernement unioniste de Daniel Johnson qu'il s'était étoffé. Le premier ministre avait alors confié au jeune Claude Castonguay, actuaire de formation, la présidence d'une commission d'enquête sur la situation des soins de santé et des services sociaux, alors sous l'autorité du clergé. Les recommandations de la commission Castonguay-Nepveu établiront les bases d'une véritable révolution en matière de soins de santé au Québec

Élu député en 1970, Claude Castonguay sera ministre de la Santé et des Affaires sociales de 1970 à 1973. C'est à lui que l'on doit la « carte-soleil ». Membre invité du CIRANO, il a toujours suivi de près l'évolution du système de santé. En 2006, il proposait au gouvernement d'instaurer un ticket modérateur. Deux ans plus tard, il recommandait la collaboration des secteurs public et privé. « Robert Bourassa a eu du cran, dit-il. Il faut que nos actuels dirigeants aient le même courage et qu'ils adaptent le réseau aux besoins de notre époque. »

***

Notre système de santé ne vieillit pas bien. L'accessibilité et la qualité des soins souffrent de malaises. Les dépenses publiques de santé augmentent plus vite que les revenus de l'État. Les nouvelles technologies, le vieillissement de la population, les demandes de soins coûteux de la part de patients toujours plus informés, la rémunération des médecins, tout pousse les coûts vers le haut.

Des changements en profondeur sont nécessaires. Aurons-nous l'audace de nous inspirer des Scandinaves, des Allemands ou des Britanniques et de prendre enfin les décisions qui s'imposent ?

En Europe, plusieurs pays ont réussi à améliorer la performance de leur système de santé et à freiner la croissance de leurs coûts. La priorité a été donnée aux soins de première ligne, les responsabilités des intervenants ont été clarifiées, des façons plus efficaces de dépenser ont été introduites, l'organisation du travail a été dynamisée, la performance est évaluée à tous les niveaux, la mixité des pratiques est permise et encadrée, etc.

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Commentaires (1)

Je travaille en clsc, j'ai 17

Je travaille en clsc, j'ai 17 patrons au dessus de la tête, bravo a la fusion avec l'hopital. Tous les jours je vois les 19 infirmières BACHELIERES (université!!) faire ce que n'importe quelle infirmière technicienne faire: vaccins, prélèvements, petites collectes de données. Gaspillage en administration et gaspillage en personnel sur-formé (sur payé). Multipliez cela par le nobmre de csss du québec, ca approche du 2 milliards par année. grrrrrrr

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