Science »

L'école de l'espace


18 Septembre 2009

Depuis les années 1960, tous les cosmonautes russes s’entraînent à la Cité des étoiles, ancien complexe militaire de la banlieue de Moscou jadis interdit aux étrangers. Notre journaliste s’y est rendu.

Photos : Space Adventures
Photos : Space Adventures

Avant le décollage, les cosmonautes russes se livrent à un petit rituel : ils chantent un tube des années 1980, « Trava U Doma ». Le refrain raconte que, de l'espace, on ne voit pas la base de lancement, mais le gazon devant sa maison... Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil et futur touriste de l'espace, verra-t-il les vastes pelouses de son domaine de Saint-Bruno ou l'herbe, ô combien verte, d'un marché qui s'ouvre enfin à lui : la Russie ?

Guy Laliberté présente son périple comme une « mission sociale poétique ». Car le cracheur de feu fait désormais dans le « social », avec la Fondation One Drop, qui doit financer des programmes d'accès à l'eau potable dans le monde. Mais le volet marketing est évident : Guy Laliberté sera de retour juste à temps pour assister à la première en Russie de Varekai, spectacle du Cirque du Soleil créé à Montréal en 2002. Comme il le précise dans le site de Space Adventures, la société américaine qui organise son voyage, « cela ne pouvait pas mieux tomber ».

Il faudrait être pisse-vinaigre pour lui reprocher de s'intéresser à la septième économie mondiale (plus de 8 % de croissance en 2007), aux « nouveaux Russes » qui peuvent s'offrir des billets de cirque à 200 dollars, plus chers encore que ceux de Las Vegas. Mais je voulais savoir ce qu'on pouvait acheter pour 35 millions de dollars américains, la somme que Laliberté devra verser pour s'arracher à l'atmo­sphère terrestre. En clair : à quoi ressemble la formation d'un cosmonaute amateur ? Pour le savoir, je me suis rendu dans la banlieue nord de Moscou afin d'y visiter la Cité des étoiles, ancien complexe militaire où se trouve le centre d'entraînement des cosmonautes et le centre de contrôle Korolev, le Cap Canaveral russe.

Tous les cosmonautes qui participent à des missions russes sont formés à la Cité des étoiles. Le centre d'entraînement porte le nom de Youri Gagarine, premier homme à être allé dans l'espace. Même si 200 militaires y travaillent, le centre ressemble à un campus que les étudiants auraient déserté. Le gazon, qui n'a pas été tondu depuis belle lurette, donne une impression d'abandon. Il ne faut pas se fier aux apparences, car le centre est richement pourvu en matériel. Il possède un modèle du Soyouz TMA-16, le vaisseau spatial qui décollera le 30 septembre avec Laliberté à son bord. On y trouve aussi une maquette de la station soviétique Mir, que Moscou a volontairement détruite en 2001, après 15 ans de bons et loyaux services. Mais c'est une centrifugeuse, la plus grande au monde, qui force l'admiration des scientifiques : un bras métallique de 18 m tourne à grande vitesse pour simuler la forte accélération du décollage.

La journée d'un futur cosmonaute ressemble à celle d'un étudiant. Huit heures sont consacrées à la formation. On y aborde des dizaines de matières, de l'astronomie à la médecine, du pilotage à l'informatique. On prête une attention toute particulière aux virus : « Nos ordinateurs sont mieux protégés que ceux des banques suisses », insiste le guide. Le futur cosmonaute est aussi tenu de faire quatre heures de sport par jour.

Bookmark and Share

Évaluez cet article

Moyenne : 3.2 (5 votes)

Commentaires (2)

Il ne lui restait plus

Il ne lui restait plus d'argent pour se payer un drapeau québécois pour son costume ?

Non , t'a pas rapport!!!

Non

Envoyer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage