Société »

Un phare nommé Manawan


18 Octobre 2005

À l'école Otapi, un élève sur cinq décroche son diplôme. C'est peu? C'est pourtant trois fois plus que dans les autres établissements autochtones du Québec.

Avec lui, pas question de garder sa tuque en classe, de sortir sans permission ou de négliger ses devoirs. Moustachu, un peu bourru, Michel Berthelot est un prof de la vieille école. Ce Français de 57 ans enseigne l'histoire à l'école secondaire Otapi, à Manawan, dans Lanaudière. En 1985, il a quitté sa Normandie natale pour s'établir avec sa famille dans cette réserve attikamek de 2 000 habitants, dont plus du tiers sont d'âge scolaire. Il n'en est jamais reparti. "Les élèves aiment savoir qu'il y a un boss dans la classe, dit-il. Chez eux, ils sont souvent livrés à eux-mêmes dès la fin du primaire."

Il faut croire que sa méthode fonctionne: depuis 1991, année où la classe de 4e secondaire a été créée à Otapi, 87% de ses élèves ont réussi l'examen officiel d'histoire du ministère de l'Éducation du Québec (MEQ). Note moyenne: 70%. "J'enseigne comme je le faisais en France et vise l'excellence, explique-t-il. Je ne me dis jamais que mes élèves ne sont pas capables." Hugo Ottawa, 18 ans, en témoigne: il a obtenu 100% à l'examen officiel d'histoire en 2003. "Michel est très exigeant", dit le longiligne jeune homme (il fait 1,99 m), qui termine son secondaire cette année. "Les examens du Ministère sont super-faciles à côté des siens!"

Ces bons résultats en histoire n'ont pas empêché Otapi de se retrouver dernière au palmarès 2004 des écoles secondaires. Elle était toutefois l'unique école autochtone à figurer à ce palmarès. "Cela signifie que c'était la seule à avoir, cette année-là, au moins 15 élèves en 5e secondaire", dit Michel Berthelot, qui agit aussi à titre de conseiller pédagogique. "Nous remettons de vrais diplômes d'études secondaires et non pas des certificats "maison", comme c'est le cas dans bien des écoles de bande. Otapi serait sûrement dans le trio de tête d'un palmarès des établissements autochtones du Québec!" Près de 20% des élèves de Manawan obtiennent leur DES - contre moins de 6% pour l'ensemble des élèves amérindiens vivant dans une réserve... mais contre 60% pour le reste du Québec.

Financées par Ottawa et administrées par les autorités locales, les écoles de bande, situées dans les réserves, ne sont pas tenues de présenter leurs élèves aux épreuves uniques du MEQ. Et lorsqu'elles le font, ils ne sont pas toujours assez nombreux pour que leurs résultats soient publiés au palmarès. Dans le cas de l'école Otapi, le nombre d'élèves inscrits aux examens d'histoire, de mathématiques et de sciences physiques étant insuffisant, seules les notes en français langue maternelle (une moyenne de 35,9%) et en anglais langue seconde (57,1%) ont été prises en compte - il faut toutefois préciser que le français est la deuxième langue des Attikameks, et non leur langue maternelle, tandis que l'anglais est leur troisième...

Bookmark and Share

Évaluez cet article

Moyenne : 5 (3 votes)

Commentaires (2)

tres interressant

tres interressant

pour la deuxieme paragraphe

pour la deuxieme paragraphe cest exageré.... moi meme atikamekw de manawan je nai jamais entendu parler de cela
s

Envoyer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage